‹ Nouveau système de déligation chirurgicaleChapitre 6 sur 30 · VII · texte numérisé non relu

VII

Il est, en effet, des cas où, aux mouvemens parallèles à l’horizon, il peut être intéressant, nécessaire même, de pouvoir joindre ceux de la balance. Si ces derniers sont presque de rigueur, pour 1 avant-bras , il est des fractures de jambe , et il peut en exister du bras, où l’irritation musculaire est entretenue par la position horizontale, contre laquelle elle tend à lutter sans cesse. Ces tractions vitales peuvent donner lieu à un léger soulèvement d’un des fragmens. Ou bien, il existe, chez le malade, de tels besoins de se soulever et de s’asseoir, que , si la fracture est à la partie supérieure du tibia ou de l’humerus, là aussi pourra s’établir, par ces mouvemens souvent brusques, et dont on ne connaît pas d’abord toute la portée , une espèce de réaction pareille à ce qui se passerait dans une articulation gynglimoïdale. Cette sorte de charnière résulterait alors, de l’impossibilité où peut se trouver le fragment inférieur de s’abaisser et de s’élever , à l’instant et à l’instar de l’élévation et de l’abaissement de l’extrémité inférieure de l’autre fragment, et de rester sur la même ligne.

Dès qu’on s’apercevra de cette disposition , à la vérité rare, ou qu’il existe telle autre circonstance, où la bascule pourra être utile, rien ne sera plus simple que d’obtenir celle-ci, facilement et sans efforts; deux qualités qui sont l’appanage constant de

l’hyponarthécie. Pour cet effet, on établira une seule anse transversale, à-peu-près au centre du mouvement de la planchette , et le membre se trouvera, par là , transformé de suite en véritable balancier.

Par ce moyen, l’une des extrémités de ce dernier, ne pourra s’élever, qu’à l’instant l’autre ne s’abaisse, et vice-versa ; de sorte que le membre restera toujours dans la même direction, malgré ces balancemens au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.

Ce mode de suspension est si simple, je dirai si ingénu , que je le recommanderais exclusivement, pour les fractures de jambe, si ce n’était la circonstance que, dans les mouvemens de l’extrémité inférieure de la planchette , cette extrémité pourrait bien, par hasard, plonger trop et heurter, par conséquent , contre le matelas.

Tout obstacle à la libre oscillation de la planchette , pouvant réagir sur le membre et s’y manifester par un choc plus ou moins fâcheux , on com prend|, que la prudence exigera, en généra!, qu’on donne la préférence , sur cette anse ainsi placée , aux anses qui rendent plus difficiles le jeu dit de bascule. Du reste, celle-ci peut être rendue plus libre, si on porte l’anse plus haut que le centre de gravité, ou plus difficultueuse , si on établit cette anse au-dessous de ce centre. C’est au praticien à se décider suivant l’état des choses; mais il ne perdra jamais de vue, que ce jeu de bascule a, en chirurgie, comme ailleurs , quelques inconyéniens , et qu’il est plus sage de savoir l’éviter.

A tout prendre, cependant, ce mode de suspension devrait prévaloir, dans la plupart des cas; car il a pour lui la facilité, la commodité et la bonté, trois conditions presque toujours inséparables de la simplicité. Il ne saurait avoir d’autre inconvénient que celui que je viens de signaler, c’est-àdire, que, permettant un très-facile balancement, de bas en haut, ce mouvement pourrait bien aller beaucoup trop loin, et donner lieu au choc de la planchette contre le matelas, ou à des imprudences.

Toutefois, il y a deux moyens de prévenir cette bascule excessive, et de la limiter, au besoin; le premier, en plaçant V anse au-dessous du centre de gravité , puisque nous avons vu que cette disposition rendait le mouvement, dont il s’agit, plus difficultueux; le second, plus sûr, consiste à fixer, entre la corde verticale et l’extrémité de la planchette , une espèce de martingale , qui ne permettra plus à cette extrémité de s’abaisser, au-delà de certaines bornes, qui seront faciles à déterminer. Cet arrangement favorisera singulièrement l’adoption du nouveau moyen , et lui conciliera bien des partisans. Mais alors, on ne manquera jamais d’établir une large cravate circulaire, à la partie supérieure de l’appareil , afin de bien identifier ce dernier avec le membre même, et afin que l’un suive, toujours et bien exactement, les impulsions de l’autre, et vicever sa.

On trouvera, au surplus, que les anses reçues et solidement arrêtées , par un arrangement quelcon-

que, vers le bout inférieur de la corde verticale, donneront, suivant leur longueur respective, la position horizontale de l’appareil, ou son inclinaison de haut en bas, ou celle de bas en haut. Un iacile tâtonnement, pareil à celui qui se passe lorsqu’on pèse, avec une balance romaine, vous donnera, bientôt, le terme que vous chercherez, et pourra vous guider, lorsque vous aurez quelque raison de changer l’inclinaison actuelle de votre appareil.

Page 1