DES CRYPTOGAMES
Ceni^U «'étaient arrêtes aux cotylédons , ceux-ci pénétrèrent jusqu'aux tissus intimes. On divisa les végétaux en végétaux vasculaires (monocotylédones et dicotylédones) et végétaux cellulaires (Champignons, Lichens , Moisissures). Les végétaux vasculaires se composaient de cellules, vaisseaux, trachées et stomates ; les végé* taux cellulaires ne se composaient que do cellules, Enfîn l'on classa les Mousses, le Chara, les fougères, etc., dans une classe amphibie, qui n'était que demi-vasculaire, ou vasculaire qu'à un certain âge. Dans les livres, tout cela se présente avec la netteté de la dichotomie. Mais la nature est moins complaisante envers le classificateur; elle demande à être étudiée, et il faut avouer qu'ici la classification ne s'est pas mise en frais d'étude. D'abord elle a fondé une division sur des organes dont elle n'avait nullement déterminé la structure intime; quelles idées, en effet, avaiton de la structure des vaisseaux et des trachées (6â4)? Un vaisseau jeune ou d'un tissu peu consistant cessait d'être un vaisseau, aux yeux de l'observateur ; et il n'y avait pas pour lui des traces du moindre vaisseau, là où les spires ne se déroulaient pas aussi visiblement que dans le tronc d’ttu>arl»re : ed sorte que le tissu le plus riche en organes vasculaires aurait pu, dans sa jeunesse, ou par suite de la ténuité de ses parois, être pris pour un organe entièrement vasculaire ; et c'est là ce qui est arrivé à nos auteurs avides de nouvelles dénominations. Rien de pins vasculdire que le slipe (c/), les feuillets (ff y,'/)'d*un Agaric (pi. 59, Cg. 1); que le slipe (r/)/fes tubes («) d'un Bolet {ibid., •^6* ^)i que la^ surface fruclifèfe («) des Pexises^pl. 57, fig. 1*, 3, 3) , que la tige de certaines moiu^s'ures (pl. 59, fig. 11), dans le sein de^laqtielle on distingue les sgires caractéristiques des organes vasculalresfiout aussi bien que dans les tubes des conferves (730). -Nous ne nous arrêterons donc pas plus à cette distinction qu'à celle de# végétaux en exof^^nes et endogènes (963). La science ne doit contrôler que des travaux et non* des hypothèses gratuites.
1338. Ce u'est pas encore ie lieu de développer les bases d'une classification rationnelle; cependant, dans le but de préparer les esprits , nous devons annoncer que nous nous garderons bien d'admettre des inconnues , dans le nombre des signes destinés h faire reconoailre les espèces et les individus. Il est absurde , en elTet, et il répugne dans les termes , de donner un signalement en ces termes : • Vous reconnaîtrez tel objetàun signe^ui échappe aux plus longues recherches , et sur lequel les savants sont encore divisés entre eux. >» Nous ne séparerons pas certaines plantes rameuses foliacées à cause de la petitesse de leur taille , et encore moins à cause de la petitesse de leurs graines. Sur ce poiut, eu effet, l'analogie suppléera à l'observation directe ; et, nous ne cesserons de le répéter, l'analogie est infaillible toutes les fois qu'elle coiilimie, comme une progrès-' sion, la ligne rigoureusement tracée par l'observalion. L'euseinble de la structure, et non la structure de quelques détails , nous servira à grouper les êtres. En vertu des principes que nous avons admis sur la structure et le développement des uionocotyléüones, nous placerons, dans cette dernière division , les Mousses , les Fougères , les Hépatiques , les Cbaragnes , les Equisélacées , uon pas parce que nous avons découvert que leur embryon est organisé avec un seul , ou plutôt sans cotylédon, mais parce que dans l'acte de leur germination , et par leur structure générale, ils se comportentde la même manière que les monocolylédons ; nous ne uous condamnerons pas , pour cel», h grouper exclusivement ensemble les- monocutyiédones d'un cùté , et les dicotylédones d'un autre , par la raison que nous venons d'exprimer.
1339. Quant aux autres végétaux delà cryptogamie, ils forment, dans ie régne végétal, comme un régne à part, quia >es Ioi>, ses caractères de lorme , de structure, de développement et d'habitat à part. Poui' les reconnaître il n'est certes pas besoin d'avoir recours aux mystères intimes Je leur fécondation ; l'ccil le moins exercé les disLiiigtic des plantes d'un ordre supé*
MO
STnüCTüHE BT DÉVBLOPPEMENT
rieur, tout aussi bien et quriqueroi» mieux que le savant qui tes classe, (/absence dHine.ti^e, des feuilles et de la lU.itiëre herbacée, imprime , à tous les ittdivîdus de ce sous-i't^gne f un cachet qui ne saurait être méconnu.
