EMPOISONNEMENT PAR LA FARINE DE MANIOC
Le manioc est une plante de la famille des Euphorbiacées, dont la racine donne une fécule savoureuse et très blanche, qui joue un rôle considérable dans l'alimentation de la race noire, en Afrique et dans l'Amérique du Sud. Au temps de l'esclavage, celte farine de manioc ou de cassave servait presque exclusivement à l'alimentation des esclaves. La fécule môme est inoffensive, mais la racine consommée à l'état frais, c'est-à-dire râpée et consommée avec une certaine quantité du suc de la racine, est toxique. Celte toxicité est due à l'acide cyanhydrique.
Cette propriété vénéneuse du suc de manioc a été démontrée dès le xvme siècle par Fermin. 11 distilla 50 livres de jus de manioc frais, et fil avaler à un empoisonneur indigène 50 gouttes des premières portions distillées. La mort survint au bout de six minutes, après des évacuations répétées et des convulsions.
11 est souvent arrivé, en Afrique centrale, au cours d'une exploration, que des porteurs affamés trouvant du manioc en râpent des racines et les mangent après une cuisson insuffisante.
SYMPTOMES. — Comme clans l'empoisonnement par une solution d'acide prussique, une céphalalgie intense, gravalive, est le premier symptôme de l'intoxication. Tout peut se borner là. Lorsque la terminaison est fatale, il survient de la salivation, des nausées, une sensation de défaillance. Le malade respire difficilement, ses extrémités se refroidissent et la mort arrive clans le coma. On peut observer des convulsions finales.
DIAGNOSTIC. — Il se fera facilement par les commémoratifs. Le pronostic dépend de la quantité de suc toxique ingérée.
TRAITEMENT. — Il ne diffère en rien de celui de l'empoisonnement par l'acide cyanhydrique, dont l'antidote est, comme on le sait, l'iiyposulfite de soucie.
AÏRIPLICISME.
Le D'' Matignon (1), médecin de la légation française à Pékin, a décrit sous le nom & atriplicisme un empoisonnement déterminé par
(1) Matignon, De l'alriplicisnic, intoxication par [l'arroche (Ann. d'hyg. publ., 1S97, t. XXXVII, p. 102).
ATlîll'LICISME.
les feuilles d'arroche (Alriplex augusiissima,A. serrala; Lûo li-lzai). Cette|plante, qui estime sorte d'épinard, est mangée par les pauvres et les mendiants à l'état cru en guise de salade.
B SYMPTOMES. — Elle détermine, chez ceux qui en font usage, un œdème intense (fig. 28), débutant par les mains et les avant-bras et siégeant aussi à la face, en particulier aux paupières. Le nez est