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SYSTÈME NERVEUX

La Scarlatine semble plus apte que la Rougeole à toucher le système nerveux; nous avons vu que dans son évolution clinique elle était riche en manifestations nerveuses; que ces manifestations étaient plus spéciales aux formes malignes, les convulsions comportant, même en dehors de l’urémie, un pronostic grave, surtout celles du début (Trousseau, Filatow, Klose, etc...)

Dans les anciens auteurs on trouve la relation d’un cette nombre de méningites scarlatineuses. Les faits de méningite cérébro-spinale à streptocoques en dehors de toute lésion de l'oreille, des sinus, des fosses nasales, restent parmi les complications exceptionnelles. La pratique de la ponction

1. Sans prétendre rien nier de ces interprétations, il convient de considérer que le syndrome dit surrénal peut se présenter sans qu’il existe aucune lésion de la glande et que plusieurs des symptômes que l’on attribue à l'insuffisance surrénale peuvent relever d’autres causes ; que notamment la tachycardie que Tixier et Troisier considèrent comme due à une surrénalite pourrait aussi bien dépendre des lésions que Roger et Garnier ont décrites au niveau de la thyroïde. Il convient aussi de considérer que nombre d’anatomo-pathologistes parmi les plus compétents, comme Brault

et Letulle, hésitent à Se prononcer sur la vaieur des lésions des surrénales au cours des infections ou d’autres états morbides.

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lombaire a, en effet, montré la rareté des infections méningées au cours de la Scarlatine (un cas pour 1500 Scarlatines).

Cette étude à été reprise récemment par René Bénard('). La plupart des cas rapportés sont survenus dans l'enfance ou dans l'adolescence. I s’agit le plus souvent de méningites secondaires à une infection de voisinage, sinusite, rhinite et surtout otite; mais il existe aussi des cas indiscutables de méningites par septicémie rapportés en particulier par nous ou par l’un de nous avec Boudon, Lian, Stræœhlin, alors internes de l'hôpital Claude- Bernard. L’agent le plus ordinaire est le streptocoque.

Au point de vue anatomo-pathologique, on a signalé des infections méningées sans réactions cellulaires et des réactions transitoires sans signes cliniques et seulement décelables à la ponction lombaire. Le - plus souvent, il s’agit d’une méningite purulente de la convexité ou de la base de l’encéphale, prédominant au niveau de l'émergence des différents nerfs et du chiasma. |

La méningite est une complication rarement précoce (4° jour, René Monod ; 8e jour, Leroux, Kilian, Roger); le plus souvent tardive, survenant à la période de desquamation et jusqu’au 55° jour (Cadet de Gassicourt) ou même encore plus tardivement du fait de la persistance d’une complication ou au cours de l’évolution d’une réitération de Scarlatine (Gouget et René Bénard, 52° jour). |

La symptomatologie est celle de la méningite purulente aiguë; la mort est la terminaison ordinaire de cette complication. |

L'hémiplégie au cours de la Scarlatine, est une complication rare à ce point que certaines statistiques portant sur plus de 2000 cas n’en signalent aucun exemple. Gouget et Pélissier (?) ont pu cependant en réunir 69 observations survenues presque toutes chez des sujets âgés de moins de 15 ans.

L'hémiplégie qui a été observée surtout dans les Scarlatines graves, survient de la 5° à la 6° semaine de préférence dans la 3° et la 4°. Cette prédominance dans la convalescence est à rapprocher du rôle important que paraît jouer la néphrite dans l'apparition de l’hémiplégie. Dans plus de la moitié des cas, en effet, l’'hémiplégie est survenue au cours d’une néphrite intense dont le rôle incontestable est cependant mal élucidé.

L'apparition de l’hémiplégie est le plus souvent précédée immédiatement de convulsions; cependant celles-ci peuvent manquer, il y a alors ou non, un ictus apoplectique, ou encore la paralysie s'établit lentement. Ce peut être par hasard, en remuant l'enfant, qu'on constate la lésion.

L'hémiplégie siège le plus souvent à droite (42 fois contre 16 à gauche) : celte prédilection pour le côté droit s’observe également dans la Rougeole et la Fièvre typhoïde; elle s'explique mal. L’hémiplégie droite s’accompagne souvent d’aphasie.

La paralysie est presque toujours complète el le plus souvent totale.

Le passage à l’état chronique est l’évolution habituelle: dans certaines observations la mort est survenue plus ou moins rapidement après le début. Sur 9 autopsies, on a relevé, 5 méningites ou méningo-encéphalites; 1 phlé-

1. RENÉ BÉNanrn. Revue de Médecine, 10 mai 1909. 2. GouGer et PÉLISSIER. Bulletin de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, Séance du 7 mai 1909.

P.-J. Trissier et M. Duvorr.

bite des sinus; 1 hémorragie cérébrale; 2 foyers de ramollissement par embolie de la sylvienne. Mais cette statistique ne répond vraisemblablement pas aux cas non mortels el où les lésions inflammatoires des méninges et du cerveau doivent jouer un rôle infiniment moins important. La plupart. des hémiplégies scarlatineuses qui passent à la chronicité sont le résultat d'une hémorragie ou d’une oblitération de la sylvienne (thrombose ou embolie). La pathogénie de celles qui guérissent est difficilement explicable Iroubles vaso-moteurs, œdème localisé, intoxication des cellules cérébrales, simples troubles de compression: aucune de ces explications ne satisfait Fesprit.

Un certain nombre de psychoses, de démences chroniques, ou de simples modifications de caractère avec retour à l'état d'esprit infantile ont été signatés (Moureyre, Turner, Hlovay, Spilitzka, Gouget).

Les paralysies périphériques Sont absolument exceptionnelles au cours de la Scarlatine (Thomas, et Sano, Mery et Hallé, Wladimiroff.)

Mentionnons encore comme complications nerveuses, certains cas d'amnésie lors de la convalescence: la possibilité de lapparition de convulsions choréiques quelques semaines après la guérison de la Scarlatine. Il est exact de ranger la Scarlaline après le Rhumatisme articulaire aigu dans la détermination du syndrome choréique.

Il y a lieu enfin d'attirer l’attention sur certains cas d’encéphalopathies de nalure complexe. On a ainsi signalé pendant la convalescence et en dehors de toute complication rénale, l'apparition de vomissements répétés accompagnés de délire, d'agitation, suivis parfois de coma et de convulsions qui peuvent emporter le malade; l'autopsie ne montre qu'une légère congestion des centres nerveux. Peut-être serait-il intéressant de reprendre à la faveur des notions nouvelles sur l’azotémie l'étude de ces cas où l’on a voulu voir une hyperinfection par le virus scarlatineux.

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