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Fig. 55. — Fièvre palustre rémittente, puis intermittente irrégulière. — Nombreux Plasmodium dans le sang. (H. Vincent.)

est loin d'être aussi nette, aussi schématique que pour P. vivax ou P. quartanum. Nous envisagerons d’abord le cas des schizontes, puis celui des gamètes.

a) Schizontes. — Nous en connaissons la morphologie : les schizontes de

P. præcox n'apparaissent dans le sang que sous la forme d’anneau, de.

dimension pelite, moyenne ou grande, mais jamais supérieure à celle des schizontes jeunes de P. vivax ou de P.malariæ. On n'y trouve pour ainsi dire Jamais de grandes formes plasmodiales, non plus que des formes en mulliplication ou sporocytes. Ce complément de développement se fait dans les organes profonds : rate, foie, moelle osseuse; il échappe de ce fait à l'analyse. On ne peut dès lors opposer à la courbe thermique que ces pets schizontes en anneau plus ou moins jeunes et plus où moins récemment éclos.

Quoi qu'il en soil, le P. præcox, dans ses rapports avec le paludisme

FORMES CLINIQUES DU PALUDISME, Fasc. V. — 115

tropical, n'échappe pas à la règle commune à tout accès palustre : l’'éclosion des mérozoïles et la formation des schizontes correspond au début de

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l'accès et à l’acmé de la fièvre. Cette éclosion se fait-elle environ tous-les trois jours, on observe un accès du type quarte; se fait-elle tous les deux jours, on observe un accès du type tierce; a-t-elle lieu tous les jours, c’est

H. Vincent et J. Rieux.

un accès du type quotidien qu'on observe. Ces accès quarte, üierce ou quotidien ne reproduisent pas le rythme absolu des mêmes accès dus à P. vivax et à P. quartanum; mais l'examen du sang est cependant parfois nécessaire pour reconnaître qu'ils sont sous la dépendance de P. præcox. Enfin si les éclosions de mérozoïtes se succèdent dans des intervalles plus courts que l’espace d’un jour, les accès fébriles se rapprochent, deviennent subintrants ou anticipants, la tendance à la fièvre continue s'affirme, le paludisme pseudo-continu, rémittent, se constitue.

Dès lors, si l’on s’en tient à un examen superficiel ou rapide, ce que lon

Octobre 1900

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cox (schizontes jusqu'au 15, gamèêtes à parür

typhoïde. P. præcox. (A. Bildu 13). (A. Billet.)

let.)

peut dire de la relation de P. præcox avec le paludisme tropical simple, c'est que, pendant tout le cours de la manifestation fébrile et mème avantet après elle, et quelle que soit sa forme, intermittente ou pseudo-continue, on ne trouve dans le sang, comme éléments asexués, que de petits schizontes en anneau.

Dans le paludisme tropical simple et bénin, ces schizontes sont rarement très nombreux. Plus peut-être que pour le paludisme tierce ou quarte, il y a proportionnalité entre le nombre des schizontes et l'intensité de la fièvre: mais cela est surtout vrai au début et au milieu de l'infection tropicale; à la période terminale, on peut observer des accès fébriles assez intenses, alors que les schizontes sont d’une rareté très grande, et inversement, on peul

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observer des cas de paludisme latent où les schizontes sont présents dans le sang alors que la fièvre manque.

b) Gamètes. — Grâce à leur forme spéciale en croissant, les gamètes de P. præcox sont toujours facilement reconnaissables. Par conséquent, quand on les trouve, leur observation confirme le diagnostic ‘d'infection paludéenne à P. prœæcox.

Il convient toutefois d'ajouter qu'on ne les rencontre pas à tout moment de l'infection palustre du type tropical. Pendant le cours de la période aiguë fébrile, d'invasion ou de rechute, ils sont très | |

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souvent fort rares et même | absents. C’est surtout au mo- #°°f ce des ment de la défervescence et pendant la convalescence, après ‘le début de la quinisation, | qu'on les rencontre. Ils sont, en général, d’abord mélangés aux schizontes, puis apparais- | sent seuls dans les examens. À | | K | ce moment l’apyrexie est con- | firmée ; ils sont parfois longs à disparaître, même après une quinisation prolongée... Dans infection tropicale bénigne leur nombre est peu considérable. À la fin de cette infection 37° ils deviennent très rares, mais il est exceptionnel qu'on n’en | trouve pas. Leur nombre est | | î plus considérable quand linfection est profonde. 36° | B) Paludisme tropical associé ou mixte. — Le paludisme tropical que nous venons d’étudier est dû à la seule action de D ame quite Fig. 59. — Schéma représentant l’évolution paral-

tion de ce P. præcox sajoule jéle de la température et de la schizogonie celle de l’une des deux autres dans un accès tropical bénin, à P. præcox.

espèces : : P. vivax ou P. malariæ. Le paludisme devient ainsi dû à l'association de P. præcox + P. vivax, ou à celle de P. præcox + P. quartanum. Cette association parait variable selon les régions. La première est certainement la plus fréquente. C’est celle qui servira de base à notre description.

L'association du paludisme tierce et tropical, controlée par les examens du sang, peut se manifester selon deux manières différentes : 1° ou bien les manifestations fébriles, tropicale d’une part, tierce bénigne (ou quarte) de

H. Vincent et J. Rieux.

ins éloisnces ls sé eg + 20 l’autre, se font à des dates plus ou moins éloignées, mais séparées ; 2° ou

Fig. 40. — Sang dans le paludisme tropi-

cal, à P. præcox; aspect habituel pendant la période fébrile. — 1, hématie

normale ; 2, hématies contenant des schizontes jeunes, mais d'évolution plus ou moins avancée; l’une d'elle renferme des grains de Maurer; 3, macro-

Fig. 41. — Sang dans le paludisme associé

(lierce + tropical), à P. præcox + P. vivaxæ. — 1, hématie normale ; 2, hématie contenant des schizontes jeunes du type præcox, mais pouvant appartenir aussi à P. vivax; 5, hématie contenant un schizonte de P. vivax, âgé de 24 heures

environ; 4, macrogamète de P. vivax; 5, macrogamète de P. præcox.

gamète.

