DE DATES. S
paragraphes, commelca Familles natnrellesd’Adanson sont divisées en sections; et la rubrique des premières est souvent transcrite de celle d’Adanson. Par exemple, Adanson divise ses aibxuxs (vaccinia) en trois sections , l’une : à fleurs dessus l'ovaire, l’autre : à fleurs sous l’ovaire et à capsules, et la troisième,: à fleurs sous l'ovaire et à baie, Jussieu divise ses bbdtAsss (erica), qui correspondent aux Airelles d’Adanson , en : I. germen supentm.
II. germen in/erum aut semi-inferum. Et de la deuxième section d’Adanson, il fait un ordre nouveau sous le nom de Rhododendra (rosacss). EnBn , il n’est pas jusqn’A VlncerUe sedisàe Linné, que A.-L. de Jussieu n’ait adopté, aveccetto différence que chez Linné c’est un acte de désespoir; et chez Jussieu, c’est une ressource commode, un moyen systématique de classer tout ce qu’on ne saurait comprendre; et, A l’exemple de Jussieu , les auteurs ne se sont pas fait faute de ces faciles moyens. Jusque-là, le Généra plantarum n’est qu’une application de méthodes connues, une édition combinée de la méthode de Linné et d’Adanson ; et nulle trace de système fondé sur de nouvelles bases. Hais la Méthode se trouve en tète de l’ouvrage, dans une dichotomie que nous reproduisons :
Index melhodi ordines naturales compleclentis.
AcoljrlHoil** cItfM t
/ Sumiu lijpag^BS. . « • s II
ICoBOCotjledMei. . . / Subub* pengjrsa. ... s Ht V Slinina fpigjvi. .... IV
!( StAniBS epig^oa. .... V Staaiioa pcrigjna. .... Vl Sumiaa ïijpogjna. .... VII .CerelU Vîpogjaa. ... .VIII ■•oopa- t Corolla peni/aa. .... IX ul». 1 Corolla I aetbari* coneatia.' . X \ ^iljna ( ABlbrris dtstÎBclia. . XI . Stanioa rpigj’iw ..... Xfl I SUaÎBa bjrpogjoa. .... XIII
\ Slaaioa prrigjroa XIV
dieliaea tmgularca [1]. . e • • • . XV
[OAapAorèi'm, CueurUUUMS , Vrtktat, Amsnlaene, Cmlferm,
REVrm CRITIQUE DES CLASSIFICATIOKS VÉGÉTALES,
On a tank üé^^uUu les faits dans les Trus classiques, tant (;ardé de réserve, taut employé de réticences et de palliatifs, que la plupart de nos lecteurs auront peine à nous croire au premier abord , dès que nous aurous avancé que rien u'est nouveau dans cette diebotomie , qui résume toute la méthode dite de Jussieu, Hais pourtant il faut croire les faits, les inexorables faits, ou les altérer sciemment i ce que Tou n'attend ni de uolre complaisance ni de notre timidité. La grande division en mokocotylîidqnxs et dicottlbnoNRS appartient à la mstkodk NArrnELLX {^Meihodus rutiurnlis planiarum, 1682) de Aay , adoptée par Sloaue , Petiver, Dillen, Martyn, parBoerbaave, par Roycn (A/ethodus naluralis planlarum, 1740) qui y ^outa une troisième division pour les Conifères : les foltcotylkdokrs. Elle est inscrite mot à mot, en ces termes, dans le Philosophia boianica de Linué, ^ 16»:
]. PlaceiUatio est cotyledonum disposiliOf subipsdseminisgcrminatione.
l*' ACOTTLRnoKEs. Ulù nulU omnino exisUmt cotyledones : Musci.
2° iiotiocoTTLF.DONBS, Quantvis hœ pro~ prié acotyledones sint, cuni cotylcdones persuluni inlra semen : Gramiiia, Palmæ, Cepa.
