‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 126 sur 355 · ACONIT · texte numérisé non relu

ACONIT

( Àconitiim napellus. )

Nous connaissons mal encore la composition chimique de l'aconit. Dès 1808 Sleinacher attribua les propriétés énergiques de l'aconit à un principe volatil. M. Braconnot, dans son travail général sur les renonculacées , reconnut dans cette plante une matière acre analogue à celle des autres renonculacées. M. Yauquelin obtint les mêmes résultats, et Bucholz, dans le cours de son travail sur la même plante fut, à plusieurs reprises , vivement incommodé par les émanations de cette matière. La présence d'un principe acre volatil dans l'aconit est donc bien constatée , bien que les propriétés de ce principe nous soient encore à peine connues.

Brandes a annoncé dans l'aconit la présence d'un alcali végétal et non volalilisable, et depuis, MM. Geiger et Hesse sont arrivés à la même conclusion. L'aconiline est suivant eux une base alcaline végétale très-vénéneuse. Elle ne cristallise pas ; mais elle se présente sous la forme d'une masse incolore et transparente ; elle n'a pas d'odeur ; sa saveur est amère sans âcreté ; elle n'est pas volatile ; elle a peu de solubilité dans l'eau , mais elle se dissout bien dans l'éther et surtout dans l'alcool; elle forme des sels incristallisables. Ces observations appellent une nouvelle étude de la composition chimique de l'aconit. Voici les résultats trouvés par Bucholz :

Albumine , Cire verte ,

DES RENONCULACÉES. 367

Extrait brun amer , Acide acétique et malique , Gomme, Quelques sels.

' RÉCOLTE ET DESSICCATIOIV.

On assure que l'aconit des montagnes est plus actif que celui qui est cultivé dans nos jardins. On dit que cette plante conserve ses propriétés par la dessiccation ; d'autres pensent que comme les autres renonculacées elle a perdu alors toute son énergie. Ce sont des questions controversées, et pour la décision desquelles les expériences manquent.

EXTRAIT d'aconit.

Storck qui a mis cet extrait en vogue, le préparait par sa méthode ordinaire. Il vaut mieux avoir recours au procédé du Codex, qui consiste dans l'évaporation à l'étuve du suc trouble de l'aconit. L'extrait d'aconit est un médicament très-variable dans ses effets, parce qu'il est impossible de ne pas dissiper une partie de la matière acre volatile , et qu'on ne peut ajtprécier avec exactitude â combien s'est élevée la dissipation de ce principe actif.

Si on essaie de faire chauffer davantage le suc pour dissiper entièrement la matière acre, comme, par exemple, si l'on clarifie le suc par la chaleur, alors les propriétés de l'extrait sont entièrement dissipées sans que l'on sache par quelle sorte d'altération ou de combinaison nouvelle la matière fixe a pu se trouver annulée dans ses effets.

On prépare avec l'aconit et l'alcool à 22 un extrait que l'on n'a pas essayé médicalement, comparativement à l'extrait provenant du suc : une livre de feuilles sèches d'aconit donne 3 onces 1/2 d'extrait.

M. Lombard , de Genève , a donné le procédé suivant de préparation, qui fournit, suivant lui un médicament très-actif. On coagule le suc d'aconit par une légère ébuUition, on le passe et on l'évaporé au bain-marie jusqu'en consistance d'extrait;

on reprend celui-ci par l'alcool el on évapore de nouveau à une basse tempérai are.

L'extrait d'aconit est prescrit surtout contre les affections rhumatismales et nerveuses. On commence par 1/2 grain à 1 grain , mais on peut bientôt en élever la dose beaucoup plus haut.

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