TOUTES
Oui.
MARCELINE
En nie voyant entrer, en m'enlcndant parler et en me reconnaissant, madame de Valbois a ri de si bon cœur
qu'elle a repris toule sa santé en un clin d'œil. Le rire est un remède, et le meilleur de tous les remèdes, mais on ne le trouve pas dans les pharmacies, parce qu'il ne coûte rien. Vous voyez donc bien que c'est mademoiselle Claire qui a guéri sa maman. En voilà un prix de famille bien gagné! ça vaut mieux que le médaillon.
MADEMOISELLE KERBRIANT.
Tu as raison. Ainsi vous voyez, mes enfants, que les bonnes œuvres sont toujours récompensées. . .
PAUL, d'un Ion lamentablement comique.
Je ne m'en aperçois pas !
MADEMOISELLE KERBRIANT.
Paul, mon ami, tu devrais avoir plus de confiance envers ta bonne tante.
PAUL
Oui, j'ai confiance, mais je ne vois rien venir.
MADEMOISELLE KERBRIANT.
Tu iras aujourd'hui chez la vieille mère Barnaud, et tu lui achèteras, pour toi, sa belle vache noire, et sans marchander; je la paye et je te la donne.
PAUL, sautant île joie et embrassant sa tante.
Merci, bonne tante ; je vous ferai boire du lait gratis.
MARCELINE, ùlant ;a perruque poudrée.
Et moi je garderai le troupeau de M. Paul. Taligué! je restons paysanne ! Adieu Paris, les vendanges ne sont pas faites. Mon éducation a guéri madame de Valbois, morguenne! je ne la regrettons pas, mais je ne veux pas quitter ma mère, je veux rester paysanne comme elle, et si, en appre-
nant cela, ma pauvre mère me laisse lomncr une de ses larmes sur la main, ce sera mon prix d'honneur. blanchi:.
Mon frère, nia soeur, Marceline, entourons ma bonne lanlc et remercions-la de tout ce qu'elle a fait pour nous.