30 DICOTTLFDONB8. Legumina, Pomu, Drupæ^ Didyntwtiaf Gossypium, Mnlvœ, Tclradyrwmia f HclxinCf Saisola, Sali^ comiaf Ceraiocatpus ^ Basella ^ Holera' ccæ, omnes Umbetlalæ.
4® POLtCOTYLKPONBS. PlTlUS f CttprCSSUS, j^inum.
Enfin Adanson a en grand soin de ne pas négliger celle considération , dans la composition de ses Familles naturelles, et il s'est livré à des éludes nombreuses cl délicates, pour constater ce caractère, chex les Fleurs les plus difficiles à observer.
La division en APXTSkRS, monopetalfs, roLYPÉTALEs, rcojoule à üavin {Ordines plontnrvm J 1690), elle a éléa<loplée par vingt auteurs subséquents ; clic se trouve en luutes lettres dans la Méthode de Tournrfort. Enfin la division en étamines ou
COROLLRS, ÉPICYNES, IIYPOGYNRS, Ct PliaiOY-
MBS , appartient à Royen ; respresston elle-même est calquée sur celles qu'avait employées Waehendorf. Adanson a établi la plupart de ses divisions sur ce caractère.
Le Généra plantarum ne renfermait donc pas un nouveau système, mais une simple application d'un système adopté; il n'introduisait pas , dans la science, une Méthode opposée au système artificiel de Linné , une Méthode naturelle ^ car depuis G. liauhtn , chacun U poursuivait dans ses études, et Linné la formula dans uo Catalogue, que le Généra plantarum modifiait à peine. Bien loin d'introduire la grande idée des pamillbs matorblibS| qu'on lui attribue, \e Généra dédaignait cemol, elle remplaçait par celui d'on/rejmifure/^ qu'avait préféré Linné. Le mot de pamillrs aATCBKLiKs, quî a été toute nne révolution, c'est Magnol qui l'a créé; l'idée, c'est Magnol qui l'a développée; l'application, c'est Adanson qui l'a faite, de la manière la plus heureuse et la pins savante; un antre nom en a eu la gloire. Le chemin qui conduit à la gloire n'est pas long et pénible pour tous; il est des berceaux qui sc trouvent placés là où le génie le plus laborieux pourrait à peine porter sa tombe.
Nous déposons ces dernières paroles sur la tombe d'Adanson; elles y.rempiaceronl la guirlande qu'il attendait , et que ses contemporains ont oublie d'y mettre.
Ce n'est pas qu'on n'ait nullemeot prévu l'époque où le nom d'Adanson reviendrait sur les lèvres ; au contraire l'on semble avoir pris soin d'avance d'écarter cet importun. Dans un petit coin de toutes les préfaces, on cite bien l'ouvrage d'Adanson, au milieu des reproches adressés à La bixarrerie deson caractère; mais qi^agrand soin d'ajouter que, dès 1759, Bernard de Jussieu avait déjà distribué les planlesdu Jardin de 2'rianon d'après la méthode oatureiie; tandis qu'Adansnu n'a publié scs Pamitlcs des plantes(\u'cn l7G5.^)uelquesuns, plus courtisans que tes autres , ont été jusqu'à insinuer que la disposition adoptée ;iiar Bernard de Jussieu avait pu inspirer l'idée du livre d'Adanson. C'est
PAR ORDRE DE DATES
ici presque ime accusation , dont il nous importe k nous, qui ne nattons pas, de venger la méoioire Je en grand homme; cVit une accusation de mauvaise foi. Le livre d'Adansoo n'est pas un de œs livres qu'on pense, que l'on crée et que l'on rédige dans l'espace de trots ans; il parut en 17G3 ; il fallut troisansseulenieDt pour rimprimer, tant, à cette époque, il était difOcile d'aller vite en besogne , avec cette multitude de tableaux , de titres , de tables de matières qu'on rencontre presque à chaque page des rAMiLtts drs vlantssî il était donc tout rédigé en '(759 ; il fulcommnniquétout entier, leli novembrel759, à l'Académie des sciences, en séance pu> bliqua , à sa rentrée de U St-Martin ; ced est imprimé en tôle du livre î et nul , Jus* qu'à la mort de Pauteur,ue s'est levé pour lui doBuer un démenti. Or, à quelle épo* que Bernard de Jussieu a-t*il distribue les plantes de Trianon , d'après la méthode qu'qp lui attribue ? Ou nous dit que c'eSt en 1759. MaisesUceau printemps , est-ce à l'aulocDne? Oa o'en sait ricn.Peut-oncilejvJa séance de l'Académie dans laquelle il a fait sa communicaliou ? Le* re{pstres sont oiiieU à cet.