‹ Nouveau système de physiologie végétale et de botanique fondé sur les mèthodes d'observation qui ont été développées dans le nouveau système de chimie organiqueChapitre 120 sur 310 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

8TBÜCTOHE BT BiTEtOFTEBENT BE8 T188D8 iLiBEHTAZEES (t87, 595, 633 et IUIT.).

1319. Nous ne reviendrons pas dans ce chapitre, sur la partie théorique de la ques* tion, sur Icsanalogiesdcslructureetdedéveloppcmentdes tissus élémentaires ; nous croyons avoir épuisé tout ce que nous avions à dire de neuf à ce sujet. II ne nous reste qu'à ajouter quelques notions, destinées à servir de programme dans l'étude de ces éléments de la végétation.

1330. Le botaniste descripteur doit désormais faire entrer l'analyse des tissus élémentaires sur les planches, oû jadis on se contentait de tracer le port de la plante, et où aujourd'hui on croit avoir tout fait, pour l'analyse, en dessinant le calice, la corolle, l'étamine et le pistil. On ne saurait s'imaginer, cependant, quelle mine féconde d'analogies cette étude renferme.

1331. Ainsi nous nous sommes longue^ ment occupé de l'isolement des cellules végétales (409)j d'un autre côté, nous avons établiqueles papilles du stigmate n'étaient que des cellules agglomérées, maisàparois distinctes (563); nous avons établi encore que les grains de pollen étaient primitivement à leur tour des cellules analogues à celles de tout autre tissu cellulaire (669). Le pollen et le stigmate de VAssiniina tri^ loba (Ânonacée) offrent la démonstration de ces faits; l'étamine , avant sa maturité, est un corps homogène , sur lequel on ne distingue ni theca ni hiament; ce n'est qu'un gros Blâment terminé par une tête arrondie; à l'époque de la fécondation, chaque côté du Blâment s'ouvre en deux petites valves, qui laissent échapper deux rangées de grains de pollen ; si , dans le premier âge , on examine le tissu cellulaire de ce corps, soit à la hase , soit au sommet , on obtient des hexagones soudés par leurs

côtés, dans chacun desquels est enchâssé un globule ; mais après la fécondation , la tète de l'étamine se résout, à la moindre pression, en vésicules isolées égales entre elles, arrondies, mais aplaties, transparentes à cause de leur épuisement , conservant encore sur leurs parois internes quelques granulations, mais ne se dessinant presque sur le porte-objet que par un trait; le stigmate des pistils de celte plante présente le même phénomène après la fécondation ; toutes les mailles de son tissu cellulaire se désagrègent et se répandent par myriades, comme des graines de pollen , sur le porte-objet; elles ont toutes les caractères des cellules de l'étamine.

1333. Les dentelures des organes foliacés doivent être étudiées et dessinées avec soin, à tous les âges sur te frais; ce sont tantôt des stigmaluleSf tantôt des staminules (1195).

1323. Les glandes, ces organes polliniques des feuilles se conservent souvent sans altération, même après la dessiccation de la plante. Nous avons décrit la structure des glandes du Houblon (695); elle est celle d'un grain de pollen ordinaire. Les glandes des autres plantes revêtent toutes les autres formes du pollen. Celles des feuilles du Ribes palmatum affectent la disposition du pollen du Periploca (pl.43,fig. 13); ce sont de grosses boules cristallines, bosselées comme certains gros VolvoXf et résultant de cellules composées, dans le sein desquelles les interstices forment, par des lignes noires, tout aulaut de compartiments, que l'on distingue ou que l'on perd de vue, selon qu'oo avance ou qu'on recule le porte-objet

1334. Nous avons parlé de l'analogie des poils avec les glandes, et des glandes

DES Trssus ÉLÉMEîVTATRES.

avec les stomai£s (698); les piIosiLés*dpt Cticurbitacées nous oflrent ces passa{;e8 sur le mi^tnc individu : sur le jeune fruit du Cucumis sathus on trouve des fioiltettes furfuracéesqui, à Pceilnii, resseoildent à celles des Chinopodium ^ elles se détachent assez facilemeiil; elles ont un vingtième de niillioiélre« et, observées au microscope (pl. 26, fig. ÎO), on les prendrait, avant tout autre avertissement, pour des stomates. Ce sont évidemment des poils avortés que, sur la tif;e(pl. 5, 1),

nous avons vu commencer à peu prés d’après le même plan. Si ces rudinienls avaient continué leur développement, ils se seraient organisés en une (grosse boule d'iin demi-milliniètre de diamètre, du sommet de laquelle se serait élevé un lon(j poil roide et piquant d’un demi*mtllioiélre de lon{; (pi. 26, fiQ» 15). C’est KouH cette forme qu’ils apparaissent sur la surface <lti jeune fruit (pl. 48, fig. 13 g/}; pins tard le poil casse, la boule jaunit, et prend l'aspect cl la consistance d’une verrue.

