TISSU MUSCULAIRE — TISSU OSSEUX
Restent enfin les complications pouvant intéresser l'appareil locomoteur : lésions musculaires, lésions ostéo-articulaires, celles-ci beaucoup plus imporlantes que celles-là. |
On a signalé (Hayem, Zenker) des lésions se localisant surtout sur les muscles de l'abdomen ou des cuisses, qui se caractérisent, soit par des foyers de dégénérescence parcellaire pouvant provoquer l’atrophie, soit par des infarctus qui peuvent apparaître en dehors de la Variole hémorragique, à la suite d’endartérite oblitérante (Hayem), de rupture musculaire
(Zenker), et qui pourraient suppurer ou se sphacéler.
Mais c'est au niveau des os ou des articulations que se retrouve plus particulièrement le processus de suppuration.
Les complications osseuses se voient surtout chez les enfants ou jeunes gens. Elles affectent, soit la forme de périostite simple non suppurative (Barié, 1888), qui pour cet auteur dépendrait de l’action du virus variolique; soit la forme d’ostéite avec suppuration, le plus généralement représentée par l’ostéomyélite.
L'ostéomyélite, qui est capable de guérir après l’évacuation de l’abcès, est due au staphylocoque (observation d'Ingelrans et Taconnet), le plus souvent au streptocoque (Voilurier, Mauclaire). Dans les faits que j'ai été: à même d'observer, c'est le streptocoque qui a été l'agent habituel. Le syndrome clinique offre d’ailleurs les caractères de l’ostéomyélite à streplocoques : brusquerie et allures bruyantes du début, précocité, abondance et diffusion de la suppuration, fréquence et gravité des pyo-arthrites, absence ou limitation de la nécrose. "
Aldebert, en 1904, a attiré l'attention sur l’ostéomyélite des enfants en bas âge, des nourrissons; Cange, d'Alger, sur les suites éloignées de cette ostéomyélile qui est aussi à streptocoques. Le premier a montré que cette ostéomyélite du nourrisson se distinguait par la fréquence des lésions et des décollements épiphysaires (50 0/0), la multiplicité des foyers de suppuration, la diffusion à l'os et à plusieurs os. Le second a noté la possibilité de l’entrave au développement de los avec raccourcissement (pouvant résulter de la destruction suppurative, de lossificalion prématurée ou de l’atrophie du cartilage de conjugaison), l'incurvation parallèle des os adjacents qui poursuivent leur développement normal, le développement d’un processus de ramollissement osseux (pseudo-malacie des os enflammés, de Vincent de Lyon).
Les complications articulaires peuvent accompagner les lésions ostéo-
P.-J. TrrssiEn.
myélitiques; élles surviennent parfois isolément. En dehors des arthralgies de la période d’invasion, des arthropathies localisées au niveau des genoux, coudes, poignets, cou-de-pied peuvent apparaître : artropathies le plus souvent séreuses, rapidement guéries el ne s'accompagnant pendant un certain temps que d'un peu de raideur, ou arthropathies suppurées Értee surtout en cas de pyohémie.
Cette longue énumération lémoigne en définitive de l'importance des localisations pyohémiques; elle permet de comprendre pourquoi il y a un ) grand intérèt à empêcher la Variole d'arriver à la suppuration, période à laquelle se manifestent surtout les infections secondaires qui en sont la principale cause. C’est ce que la Vaccine a réalisé avec la Varioloïde, réserve faite de quelques suppurations légères et superficielles. C’est ce que le trai- I 5 tement actuel peut permettre de réaliser pour les Varioles discrètes, cohérentes el confluentes reconnues el soignées à temps.