égard. A-t-ou le témoignage de quelque coniemporaio 6u survivant ? Pas le moindre. Possède-t-on le manuscrit du système Je Jussieu, l'introduction , .dans laquelle U ait formulé ses prijocip/cset lo résultat de ses recherches? Non , pas un fragment , pas une ébauche de système et dedisscriatiou. Savez-yous ce qu'on possède , nous dit-on , de sa main, et ce sur quoi Ton fonde toute* ses prétentions à la découverte du 8ystèmc?C'est' la liste Domioale des genres de plantes, rangés par ordres rmiurels ^ tels qu'ils fureut disposés-, en 1759, dans le Jardin de Triftuou ; c'est un simple catalogue sans la moindre indication, et calqué, compie à la vitre, sur Je catalogue des ordres naturels que Linné avait publié <lès 1738 ; avec, il est vrai , des Iransposilions degenres d'un ordre daiisuu autre, d'uA •rdre plusou moins prés d'un autre, et les dénpmiualions d'ordres remplacées par d'antres, qui ont été remplacées à iciar tOHT plus tard. £t o'est avec cette
faible modiPicetion des fragments de la Méthode natureUr de Linné ^ qu'on oso disputer à Adanson la grande idée desvA- NiLi-RS DES PI.AXTE8 ! Oli £o accordant aux adversaires d'Adanson , que ce catalogue date de 1759, comme ils le disent, nous ne croyons pas leur accorder grand' chose ; et nous noil^ garderons bien de leur contester ce titre ; nous ne leur opposeront pas le témoignage d'Adanson lui-mème , qui , après avoir exprimé toute sa rccopoaissance envers Bernard de Jussieu <( qu'il proclame, avec tant de modestie, le Descartes et le Newton delà botanique, » rappelle que, dès 1750, il lui soumettait son plan et un plan plus vaste encore ; que celui-ci l'engagea fortement à le couliuuer (préface , pag. cc ) ; qui déclare plus haut ( page xcviii et pag. xxxii ), ■ que ce qui parle eu faveur de la méthode de Tournefori, c'eat que des Français célèbres. Plumier, lUrchant, Dodard , Nissole , MJI. de Jcs8iSD,VaUlanl, la svivuient....» C'est que U. de Jussieu, dont les vastes connalssaoces eu botanique ne laissent pas sentir à la France la perle de Tournefort, en a toujours conservé les sages principes, que nous nous faisons gloire d'adopter. » Et pourtant personne Q*c répondit, pendant trente ans, à ÂdausoD, (tu'il oubliait de parler de la méthode de Trianon , et que les AIM. de Jussieu suivaient leur méthode à eux, celle do.it ils étaient les inventeurs, et non celle de Tournefort lui-mème !
En 1759, Laurent et Bernard de Jussieu, oncles de ranleur du Oenera^ n'étaient donc pas inventeurs d'un système.
Il court une autre assertion par le monde, qui porte que les dem Jussieu, (|ui vivaient à cette époque , publiaient peu et étaient Irès^c^pinmunicatifs ; que h-ur modestie les portait à garder en portefeuille leurs découvertes. Nous croyons peu à la modestie qui empêche de pid>iier des faits utile*; nous croyons encore moins à une modestie qui porte à publier certains faits , çt â garder en portefeuille certains autres. Nous voyons, d«uis les mémoires de l'Académie des sciences, des travaux publiés par Rernard de Jussieu;