1225. Goettard availeu l’idée de classer les végétaux par les poils et les glandes ; mais les poils et les glandes ne sont eapables de fournir que des caractères spécifiques ; leur forme se modifie à l’infini dans le même genre. Ainsi le Fibes resinosum n’a plus les glandes du Fibes palmalum ; les siennes sontdes boutes jaunes, ovoïdes, snpporiées par un poil. Le Cucumis dipsacens (pl. 26, fîg. 9) change la grosse bouteille sphérique du Cucumis sntivustn une* colonne verdâtre qui se termine en nn long poil ; les cenulcs verdâtres du support sont cvidemmenl spiraligères. Les poils caustiques de VUrticsi dioïca afléctent la même forme, sous un plus petit volume, que les poiPs du Cucumis dipsacetis ; le corps du poil est rempli d’un suc neutre chez les Ciicurhitacées , caustique et alcalin chez les Orties^ aussi quand le bout du poil de celles-cLpénêtre dans la peau et qu’il y qassc , éprouve-t-on un sen* liment de démangeaison et de brûlure ; le liquide alcalin se répand dans la plaie qu’a ouverte la pointe de la pilosité. On fait disparaître la douleur en se frottant la peau avec une feuille verte , et surtout parsioLOGiE vEekTAii.

avec oelle de l’oseille, dont l’acidité neutralise le virus du poil.

1226. Il est des poils qui, en se desséchant spontanément, nous fournissent l’explication des circonstances d’une réaction chimique. Ainsi lorsqu’on place une goutte d’acide sulfurique coneentré sur un ovaire non fécondé de graminées [1j, les uns se tortillent, les autres offrent comme des impressions digitales disposées bout k bout. Or, les poils articulés qui hérissent le calice et l’ovaire infère de Vjisarum ca^ nadense présentent, en se desséchant et en s’aplatissant, les mêmes impressions digitales; elles correspondent à chaque entre-nœud; les articulations, toujours plus résistantes , forment les étranglements. Mais, l’acide sulfurique ne saurait déterminer cette analogie d’effets, sans qu’il existe dans l’organe une analogie de structure ; et cette alternation d’étranglements et de dilatations ne saurait provenir que de la structure articulée qoe l’on reconnaît si bien , avant comme après la dessiccation, sur les poils de les poils des graminées, tout simples qu’ils paraissent, sont donc organisés par articulations. Cependant ils sont tubuleux dans toute leur longueur; il faut donc que les articulations soient pariétales, ce que l’on conçoit parfaitement en admet- Unt deux rangées de cellules ajoutées bout à bout , appliquées chacune contre la paroi correspondante, et séparées par un interstice longitudinal ; car nous avons déjà établi que l’articulation se réduit, en dernière analyse, à l’agglutination de deux vésicules bout à bout (479).

’ 1227. L’étude chimique des poils est tout entière à reprendre, et elle est appelée A donner des résultats importants ; car on est sûr de rencontrer sans mélange, dans leur sein, la substance qu’on étudie, tant il est facile d’obtenir l’organe isolé de tout tissu étranger. La résine, le sucré, la gomme qu’ils renferment pourront donc être considérés comme ayant

[i] Nouveau Sj/tiimê d$ Chimiê orgetniqué ,

p. 1^, pl. 3, fit!'

8û6 ‘ STRÏÏCTÜRE ET DÉVELOPPEMEIfT

été obtenu à rétat 4c ïa plu» Gcam)c p'»relé; rtla transparence du li»»u extérieur est telle y qu'on pourra lire relTel de» réactjon» dans l'iqlérjptir de leurs cellu* les , et éclairer ajnsi , par la cliimie , IV natomic et la pliystologie » mieux queue sauraient le faire les plus longue» obser- Talion» en grand.

