‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 103 sur 355 · ONGUENT CONTRE LA TEIGNE · texte numérisé non relu

ONGUENT CONTRE LA TEIGNE

Pr. : Farine de froment 5 onces.

Vinaigre . o 40

Faites cuire en consistance de colle , ajoutez d'autre part:

Poix noire 4 onces

— résine 3

— blanche . 3

Faites liquéfier, passez ; mélangez à la pâte de farine et agitez jusqu'à refroidissement.

Cette préparation , autrefois très-employée, est presque inusitée maintenant. On en garnissait une calotte que l'on appliquait sur la tête et que l'on arrachait brusquement , opération qui faisait éprouver au patient les douleurs les plus vives.

DES EMPLATRES.

Les emplâtres, par leur composition , se rapprochent beaucoup des onguens; ils en diffèrent essentiellement par leur consistance; ils deviennent moins fluides par la chaleur, de telle sorte , que la température du corps les ramollit sans les faire couler, et qu'ils conservent la forme qu'on leur a donnée.

Relativement à leur composition , on divise les emplâtres en deux classes : ceux de la première ont une composition entièrement semblable à celle des onguens , dont ils ne diffèrent que par la plus forte proportion des matières solides. On les désigne sous la dénomination d'onguens solides et d'onguens emplâtres.

La deuxième série des emplâtres comprend tous ceux dont la base est un savon de plomb. Il est beaucoup de pharmacologisles qui n'appliquent qu'à ces derniers composés la dénomination d'emplâtres.

ONGUENS EMPLATRES.

(Rétinol^s. )

' La manière de préparer les e\i plâ!:ef de celle série diffère à 1. 21

322 DES EMPLATRES.

peine, cl souvent mùme ne diffère en rien de celle mise en usage dans la fabrication des onguens.

Le plus souvent on fait fondre ensemble toutes les matières : l'emplâtre de cire, celui de blanc de baleine en sont des exemples.

Quand il entre dans la composition des emplâtres de la térébentbine , on ne l'ajoute qu'à la fin , pour ne pas dissiper par la chaleur une partie de l'huile essentielle. Le principal inconvénient qui en résulterait serait d'avoir une masse emplastique d'une consistance trop ferme.

Après avoir liquéfié les matières grasses et résineuses , on y incorpore souvent différentes autres substances : celles-ci doivent toujours être parfaitement disposées au mélange : ainsi, les poudres auront la plus grande finesse, les extraits seront ramollis ; le mercure sera éteint ; le camphre sera dissous dans ,un peu d'huile; toutes ces matières devront être mêlées peu à peu. On fera tomber les poudres à travers le tissu d'un tamis Irès-lâche , et l'on agitera h mesure, afin de les diviser parfaitement dans la masse, et qu'elles n'y forment pas de grumeaux : leur quantité ne devra pas dépasser le huitième de la masse, sans quoi l'emplOtre n'aurait plus de liant, et il serait difficile de le malaxer.

Autrefois on ajoutait les gommes-résines aux onguens, après les avoir réduites en poudre. !I faut, si l'on veut conserver ce procédé , que l'emplûtre ne soit pas trop chaud , et faire tomber les gommes-résines en poussière au moyen d'un tamis, de manière à ce qu'elles restent très-divisées , et ne se grumèlent pas. Elles donnent presque toujours à l'emplâtre un aspect désagréable et une texture peu lisse, en y formant une grande quantité de petits points colorés : aussi, est-il préférable de les ajouter après les avoir dissoutes, et avoir après concentré la solution. Le vinaigre a été proposé comme dissolvant; mais ses propriétés comme tel ne sont pas très-efficaces, et on lui a substitué avec avantage l'alcool faible. On concasse les gommesrésines, on les fait dissoudre dans l'alcool à 22° à la chaleur du bain-marie; on passe la dissolution avec expression au travers d'un linge, et onl'évaporc en consistance d'extrait mou. C'est en cet étal qu'on incorpore les gommes-résines à l'emplâtre.

• DES EMPLATRES. 328

On peut remplacer l'alcool faible par un mélange d'eau et d'essence de térébenthine, ou même se contenter de diviser les gommes-résines par l'eau, en réalisant la condition d'évaporer jusqu'en consistance d'extrait mou ; on peut encore faire liquéfier les gommes-résines dans la térébenthine en ajoutant une petite quantité d'eau, ou avec les autres matières résineuses; tous ces procédés réussissent; mais les deux derniers sont d'une exécution difûcile quand on opère sur des masses un peu considérables de matières.

Le mélange de graisses, de résines et de cire qui constitue les onguens emplâtres peut présenter de grandes variations, mais elles ne sont pas toujours importantes. Il est tel emplâtre où ce mélange n'est qu'un excipient propre h recevoir la matière active et à la fixer sur un point quelconque du corps, par exemple, dans l'emplâtre vésicatoire, dans celui d'acétate de cuivre, et alors tout mélange, quelle que soit sa nature, pourvu qu'il ait une consistance convenable , serait également propre h être employé.

D'autres fois la nature de l'excipient n'est pas une chose indifférente : c'est quand il a par lui-même une action propre, comme dans l'emplâtre agglutinatif ou dans l'emplâtre fétide.

Toutes les matières qui font partie de l'excipient ne concourent pas également à lui donner de la solidité. Les résines sèches qui se ramollissent par la seuie chaleur de la main , donnent peu de consistance; les résines ou les gommes-résines qui contiennent de l'huile volatile, ramollissent plutôt qu'elles ne solidifient la composition ; mais l'huile essentielle sert de liant aux différens principes résineux et rend la masse plus agglutinative. La cire contribue à donner beaucoup de consistance aux mélanges emplasliques.

Toutes les matières qui entrent dans un emplâtre étant mélangées, on le laisse refroidir en grande partie, puis on le malaxe avec les mains mouillées , sur une table également mouillée, pour perfectionner le mélange et lisser le produit; on le divise ensuite en cylindres plus ou moins gros , que l'on nomme magdaléons.

Quand un emplâtre contient beaucoup de matières solubles dans l'eau , soit extractives , soit salines, on a la précaution de

524 DES lîMPLATRtlS.

le malaxer moins long-temps , et en faisant usage de la moindre quantité d'eau possible.

EMPLATRE DE CIRE.

Pr. : Cire jaune 3 pai'ties.

Suif de mouton 3

Poix blanche 1

EMPLATRE DE MUCILAGE.

Pr. : Huile de mucilage 8 onces.

Résine de pin 3

Térébenthine 1

Cire jaune 2 livres.

Comme ammoniaque 1 once.

Opopanax I once.

Safran en poudre ....... 2 gros 1/2

On fait liquéfier sur un feu doux l'huile et les résines; on passe; on ajoute la cire que l'on fait fondre à son tour ; on incorpore les gommes-résines , dissoutes à la manière ordinaire , et amenées en consistance d'extrait, et à la fin on ajoute le safran.

Page 1