‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 2 sur 33 · SPASMES · texte numérisé non relu

SPASMES

Cet ordre de maladies est caractérisé par des mouvemens musculaires irréguliers ou contre nature.

De V Hystérie. (Hysteria. )

Cette maladie se montre sous tant de formes différentes, simule tant d’autres affections, et se complique d’un si grand nombre de' symptômes, qui dénotent un trouble considérable dans les fonctions vitales, qu’il est difficile d’en présenter une définition exacte et précise ; et ce n’est qu’en offrant le tableau de son ensemble, que nous pouvons parvenir à en donner une juste idée.

Etymologie, , spasmus.

** Etymologie, talipot , uterus.

2 NEVROSES,

L’hystérie est une maladie qui présente des paroxysmes ou des accès , lesquels sont quelquefois précédés d’abattement, d’anxiété, de l’écoulement des larmes , de gêne dans la respiration , de douleur d’estomac et de palpitations de cœur ; mais il arrive plus ordinairement que la douleur se fait sentir du côté gauche^ vers la courbure du colon ; en même temps , un sentiment de distension part du même point pour remonter à l’estomac, d’où il passe dans la gorge ; là, une sensation semblable à celle que produirait la présence d’une boule, se manifeste , et c’est ce symptôme que les auteurs ont désigné sous le nom de globe hf s téri(jue . La malade paraît alors menacée de suffocation , elle se trouve mal , et est prise de stupeur et d’insensibilité , tandis que le tronc se tourne d’un côté et d’un autre, et que les membres s’agitent de mille manières différentes ; elle rit , pleure et crie par accès , tient des discours incobérens, éprouve un délire momentané, et rejette par la bouche une salive écumeuse. Enfin, les spasmes venant à disparaître , elle rend par en haut une grande quantité de vents , elle soupire et sanglote beaucoup , et reprend la fa- ^ culté de sentir et de se mouvoir sans se rappeler aucunement ce qui s’est passé pendant l’accès ; il lui reste cependant une grande douleur de tête et un malaise dans tout le corps.

Dans quelques cas, il n’y a que peu ou même point de convulsions , et la malade est comme si elle était plongée dans un profond sommeil, sans sentiment et sans mouvement.

ou MALADIES NÈRYEUSES. 3

Le hoquet est un symptôme qu’on observe quelquefois aussi dans l’hystérie , et meme certains accès d’hystérie ne sont marqués que par lui. Dans quelques cas analogues , on l’a vu durer pendant deux ou trois jours , avec assez de violence pour paraître devoir suffoquer la malade , puis continuer en s’affaiblissant graduellement, et enfin disparaître , ou bien produire la mort par suffocation. Outre le hoquet, d’autres légères affections spasmodiques constituent quelquefois entièrement un accès d’hystérie, et il peut arriver qu’elles durent pendant un jour ou deux, et qu’ ensuite elles disparaissent d’elles-mêmes ou par les secours de Tart.

Par fois la malade éprouve dans le dos de violentes douleurs,qui s’étendent de l’épine au sternum , et qui enfin finissent par se fixer sur la région de l’estomac ; elles sont évidemment de nature spasmodique , et souvent si fortes , qu’elles produisent des sueurs visqueuses , donnent à la physionomie une teinte pâle et cadavéreuse , causent le refroidissement des membres, et rendent le pouls à peine sensible.

Les affections hystériques ont lieu plus fréquemment chez les femmes qui vivent dans le célibat que -chez celles qui sont mariées, et le plus ordinairement depuis l’âge de puberté jusqu’à celui de trente-cinq ans ; on les voit encore survenir plus souvent à l’époque des règles, qu’à toute autre. ; ,

Les accès sont promptement déterminés chez les femmes qui y sont sujettes , par les passions

4 NEVROSES,

de l’âme , et par toute emotion un peu rive , surtout quand la surprise s’y joint : aussi la joie , le chagrin, la peur, etc. les produisent communément. On les a vus également survenir par imitation et par sympathie.

Les femmes d’une constitution délicate, et dont le système nerveux est extrêmement irritable, sont exposées à l’hystérie ; l’inaction, la vie sédentaire , les chagrins habituels , les peines de l’esprit, les veilles prolongées, la dissipation, la suppression du flux menstruel, les évacuations excessives , et l’usage constant d’un mauvais régime , et d’alimens cruds et malsains , prédisposent singulièrement à ses attaques.

L’hystérie diffère de Fhypochondrie , parce qu’elle attaque les femmes sanguines et pléthoriques , qu’elle se manifeste peu après l’âge de puberté , que ses attaques sont subites et violentes , de manière à priver la malade du sentiment et du mouvement volontaire ; elle est encore caractérisée par la sensation d’une boule qui’ monte vers la gorge, de manière à menacer de suffocation^ et par des mouyemens spasmodique^ multipliés; elle se termine par l’épilepsie plus souvent que par toute autre maladie; et, à l’ouverture des cadavres, on trouve que les altérations pathologiques sont bornées à l’utérus et aux ovaires.

Le contraire a lieu dans Fhypochondrie ; elle attaque les mélancoliques ; arrive rarement avant l’âge de trente-cinq ans ; vient graduellement ; est une maladie longue et difficile à guérir ; exerce ses effets pernicieux sur le canal intestinal, où elle

ou MALADIES NEBTEUSES. ^

determine des spasmes et la formation de gaz ; se termine plus souvent par la mélancolie ou la fièvre nerveuse que par toute autre maladie. A l’ouverture des cadavres, c’est principalement sur le foie, la rate et le pancréas qu’on observe les altérations auxquelles elle a donné lieu ; ces organes sont durs et squirrheux, ou paraissent le siège de quelque autre affection organique.

