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ANATOMIE PATHOLOGIQUE, Fasc. III. — 65
semblent être pris les premiers; leurs allérations sont en général à un stade plus avancé que celles des plaques de Pevyer et des follicules situés plus haut sur l'intestin grêle. Il n’est pas rare d'observer au voisinage de la valvule de Bauhin des ulcérations délergées en voie de cicatrisation et quelques mètres plus haut des plaques à moilié nécrosées ou simplement infiltrées. L'inverse est exceptionnel; moins rarement on voit, mélangées sans ordre, des lésions aux différents stades de leur évolution.
Les organes Iymphoïdes passent successivement, sous l'action au bacille d'Eberth, par les trois stades d'infiltration, d'ulcération et de réparation (Homolle).
La période d'infiltration est marquée par la tuméfaction visible des plaques de Peyer et des follicules. Cette tuméfaction serait déjà apparente le 4 jour de la maladie d’après Trousseau : tous les auteurs s'accordent pour reconnaître qu'elle existe toujours à la fin du premier septénaire. Mais avant cela, dès le premier Jour, on peut noter un état calarrhal de l'intestin, caractérisé à l'œil nu par une hyperémie diffuse de la muqueuse et une sécrélion abondante de mucus. Histologiquement il existe déjà à ce moment une mulliplication des éléments cellulaires dans les organes lymphoïdes ; de la desquamation épithéliale à la surface de ces organes, l’épithéhum ne persistant plus que dans les culs-de-sac : une infiltration légère de la sousmuqueuse ; une dilatation marquée des vaisseaux qui sont remplis de globules rouges et de globules blancs. Cet élat catarrhal persiste du reste pendant loute la maladie.
Au stade d'infiltration les plaques de Peyer enflammées peuvent se présenter sous deux aspects différents.
Les plaques dures de Louis ou plaques qaufrées de Chomel forment sur le plan de la muqueuse un relief abrupt, assez régulier, pouvant atteindre et même dépasser trois ou quatre millimètres. Leur surface est assez égale ou parsemée de dépressions peu profondes. Sur une coupe perpendiculaire on voit que la sous-muqueuse fait corps avec la plaque et est transformée en une substance homogène, assez ferme, d'une coloration gris jaunâtre ou lègèrement rosée. |
Les plaques molles de Louis ou plaques réticulées de Chomel sont moins saillantes, à contour moins net, mais s’épaississent peu à peu; elles sont irrégulières, tomenteuses, creusées de dépressions assez profondes. Elles se ramollissent graduellement et prennent une coloration rougeâtre. Sur une coupe, le Lissu sous-muqueux se montre également épaissi, rosé, riche en suc, d'aspect gélatiniforme.
Si l’on examine la face séreuse de l'intestin, on voit, aux points correspondant aux plaques de Peyer enflammées, des taches hyperémiques plus ou moins foncées. On peut remarquer aussi de petites granulations blanchâtres simulant grossièrement des granulations tuberculeuses (granulations typhiques d'Hoffmann) et des traînées de lymphangite sous-séreuse sous formes de petits cordons noueux extrêmement fins.
Les follicules clos subissent des transformations analogues à celles des follicules agminés. Ils font saillie à la surface de la muqueuse (psorentérie) el présentent eux aussi une consistance dure ou molle; on observe à leur
F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABRAMtI.