SCÈNE VI
Lis Mêmes, ROBINEAU.
ROB1NEAD.
Ali! Antoinette, où sont-ils?
ANTOINETTE
Qui?
ROIUNEAU.
Deux... deux gentilshommes... C'est-à-dire deux de nies gens... deux commis qui m'attendaient. On me dit qu'on les a vus causer et s'éloigner avec toi.
ANTOINETTE
Deux figures respectables... quoique d'assez mauvaise mine au premier abord? J'ai pensé tout de suite qu'ils étaient de votre maison. Ils sont partis.
ROBINEAU
Parti.,?
ANTOINETTE
Pour Paris.
ROBIN EAU
Impossible. Y a-t-il un cabaret dans les environs?
ANTOINETTE
Aux deux bouts du village, au Petit Bacchas et au Laurier de Fontenoy.
ROBIN EAU
(Test bien, je cours... (a pari.) Ali! diable, si mademoiselle
Clairon allait m'apercevoir de sa fenêtre tout serait perdu. Haut.) Antoine! c'est-à-dire vicomte, tu vas courir... (S'interrompant.) Ah! diable! Non, il ne faut pas qu'on te voie ici non x>lus. Antoinette, fais-moi le plaisir d'aller au Petit Bacclius ou bien au Laurier de Fontenoy. dire à mes deux...
ANTOINETTE
Figures respectables.
Oui, de venir me trouver ici, dans ce pavillon.
ANTOINETTE
Bien.
ROBINEAU
Surtout, pas un mot à ta maîtresse.
ANTOINETTE, revenant.
Ah! voici un cas de conscience qui se présente,
ROBINEAU
Lequel?
ANTOINETTE
Ma maîtresse me payant pour lui dire tout, mon devoir n'est-il pas...
ROBINEAU
Combien pour un secret?
ANTOINETTE
Cinquante pistoles.
ROBINEAU
Si je t'en donne cent?
ANTOINETTE
Le devoir de me taire sera plus grand que le devoir de parler.
Voilà pour ta conscience.
ANTOINETTE
Comme cela, je ne perds rien dans mon estime.
Elle se dirige vers la porte.
ROBINEAU
Va!
ANTOINE, qui est restô en contemplation, à part.
C'est de la grande école ! •
ROBINEAU
Toi, écoute ICI. (Antoine Rapproche; mais il aperçoit Antoinette qui, restée sur le seuil de la porte, lui fait signe de la rejoindre. Il sort avec elle pendant que Robineau continue.) Qu'est-Ce que je voulais te
dire? Ah ! sitôt que mes limiers auront emmené mademoiselle Clairon, tu m'entends... Eh bien, où est-il donc?