Une autre différence très-sensible pourrait encore servir à distinguer ces deux affections l’une de l’autre , c’est que , l’hystérie diminue considérablement par les progrès de l’âge, tandis que l’hypochondrie ordinairement ne fait que s’accroître.

L’hystérie diffère également de la syncope ^ en ce que , dans cette dernière , il y a cessation complette des mouvemens do pouls ; la face est contractée et la physionomie décomposée. Dans l’hystérie au contraire , il y a encore des restes de coloration ; la face est plus épanouie ; le pouls sensible , bien que languissant ; d’ailleurs cet état peut durer deux ou trois jours, ce qui n’arrive jamais dans la syncope.

Elle diffère aussi de l’apoplexie , dans laquelle l’abolition du sentiment et du mouvement volontaire est accompagnée d’une sorte de ronflement, d’une grande difficulté de respirer, et d’une force remarquable dans le pouls.

Elle diffère de l’épilepsie , en ce que cette dernière semble produite par une distension des vaisseaux du cerveau; tandis que, dans l’hystérie , les mouvemens spasmodiques et convulsifs

6 NEVROSES ,

proviennent vraisemblablement d’une turgescence sanguine de la matrice et des autres parties de l’appareil générateur. L’hystérie peut être séparée d’ailleurs de l’épilepsie par la présence de la boule hystérique , par la grande évacuation d’urines claires qui a lieu , par les transitions subites du rire aux pleurs , par la crainte de la mort qui précède le paroxysme ou qui le suit.

Quelque effrayant^ qite puisse paraître un accès d’hystérie , il est rarement dangereux , et la maladie ne se termine jamais d’une manière funeste, à moins qu’elle ne dégénère en épilepsie, ou en manie, ou que la malade ne soit réduite à une extrême faiblesse.

Dans le traitement de l’hystérie il y a deux indications à remplir: la première est d’alléger les symptômes spasmodiques qui prolongent l’accès ; et la seconde de diminuer l’irritabilité du système nerveux , et de fortifier toute l’économie pendant les intermissions des paroxysmes. •

On remplira la première par la saignée , si la malade est jeune et pléthorique, le pouls plein , et l’attaque tout à- fait récente ; mais chez les femmes d’ùne constitution faible et délicate, ou lorsque la maladie a été de longue durée , on ne doit jamais avoir recours à la phlébotomie.

Pour réveiller la malade pendant l’accès, le meilleur moyen est de lui mettre sous le nez des plumes brûlées , de Tassa fœtida , ou des sels et des esprits volatils ; de lui frotter les tempes avec de Télher, et de lui mettre les pieds dans l’eau chaude.

ou MALADIES NERVEUSES.

Dans le cas de constipation , on peut admi- , nistrer un lavement laxatif , avec addition d’assa fœtida ou de castorëum ; et quand l’accès dure depuis assez long temps, on appliquera un petit vésicatoire à la partie interne de chaque jambe. Pendant l’accès , on doit du reste avoir le plus grand soin d’empêcher la malade de se blesser par la violence de ses convulsions.

Aussitôt qu’on peut s’apercevoir qu’elle est dans le cas d’avaler, on doit lui faire prendre quelque antispasmodique, comme Tassa fœtida, le castore'um, la teinture ammoniacale de valériane, Thuilede succin,etc. Ces médicamens peuvent être administrés ensemble ou séparément (i).

Dans les cas où les spasmes sont très-violens ,

(i) ^ Gumm. As.-fœt . 5 j. Solve iti

Aquæ Pulegii . %\],ëtadde

Tinct. Castor . 5 iij.

- Valerian . S ij.

Æther. suif. . . .5 j.

F. Mistura cujus sumat cochl. ij. tertiâ horâ.

VEL

'if Tinct. Valer. voE ..... ; . , 5 j.

- Lavend. comp. . . . . . , 3 ij.

Spirit. Ammon* comp. 5 j.

Aquæ puræ . . * § v.

F. Mistura. Capiat cochl. ] pro dos.

VEL

Aq. Cinnamom. . . . . . '5 j i3.

Tinct. Castor . . 5 ij.

Spirit. Ammon, foetid. ....... giitt. xx.

JËther. suif. . gtitt. xv.

M. F . Haustus qxiartâ gudqite hofd sumendus.

8 névroses;

et où Faccès est de longue durée, l’opium peut être combiné avec les autres antispasmodiques ; cependant dans les circonstances ordinaires , il vaut mieux ne pas l’employer, parce qu’il cause presque toujours de rabattement , particulièrement si on en continue l’usage pendant longtemps.

Dans les paroxysmes de cardialgie hystérique,' une solution de .potasse, à -la dose de trente à quarante gouttes , fréiquemment répétée , a paru un excellent palliatif, et par conséquent peut être prescrite.

On remplira la seconde indication , en administrant , pendant les intermissions , des médicamens fortifians , tels que le quinquina et les autres amers, avec l’acide sulfurique et les ferrugineux, ainsi que nous l’avons conseillé au sujet de la dyspepsie ; mais dont on pourra modifier le mode de prescription , si on le juge à propos (i).

VEL

Spirit. Ammon. fœt . 5 6.

Gutt. XXV — XXX sumendœ.

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