PLANCHE VIII
Demoulin. Sc. E. Normand, Phot.
Tuberculose chronique ulcéro-fibro-caséeuse.
Masson ET C'*, ÉDITEURS.
THE LiBKARY OF THE UMNIVERSITY QF ILLIRONS
F ù dr à CPL
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. Fasc. XII. — 67
tubercules sont complètement fibreux, et même les lésions pulmonaires peuvent être entièrement remaniées par le tissu scléreux : c’est alors la phtisie fibreuse.
Le tubercule fibreux. — Le tubercule cru enkysté que nous avons décrit, avec sa coque conjonctive plus ou moins épaisse, est déjà une forme de tuberculose fibreuse.
La granulation miliaire de Bayle, avec son centre translucide, sa dureté, son absence de ramollissement, est une granulation fibreuse. La sclérose se fait autour des follicules tuberculeux, les fibres conjonctives emprisonnent les cellules géantes et les amas granulo-graisseux. Bard insiste sur la présence de grains d’anthracose et de granulations pigmentaires, d'origine sanguine, au sein de la sclérose. Ces granulations miliaires se continuent au moyen du tissu fibreux avec les alvéoles voisins.
Le tubercule fibreux est décrit aussi sous le nom de fubercule de quérison. Il peut coexister avec les lésions évolutives caséeuses ; tantôt, il est la trace d’une ancienne poussée, tantôt, on ne trouve dans le poumon que des lésions cicatricielles. Les tubercules fibreux se retrouvent surtout au-dessous de la plèvre. Ils forment des nodules plus ou moins arrondis. Leur diamètre varie d'un demi-millimètre à cinq ou huit millimètres. Leur couleur est noire, verdâtre. Leur consistance est d’une dureté ligneuse. Ils font sur la coupe une saillie assez notable ; les bandes fibreuses qui les entourent ont une coloration plus ou moins foncée. °""""
Au microscope, le tubercule fibreux est formé par un placard de tissu scléreux, dense, homogène, à peu près dépourvu de vaisseaux et de fibres élastiques, très pauvre en cellules. On y voit peu de matière caséeuse et de cel- Jules géantes. Les grains de charbon ÿ apparaissent très nombreux, disposés en amas ou en trainées. On y trouve parfois aussi des fines granulations cal- Caires. La bande de sclérose périphérique est constituée par un tissu d’alvéolite oblitérante fibreuse (pneumonie ardoisée). Dans le tubercule fibreux, on ne peut colorer de bacilles. |
Tubercule crétacé. —- Il forme une petite masse arrondie, plus volumineuse que le tubercule fibreux. Il siège surtout dans le lobe supérieur et en plein parenchyme. Son diamètre varie de deux millimètres à un centimètre. Il est formé, tantôt d’une substance friable comme le plâtre, tantôt d'un bloc uniformément calcifié qui ne se laisse pas entamer par le couteau. Ces calculs du poumon sont lisses ou muriformes; ils peuvent être mis en liberté par la suppuration et, alors, rejetés par les bronches. Les calculs sont enclavés dans une portion de parenchyme pulmonaire sclérosé et anthracosique. Étudiés après décalcification, ces tubercules crétifiés sont formés de tissu hyalin ou de substance caséeuse, entourée par un tissu fibreux quelquefois riche en cellules géantes et en leucocytes. Le tubercule enkysté ne doit pas toujours être appelé tubercule de guérison, car on peut trouver des bacilles dans la masse fibro-calcaire ou en démontrer la virulence par l’inoculation. D'après Kurlow, la virulence n’est disparue que si la sclérose ou la calcification sont complètes, sans qu'il reste un seul point caséeux.
M. LETULLE et P. HALBRON.
Phtisie fibreuse. — Elle a une histoire clinique particulière et également
des lésions anatomiques, macroscopiques et microscopiques, bien différenciées. |
A l'autopsie, les adhérences pleurales sont extrêmement solides et épaisses. Les ganglions du hile sont durs, noirâtres, noyés dans un volumineux tissu fibreux. À la coupe, le tissu sous-pleural forme une couche épaisse, de coloralion blanc nacré. Le tissu pulmonaire est anthracosique, sillonné par de larges traînées fibreuses provenant du tissu sous-pleural et de la plèvre interlobulaire épaisse et symphysée. Le sommet contient souvent de vieilles cavérnes enclavées dans un parenchyme fibreux, anthracosique, rétracté. Le
reste du poumon à un aspect spongieux très spécial, dü à la présence de dila-
tations bronchiques et de zones d’emphysème circonscrites par le même tissu
dur et noirâtre, si particulier dans cette forme. Dans ce tissu induré, on trouve
des blocs caséeux enkystés, parfois calcifiés, ou des semis de granulations.
On constate en même temps des lésions de dilatation cardiaque consécutives à la gêne circulatoire. |
Les placards fibreux sont les lésions les plus caractéristiques, ils constituent la sclérose méta-tuberculeuse (Letulle et Nattan-Larrier). [ls se répartissent très irrégulièrement, formant des bandes ou des îlots très étendus, à contours onduleux et découpés, qui enfoncent dans le parenchyme leurs pointes allongées. Le placard peut englober des tubercules fibreux ou caséeux,
dont il dépasse largement les limites. Dans d’autres cas, la sclérose se développe en marge des foyers tuberculeux et elle irradie au loin dans le paren-.
chyme pulmonaire, le plus souvent altéré par l’emphysème. La sclérose est constituée par un tissu conjonctif très dense, dont les fibres affectent une
disposition lamellaire. On n’y trouve que peu de vaisseaux perméables, et
encore sont-ils atteints de lésions végétantes chroniques. L'anthracose y est très abondante et de disposition irrégulière, La structure fondamentale du poumon est complètement bouleversée. On ne retrouve plus de trace des
alvéoles, dont les fibres élastiques ont disparu. Ailleurs, le tissu élastigène forme d'épais trousseaux onduleux. La phtisie fibreuse est très mutilante :
elle effondre le squelette élastique des alvéoles et les sectionne, avant que les cavités aériennes ne se soient tassées ou aient eu le temps de se combler. Les gros vaisseaux sont assez épargnés ; on trouve, par place, des armatures élastiques encore assez bien conservées et épaissies, appartenant à des artérioles pulmonaires, à des grosses veines inter-lobulaires, et même à de volumineux troncs lymphatiques, sclérosés ou oblitérés par endo-vascularite chronique fibroïde. |
Les cloisons inter-lobulaires respectées par le processtis sont élargies ; leur tissu conjonctif est densifié ou même transformé en épaisses bandes fcutrées de faisceaux élastiques. De grosses veines demeurent perméables au milieu de ces travées sclérosées. Lorsque l’ilot de sclérose affleure la plèvre, le tissu de la séreuse peut lui-même être cirrhosé. Sa double armature élastique est hyperplasiée et la perméabilité de ses vaisseaux reste parfaite.
La sclérose englobe souvent encore des groupes d’alvéoles pulmonaires et des cavités bronchiques qui ont échappé au processus destructif. On y observe de l’alvéolite atrophique: les cavités alvéolaires, vides et anguleuses, sont
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rétrécies au point que leurs parois arrivent au contact, elles sont tapissées par un épithélium cubique reposant sur des strates fibreuses dépourvues de réseaux capillaires et de fibres élastiques ; souvent, ces lésions forment une bordure régulière au pourtour des îlots de sclérose.
Dans le tissu fibreux, on trouve des lésions tuberculeuses : à la périphérie,
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