1228. C'cft à la faveur (|ps niénif» procédés qu'on découvrira lac^psc delà rigi> dite de certains poils, çt de la flexibilité de cerlainjsaulres, qui ne dilTèrent cepeU' dant de» premiers sou» aucun autre rapport d'organisation^ et qui jouissent de la mépie siniplicilé. Car on trouvera que les un» sont incrustés d'un sel insoluble qui manque chez lex autres; on verr^ piéme sur quelle paroi du tube, de Tinterne ou de l'externe, l'incrustation q eu lieu, et quelle est la nature du sel inerqstapt. Ainsi le poil des Cucurbitacées (Cu* cumis srti/wüi) , placé dans l’acide nitrique, jaunit, en dégageant une grande quanfîté de bulles gazeuses, dont les une» s'échappent au-delior» et les autre» cncoiiibrciit, en le noircissant parréfracllon, rinlérioiir du tube. Si on étend d'eau et qu'on sature l'acideavcc del’ammoniaque, on obtient ensuite, pur l'oxalalc d’ammoniaque, un abondant précipité de petites granulations d’oxalalc de clianx ; donc le sel incrustant était du carbonate de chaux. Les mêmes effets, jusqu'à la coloration du poil en jaune, ont lieu dans l’acide liydrochloriijuc. L'acide sulfurique ne rougit pas le tube, mémo à l'aide de rhuiic qu de ralbuminc; d^mc le liquide îriteroc n'est pas sucré : mais il dégage des bnlles k nnlérieur comme j l'extérieur avQç la meme encrvescence. Cependant si l'on emploie l'acide sulfiiriqiie étendu d’eaq, IVIl'orvescence n'a plus lieu :donc rincrustation était toute iiilorne ; car, pouf l'attciudrc, il faut désorganiser le tissu , ce que peuvent faire les acides concentrés, mais non les acides afl'aiblis avec do l’eau.

1229. Nous renvoyons au !^ouvcan Sjstemetle Chimie oi'^anique pour ce qui concerne k» procédés de maoipulalion de 1a nouvelle méthode d’observation; noire but n'ayant été , dan» ce» dernier» paragra-

phe», que de signaler à nq» lectenr» VjiDpurtanec de ce» application» au »qjet qui nous occupe. «

123p. L'étqde confparatiTe pei stomate» , de» spire», est destinée encore à jel^r up grapd jour sur le» pUfnqméne» de la physiologie; mai» c'est sqr ce ppint »ur> tout qu'il faut s’habituer k faire |a part de» illusion» d’optique; antrement Lop ÿ'ex* pose à créer aulqpt d'oogane» pquvpana qu'un organe peut être vu dan» t»Ue ou telle circonstance , sous tel ou tel jour, à tel ou tel âge. On ne saurait s'imaginer le nombre de création» nominale» qui tirent leqr origine de l'observation snperûcielle et d'une ptude trop rapide dp ce» petit» corps. On ne saarajt s'imagiqcf combien d'atialogip» une élude plq» philosophique est daus le cas de révéler* Ainsi k» débris de la picmbranc vésiculaire qui euf»rmajt la 9pire, en restant adhérent» à k surface du cet organe, peuvent y simuler tout autant de diaphragmes par le» ombre» d<^ leurs graïuilalions ; clip» peuvept^M agrandir la surface par des proluogomenU en apparence ailés. Le dernier tour de spire, observé obliquement, peut simpler la terminaison c|avilorme d<-* ravaot-dernier ; c| alors on peut prêter, dan» U description, à la spire , de» caractères d'un organe suC gcum\s. Par l'exemple sulvaqt, on comprendra avec quelle facilité ces m^P^kes se propagent, faute de contrôle , à la faveur de» cunipilatiun», et combien elle» entravent les progrès de la méthode.

t231. On sait généralement que le spul appareil de la ffuçtification que l'on cqnnaisse aux I^quUelum ^ consiste dan» un épi termina), qrganisé sur le type du chaton des Vetuia, ou plulpl sur celui des Thuya. La lige porté par verlicillcs 'des écaille» hexagonales pelléus, qui y tjennent par un pétiole central; la »ti|rrace iofé* ricurc de récaille porte six à sept grqs tubercule» jaunâtres, analogues aux anihéresdes Thuya^ etqui, en crevant, laissent échapper une poussière pullinique , composée de grains dont la ^Ifucfure a donné lieu à plus d'upç supposition, quoique, depuis lledvrig. peu d'auteurs se soient occupés (je l'observer par eqs-mème». D'a-

DKS TI8SÜS ÉLÉMENTAinES.

prît M naioroi^aplie, cet graini tontiphériquet, jaunes, munit de i|ualre filamcutt qui, parlant du ni<^aie point de la circonlérence du lest, te dirigent deux d'un cdté et deux de l’autre, et te contournent ensuite entent contraire l'un de l'autre sur U même paire ; cet filamentt seraient letminét par un rcnDemcnt clavirurme.