T' Octobre. 1911

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Fe l ï 1 l } | + + Fig. 42. — Paludisme mixte ou associé, tropical + tierce, P. præcoxæ + P. vivaxæ, mais à . manifestations séparées el éloignées. — Infection première en septembre 19114, au

Maroc. Rechute en octobre. Type fébrile intermittent irrégulier. P. præcox (schizontes) le 17, (gamètes) le 25 octobre. Quinine le 95; apyrexie. Rechutes en janvier, puis en février et mars 1912. Type fébrile double-tierce et tierce. P. vivax. Quinine.

bien elles se superposent. Ajoutons que dans tous les cas, il s’agit de paludisme de rechute. | 1° Paludisme associé à manifestations séparées. — Ces cas s’observent

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assez fréquemment. Pendant la saison estlivo-aultomnale, on observe du paludisme tropical simple tel qu'on l’a décrit, avec P. præcox dans le sang : des examens répétés ne permettent pas de déceler la présence de P. vivax ou P. quartanuwm; les caractères cliniques sont ceux du paludisme tropical. Puis, dans la saison hiberno-vernale suivante, toute manifestation du type tropical cesse et P. præcox disparaît du sang; en revanche les accès lierce et double-tierce se manifestent avec, comme substratum hématologique,

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Fig. 45. — Paludisme mixte ou associé de Fig. 44. — Paludisme mixte ou associé,

rechute, tropical + tierce, P. præcox + P.

vivax, à manifestations séparées et rapprochées. — Infection première en août 1919, au Maroc. Rechutes fréquentes du type quotidien. Rechute en janvier. Premier accès le 21. P. præcox le 22 et 23. Apyrexie spontanée jusqu’au 28. Accès double-tierce à P. vivax le 28, 29 et 50.

Quinine le 50. Apyrexie. (Rieux.)

lierce + tropical, P. vivax + P. præcox, à intervalle séparé et rapproché. — Infection première en août 1912. D'abord accès tierces légers, à P. vivax, les 19, 21 ét 235 janvier 1913; quinine 1,60 en injection. Puis accès intermittents irréguliers à P. præcox du 2 au % février 41913; quinine À gramme. Apyrexie.

(Rieux.)

les schizontes et les gamètes de P. vivax. Au lieu de lierce ce peut être la quarte. |

2° Paludisme associé proprement dit ou mixte. — Ici les deux modalités de paludisme : tropical et tierce, se superposent. C’est le vrai paludisme associé. Quand l'infection mixte qu'il représente est encore récente, les malades se présentent avec une anémie profonde et une splénomégalie accentuée. La fièvre offre le type irrégulier du paludisme tropical pur. Le sang révèle en nombre parfois considérable les schizontes et les gamètes semi-lunaires de P. præcox, et à côté d’eux les schizontes et les gamètes de P. vivax. A cause de la gravité de l'infection, les malades sont généra-

H. VinxcenT et J. RIEUXx.

lement fortement quininisés. Si l'on suit ces malades et qu'on opère sur eux de fréquents examens du sang, on voit, avec l'amélioration de l'état général, disparaître les hématozoaires. Les schizontes et les gamètes de P. vivax dégénèrent et disparaissent les premiers. Les schizontes et ces gamèles de P. præcox persistent plus longtemps. C'est sans doute pour ces raisons d’inégale vitalité que la symbiose des deux espèces de Plasmodium

Décrire 1911

T. | Décembre 1911

16|17|18 19 | 20 21 be Sas

prochées. — Première infection en juillet 1911, au Maroc. Rechutes fréquentes.

Rechute le 16 décembre. Premier accès le 25, à P. præcox (schizontes + gamêtes). Deuxième accès le 19-20, type double-tierce, à P. vivax. Quinine le 2%. Apyrexie. (Rieux.)

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1 || LTAI NES CTTT) 39°? Bass FRBER NTI NT ï BSNIEN CRE ES 382 CITIN] BRAMREREES BÉESAELRE HRENTARE 2 ENARSEX 37: EASELDNE ERREUR + EE ER 36° LE Fa PET SR ce 39 TT Fig. 45. — Paiudisme mixte ou assoc'é, de , Fig. 46. — Paludisme mixte ou associé, trorechute, tropical + tierce, à P. præcoxæ + P. pical + tierce, à P. præcox et vivaxæ évovivax, à manifestalions séparées et rap- luant simullanément. — Infection pre-

mière en octobre 1911, au Maroc.

Rechute en décembre. Type fébrile pseudo-continu. P. vivax+P. præcox

dans tous’ les examens de sang. Quinime

par doses fractionnées de 0,25 toutes

les 6 heures à partir du 28 à midi. Apy-

rexie le 50. (Rieux.) -

sobserve si rarement dans le paludisme mixte en comparaison de leur SUCCeSSiON.

La même observation peut se faire dans le paludisme mixte de date ancienne. La fièvre est encore du type tropical, irrégulière, mais lattemte de l'organisme est moins profonde.

Enfin la même association se retrouve dans le paludisme chronique avec

cachexie ; nous y reviendrons à propos de cette forme spéciale de paludisme.

V. Paludisme pernicieux. — Le paludisme pernicieux est désigné le plus souvent sous le terme d° « accès pernicieux ». Il s'agit, en effet, d'accidents si graves « que la mort est imminente, et même presque certaine

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