DES POMMADES
M Boiidel, et qui, ayant plus de solidité que la graisse, communique au produit une consislance plus grande que celle qu'elle avait d'abord. Nous ne savons pas non plus quelle est la nature des corps qui se forment par la décomposition de la graisse par l'acide nitrique, ou par l'action secondaire de cet acide sur l'élaïdine. MM. Bussy et Lecanu ont trouvé que , parmi les produits de la réaction, se trouvait de l'acide oléïque et de l'acide margarique. Ne se fait-il pas plutôt l'acide élaïdique de M. Boudet ( fusible à 44 ), qui est le résultat ordinaire de la saponification et de la distillation de l'élaïdine. 11 se fait aussi une matière jaune que l'on peut séparer par l'alcool froid, mais elle est en très-petite quantité.
La pommade oxigénée contient de l'acide nitrique qui continue à agir sur la graisse en augmentant toujotirs de plus en plus sa consistance; en même temps la couleur jaune que la pommade a d'abord, se détruit peu à peu. Aussi, il est nécessaire de n'en préparer qu'une petite quantité à la fois.
La pommade oxigénée est employée contre la gale et les dartres.
ONGUENT NUTRITUM.
Pr. : Litharge porpliyrisée 3 parties.
Huile d'olives fine 9
Vinaigre très-fort 4
On met toutes ces matières sur un feu doux , dans une terrine vernissée , et Ton agite jusqu'à ce que la consistance soit celle d'un onguent mou.
La solidification est due à la combinaison de l'huile avec la litharge et elle augmente, avec le temps, à mesure que cette combinaison s'effectue sur une plus grande quantité de l'oxide. Aussi ne doit-on préparer l'onguent nutritum qu'à mesure du besoin.
On l'emploie comme cicatrisant.
318 DES GKRATS, POMMADES ET ONGUENS.
OXGUENS.
( Rétiuolcs. )
On nomme onguens des pommades composées de corps gras et résineux, dans lesquelles on ne fail pasenher de substances métalliques en combinaison.
On emploie souvent indifféremment les expressions de baumeseionguens. Celle dernière, dans sa véritable acception, devrait être réservée pour les médicamens destinés ù oindre la peau. Le mot baume serait réservé pour les pommades résineuses destinées k être appliquées sur des parties entamées ou près de l'être.
Ordinairement , pour préparer un onguent , on fait fondre ensemble les matières grasses et les matières résineuses ; on passe à travers un linge , pour séparer les impuretés , et l'on agite, au moyen d'un bislorlier, jusqu'à parfait refroidissement. On obtient, par cette manipulation, des onguens moins tenaces , et dans lesquels la résine est bien divisée.
Quelquefois on fait fondre certaines matières à part. C'est lorsqu'elles se liquéfient plus difficilement que les autres. Celte pratique trouve son application dans la préparation de l'onguent basilicum et de l'onguent de styrax.
Quand il entre dans la composition d'un onguent des substances odorantes ou volatiles, on ne les ajoute qu'à la fin. C'est ce que l'on doit surtout avoir soin de faire pour la térébentbine, le camphre et les huiles essentielles.
Quand on devra incorporer à un onguent quelque matière pulvérisée , on la prendra très-fine.
OUGUEJVT BASILICUM.
( Onguent de jjoix et de cire.)
Pr. : Poix noire ]
Cire jaune V ana 32
Colophane )
Huile d'olives . . , 128
Faites liquéfier ensemble la poix et la colophane ; ajoutez la cire et l'huile : quand le tout sera fondu , passez au-dessus
DES ONGUENS. 310
d'un morlier ou d'une terrine à fond convexe; agilez avec un bislorlier jusqu'à ce que l'onguenl soit simplement tiède ; versez-le dans des vaisseaux convenables.
On mettait dans cet emplâtre de la poix-résine; on lui a substitué la colophane. Elle n'a pas , comme la poix-résine, l'inconvénient de se tuméfier et de rendre la liquéfaction des autres matières plus difficile.
On préparait autrefois cet onguent en liquéfiant ensemble toutes les matières. M. Gay a conseillé, avec juste raison, de commencer par fondre d'abord la poix : il s'en dissout davantage. Quand on passe le produit, il reste, sur les parois de la bassine , une grande quantité de matière noire , qui est peu soluble dans l'huile, et qui paraît être formée de résine altérée et de charbon.
Cet onguent, comme presque toutes les préparations de ce genre, est employé comme excitant, pour hâter la cicatrisation des ulcères indolens.