D’après lui, le corps jaune serait la graine dont les quatre rilanientt tcraieiil les éta- Biinet; ainsi chacun de ces appareils aurait été une Heur conl'urmce sur le type des Oeurt ordinaires. La figure qii'cn a donnée Uedwig a été copiée , presque calquée , par tous les compilateurs. Ur , une étude de ces mêmes corps, poursuivie d'après la nouvelle méthode , réduit leur structure i celle des organes élémentaires, dont nous avons appris déjà à évaluer tous les détails. Le grain jaune et les filaments qu’Hedwig a dessinés le premier existent réellement, et chacun de cet corps s'isole avec cet appareil ; mais lledwig a pris des accidents et des rifets do lumière pour des réalités, et il a dû méconnaître l’analogie de ces quatre appendices à l'époque à laquelle il écrivait; la découverte de l'ci;ittcncc des spires dans toutes |cs cellules végétales va nous mettre sur la voie de l'aualogie qui a échappé à Uodwig.

liai. Les corps anthériforpies , qui bossellent la aurlacc iuterne de l'écaille , sont remplis primitivemeul par un tissu cellulaire qui u’offre pas d^utre caraciérp que le tissu de tout autre organe , et SUflouVque Ictissu des anthères des fleurs Dormsles; elles te composent d’une vésicule transparente, contre les parait de laque^c serpentent deux spires en sens contraire l'une de l’autre, plus un tissu cellulaire iuterqe. A l’époque de la déhiscence , chacune de ces cellules s'isole à l’instar des cellules polliniques (518).

Alors fêt spires teiideut à Uriscr, parleur élasticité, l’enveloppe qui l^s emprisonne et les comprime , et lorsque cet effet est produit , leurs extrémités s’écartent en sens contraire , et le gros globule jaune , qui, tans doute, est le résultat de lèiir accouplement (7S3), reste adhérent à

leur substance par son hile, et il Semble ainsi muui de quatre appendices, de formation postérieure à la sienne. Les débris de la vésicule exteroqgraiiulent la surface de chaque filament, d’une manière que des observations superGciclles ont traduite, sur les ligures classiques, par de petits diaphragmes, (gluant à l'extrémité de chaque filament, il arrive que de plus larges fragiacnts de la vésicule externe s’y attachent, et en agrandissent en apparence la surface, ce que l’on pourrait prendre pour un renflement naturel tans une plus ample observation, ou bien le dernier tour de spire , vu au microscope un peu obliquement, prend encore cette forme illusoire, si l’on ii’a pas soin d’avancer onde reculer le porte-objet à diverses reprises-

lSâ.">. En conséquence , les organes sexuels de VEquisetum ne difl'èrcnt des autres organes de cette sorte que comme un aceident difl'ère d’un autre; mais la structure intime, des uns et des autres est la même.

133 L Mais tous quel aspect se serait montré cet organe, en apparence si anormal, si l’enveloppe externe avait été plus forte que les spires, qu'elle eût contenu les efforts de leur élasticité, au lieu d'y céder en lambeaux? Indubitablement sous la forme d'une vésicule bosselée par des edtes un spiralte, et dont la transparence eût laissé distinguer, parla réfraction des rayons lumineux, nne boule opaque dans le centre. Or, c’est sous cet aspect que s'oflre l’organe polliniqtle purpurin des Chara (pl. ÜO, Cg. 1 au) lorsqu’on l’observe par. réflexion {an k) et par réfraction {an A) i donc la structure du grain purpurin de Chara ne diffère des organes sexuéls de V Equisetum qu'accidentellemebt; et l’un et l’autre sont organisés sur le même type , et presque avec les mêmes pièces.

1333. Admettons, par une troisième

[i] Cet organe n'svail jamais été élmliéavac soin, au, si eescireonstanecs de structure avaicntlotaleiDCIlt éclsa;ipé a la deseriptioa.

STRUCTÜÜE ET DÉVEr,01>PEMENT

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