CHAPITRE -PREMIER
t viVElOPPEHElIT BE LA BACIUE,
798. Pour se faire une idée exacte de ce qu'on doit entendre par le mut racine, il ne faut pas perdre un seul instant devoe l'accroissement progressif de la plante, depais l'inttantde la germination, jusqu'à celui où elle montre, au- dessul du sol , un prolongement que l'on soit en droit de considérer comme une lige.
799. Soit , par exemple i l'embryon grossi de l'érable (pt. S9, fig. 1) ; il est extrait de l'oTnle (pl. 50, fig. 5 }; il u'offre pas d'antres organes que deux feuilles séminales (c^) et une radicule (rc). Si l'on fend longitudinalement la radicule, de la pointe jnsqu'à la hauteur des deux cotylédons, on reconnaît qu'elle n'est qu'un grand emboîtement de cellules, an sommet desquelles ont pris naissance les déni feuilles. Dans tonte sa longueur, on n'observe pas le moindre diaphragme. (^>ue si on dissèque de la même manière cet organe,
chaque jour , sur l'une des graines qu'on aura fait germèrà la même époque , on le trouve plus allongé, mais toujours conformé de la même manière. A une certaine époque (pl. 29, fig. 2), Pun de ses bouts (rd) se trouve élevé de plniienrs pouces au-dessus du sol, tandis que le bout opposé continue à s'enfoncer vers la terre. Les botanistes ont pris tonte la portion aérienne pour la lige dé celle plante, et la portion souterraine pour la racine ; ils n'avaient pas observé. Mais, comme le vulgaire , ils avaient pourtant, par celte distinction, pres.venli une différence, qtie la dissection n'avait pas pu déterminer.
800. Si l'on continue ces observations anatomiques, on arrive graduellement à l'époque où toutè la portion aérienne a acquis la consistance et les caractères extérieurs d'un jeune tronc ; et même alors la continuité de la portion aérienne et de la
DÉVELOPPEMENT
portion souterraine est mise, parla dissection , dans toute son évidence. De Peilré- 'mité de la portion souterraine jusqu'à la naissance des premiers rameaux, le scalpel ne rencontre pas le moindre obstacle, pas la moindre trace d'articulation. Il résulte de cette étude que les emboîtements s'aU ]oo(^ot, que de nouveaux emboîtements se forment successivement dans le sein des plus internes , et refoulent et dilatent leurs anciens; que par ce simple mécanisme, l'organe général s'accroît en longueur et en largeur; mais il en résulte, avec une égale évidence, que la racine et le tronc ne sont que deux portions variables du même organe. Pane s'enfonçant dans le sol , et l'autre s'élevant dans l'atmosphère. *
801. Mais comme aucune ligne de démarcation ne sépare ces deux portions l'une de l'autre, et que d'inductioii en inductiou , on arrive à admettre que cet organe tout entier peut rester enfoui dans la terre, sauf sa sommité foliacée, ou que cet organe peut végéter tout entier dans les airs, saufson extrémité opposée; d'un autre côté, comme il résulte de toutes ces observations que ces deux extrémités se dirigent en sens contraire dans le sens de la verticale, l'une vers la lumière et l'autre vers l'obscurité, nous sommes forcés, pour concilier rigoureusement ces deux sortes d'observations , d'admettre , au lieu de deux organes distincts, deux extrémités de nom contraire, deux pôles du même appareil, le pôle qu'attire la lumière, le pôle qu'attire l'obscurité, le pôle positif, le pôle négatif; pour ne pas trop modifier le langage ordinaire, nous nommerons l'un extrémité radiculaire J et l'autre, extrémité cauiinaire, La racine et le tronc seront deux motsdésormaissynonymes, qui serviront à désigner deux portions variables delà longueur d'un même organe, compris entre ses deux extrémités. La racine est la portion enterrée du tronc; le tronc est la portion aérienne de la racine. L'une et l'autre forment le caudex»
802. Il est des végétaux dont le pôle obscur s'enfonce dans la terre assez profoudémeut , pendant que le pôleliin.iucux