DOUCHES
Les douches sont des liquides que l'on fait arriver d'une certaine distance sur quelques parties du corps. Tantôt le liquide est réuni en une seule colonne et tantôt il se divise en pluie. On nomme douches descendantes celles qui tombent
d'une hauteur plus ou moins grande; douches ascendantes celles qui , partant d'un point peu élevé , s'élèvent en colonne jusqu'à la partie qui doit être soumise à leur action. Enûn, quelquefois on les promène , à l'aide de tuyaux flexibles , sur une surface étendue.
Les liquides qui servent à la préparation des douches peuvent être de natures très-différentes.
Les fumigations sont des expansions de gaz ou de vapeurs destinées à opérer un effet médical ; quant à leur usage, elles sont de deux sortes ; les unes sont destinées à agir sur l'air pour corriger ou masquer quelque propriété ; les autres sont destinées à produire un effet médicamenteux sur le corps ou sur quelque partie malade.
Quand les fumigations agissent sur l'air , c'est tantôt pour détruire des miasmes organiques qui lui donnent des propriétés délétères : telle est l'action des fumigations de chlore ou d'acide nitreux ( voyez ces mots ); tantôt elles sont employées seulement à masquer quelque mauvaise odeur. Celles que l'on emploie le plus ordinairement pour produire ce dernier effet , sont produites par la combustion du sucre , des résines, du café, du succin , des baies de genièvre, etc. Les vapeurs qui résultent de la décomposition de ces substances se répandent dans l'atmosphère , et masquent par leur odeur plus forte l'odeur plus faible qui s'y trouvait répandue. En môme temps elles le chargent de nouveaux principes qui altèrent sa pureté, bien loin de le rendre plus propre à être respiré.
La nature des fumigations médicinales est variable; elles sont constituées par des gaz ou par des vapeurs.
Les gaz sont le chlore , l'acide sulfureux, l'ammoniaque ; les vapeurs sont sèches , aqueuses, alcooliques ou éthérées.
Parmi les vapeurs sèches , nous citerons celles qui résultent de la décomposition par le feu des résines, du benjoin, des bais de genièvre. On peut encore rapporter à celte classe le mélange d'acide sulfureux, de sulfure de mercure, et de mer-
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cure , que l'on obtient en exposant le cinnabre à raction décomposante d'une plaque de fer chauffée et au contact de l'air.
Les vapeurs aqueuses sont constituées par la vapeur d'eau employée seule à une température plus ou moins élevée , ou par le mélange de la vapeur d'eau avec des matières volatiles .-telles sont les fumigations que fournissent les plantes aromatiques.
L'alcool seul ou chargé de parties volatiles est aussi employé en fumigations; on fait plus rarement usage de fumigations éthérées.
Quand toute la surface du corps doit être soumise à l'effet de la fumigation, on place le malade dans une chambre où l'on fait arriver la vapeur, à moins que celle-ci ne soit dangereuse à respirer , auquel cas le malade doit être placé dans un appareil clos disposé de manière à ce que la tête reste au dehors. On sait que l'on fait des fumigations de ce genre, mais moins parfaites, en mettant dans une bassinoire les matières qui doivent produire les vapeurs et en promenant celte bassinoire dans le lit du malade.
Les fumigations partielles sont plus faciles à faire; il suffit d'exposer la partie malade au-dessus du vase où les vapeurs se produisent.
Les fumigations destinées à l'organe pulmonaire sont d'une haute importance pour la médecine; l'eau en est toujours la base, mais on y associe divers corps susceptibles de se vaporiser et qui se mêlent en proportion plus ou moins grande à la vapeur aqueuse. On fait des fumigations de cette sorte avec le lait, des teintures alcooliques ou éthérées, le chlore, des infusions végétales, etc.
L'appareil le plus simple et le plus convenable est celui-ci : On prend un flacon à 2 tubulures; on introduit dans l'une d'elles un tube courbé à angle droit dont la branche la plus courte est adaptée dans la tubulure du flacon au moyen d'un bouchon, et dont l'autre branche horizontale phis longue, est légèrement applali-î à son extrémité , de manière à donner au tube une forme oblongae qui soit plus commode à tenir pressée'entre les lèvres; la seconde tubulure du flacon porte un tube droit qui entre à froUenionl nu moyen d'un bouchon , et qui pénètre
jusque près du fond du flacon : on met dans celui-ci le liquide qui doit fournir les vapeurs; il doit former une couche assez épaisse pour recouvrir au moins re\(rémilé inférieure du tube droit; on adapte celui-ci et l'on fait aspirer le malade par l'extrémité applalie du tube recourbé; l'expiration doit au contraire se faire parle nez.
Le mécanisme de ce procédé fumigatoire est très-simple; à mesure que le malade aspire, il diminue la pression intéricuiie; l'air alors refoule le liquide dans le tube droit et il pénètre dans l'intérieur du flacon en traversant le liquide et en se chargeant par conséquent de vapeur d'eau , mêlée à la vapeur médicamenteuse.
La température du liquide ne peut être indiquée d'une manière absolue; elle doit être réglée suivant la susceptibilité du malade ; on commence h 30 degrés ; on élève la chaleur successivement à 50 degrés et plus ; l'air est chargé d'une proportion d'autant plus grande de vapeurs aqueuse et médicinale que la chaleur du liquide est plus forte. On entrelient la tempéraliireà peii près constante en tenant le flacon dans un vase plein d'eau chaude; on peut même, au moyen d'une petite lampe, élever à volonté la chaleur pendant la fumigation même ; mais dans ce cas l'opération doit marcher sur les indications d'un thermomètre , pour ne pas dépasser le terme convenable.
ESPÈCES ODORrFÉRANTES DITES POT POURRI.
Pr. : Racines d'angélique. . . .
— acoius vrai. . . .
— aimée
— gaianga
— giugtiiibre
— impératoirc
— iris de Florence valériane
— valériane \
Bois de sassafras / '"'"^ ^ parties.
santal citrin
— rliodes
Ecorce de cannelle..
— ca.scarillc .
— Aviiitcr....
Feuilles de laurier. . .
Sommités d'absinthe
DES FDMIGAtlONS.
Soininitt's de basilic
— «alament
— h) .ssope
— marjolaine
— matricaire
— IlK'Iilot
— menthe poivrée..
— — coq
— origan
— romarin
— rue
— sauge \
— serpolet ) ana 2 parties.
— tanaisie
— thym
Fleurs de camomille romaine..
Fruits d'anis
— coi'iandre
— cumin
— fenouil
— genièvre
Zestes d'oranges
— citrons
Girofles
Fleurs de lavande 6
Roses de Provins 4
Sel marin 6
Sel ammoniac l
Carbonate de potasse 1
Eau 2
On divise à peu près également toutes les substances végétales, les bois par la râpe, les écorces, les fruits, une partie des racines par le pilon , et les autres , ainsi que les plantes par le couteau ; on môle bien exactement toutes les matières entre elles , puis avec les matières salines; on les place dans un pot , et on les arrose avec l'eau ; on couvre le pot.
Au bout de quelque temps l'odeur propre à toutes ces matières se fond au point de donner un mélange aromatique d'une odeur agréable , où il serait difficile de reconnaître celle des composans; les sels servent à la conservation de la matière ; mais le carbonate de potasse et le sel ammoniac ont en outre pour effet de produire de l'ammoniaque qui donne du montant à la composition : on entretient celle-ci dans un état de moiteur,
à peu près comme du tabac ; elle peut se conserver plusieurs années.
Le pot pourri est employé pour parfumer les appartemens ; on le place dans de petits vases fermés avec un couvercle percé de petits trous.