1240. Non pas que leur développement élémentaire ait lieu sur un l^pe organique entièrement différent de celui des véj»étaux supérieurs ; tout commence chex ceux-là, comme chez ceux-ci, par la vésicule ; tout conlinue par la formule de la théorie spiro-vésicuiaife. Î/Ajaric(pl. o9, 6{}. 1) naît dans rintérieur et sut* la paroi d'une vésicule externe {01. 2), qu'il
fend comme la corolle fend le calice (1201), comme la pinmulc fend l'enveloppe de la (jraine ou du bulbe ; et tout cet appareil, k son tour , est né d'un des globules , d'abord imperceptibles , répandus sur le réseau d'une moisissure que l’on désigne sous le nom de blanc. Ces végétaux bétérogèhcs ont des Cellules vasculaires qui naissent dans rintersllce des grandes cellules (Ü56) , des cellulrsélaborantes (199), et des cellules médullaires y cotonneuses et infiltrées d'air (653) après leur élaboration.
lîll. Ces divers (issus , il est vrai, ne se prêtent pas à l'observation microscopique, avec Ja même nelteléque les tissus ligneux ; on distingue dilficilenieut Ce qui appartient au vaisseâü de ce qui appartient k la cellule; on distingue tout aussi cHITicilement les diverses cellules de la même membrane. Mais si l'on s'est bien pénétré et des principes que nous avons exposés suh Ce point d^dnatomie nticft)scopiqtte, dans le Soui>cau Système de Chimie oi'gnnitjuCf et des problèmes de la première division de celle seconde partie, on comprendra à quelle circonstance lit'ut celle dilTérehcc d'aspect entre des tissus organisés sur le même type, (diex les végétaux herbacés , la paroi organique s'incruste de sels qui en maint iennent la rigidité ; chez les végétaux fongueux, la paroi organique ne se combine et ne s'incruste qu'avec des sels ammoniacaux qui eu mainlieniienl la llaccidité et la souplesse; ceux-ci s'affaissonl , en rouséquence, lorsqu'on les observe, cl leur af-
faissement simule une homogénéité organique; ees tissus sont glutinenx et albumineux.
1242. A l'époquedela renaissance de l'«:
tilde de ces végétaux hétérogènes, ou s'est beaucoup occupé de la recherche de leurs organes sexuels ; les expériences des premiers observateurs , les seules que la science possède, nous ont appris à Voir les organes reproducteurs dans les granules de la poussière noire ou aulremenlcolocée, que certaines surfaces de ces végétaux laissent échapper après leur entier développement. Dans ces petits corps, nous avons tout autant de graines; mais jusqu'à présent rien n'indique la place des organes mâles; nous connaissons la parturitioo, mais non le mode de fécondation.
1343. Une telle anoOialie doit paraître embarrassante à l'ancien système de physiologie; elle diminue d'importance si l'on se reporte aux principOt de la nouvelle théorie. En effets nous avons démootréque la puissance fécondante n'afléctait pas telle plutôt c|ue telle autre forme; de dégradation en dégradation, nous en sommes venu jusqu'à admettre qu'elle pouvait se cacher dans un tissu cellulaire sans caractère particulier. Sous cette forme, le siège de l'organe ou des organes mâles n'est plus susceptible d'ètre distingué; et de celle manière, une surface pourrait être hermiphrodite à l'insu de l'observateur.
1244. D'un autre côté, remontant plus haut vers la cause première qoi féconde , nous avons reconnu que l'accouplement de deux Spires de noms contraires *étail la Condition indispensable de la génération ; qiietoul organe, enfin, naissait sut* le point de rencontre et d'intersection de deut spires. Or, oji peut concevoir que, chex certains végétaux tout l'appareil mâle se réduise à ce «impie appareil, et qu'ainsi la même vésicule rpuferme à la fuis et l'appareil mâle dans ses spires , et l'appareil femelle dans une cellule émanée de ses parois; celle hypothèse expliquerait la fécondcilion chez le plusgrand ndmbredes Cryptogames, soit fongueux soit herbacés; . et rorgane éien* Etjuisetum y qui a tant fixé uolrc altculion ci-dessus (1252), uni*