ACÉTATE DE MORPHINE
On prépare ce sel en ajoutant de la morphine à de l'acide acétique à 3", et laissant un excès d'acide. On évapore à siccité à une douce chaleur. L'acétate de morphine pur est fort difficile à obtenir ; si l'on abandonne h l'évaporation spontanée dans une étuve une solution de ce sel , il se change en un mélange de morphine, d'acétate neutre et d'acétate acide de morphine ; le même effet a lieu par l'évaporation à une chaleur ménagée. Aussi l'acétate de morphine est-il toujours incomplètement soluble dans l'eau; au moment de le dissoudre, on y ajoute quelques gouttes d'acide acétique.
Une dissolution alcoolique d'acétate de morphine, suivant l'observation de M. Dublanc, se partage même peu à peu en morphine qui cristallise et en acétate acide qui reste dissout.
Pendant l'évaporation de l'acéiate de morphine, la liqueur
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se colore beaucoup cl le sel a toujours une teinte grisâtre. Cet effet est bien plus marqué si l'on s'est servi de morphine qui retient de la matière colorante.
SIROP d'acétate de morphine.
Pr, : Sirop de sucre blanc 1 once.
Acétate de morphine 1 grain.
On dissout l'acétate de morphine dans une très-petite quantité d'eau acidulée par l'acide acétique; on môle la solution au sirop et l'on filtre.
M. Magendie ne fait entrer qu'un quart de grain d'acétate par once de sirop.
SOLUTION d'acétate DE MORPHINE.
Pr. : Acétate de morphine 10 grains.
Eau distillée 1 once.
Alcool rectifié 1 gros.
On dissout l'acétate à la faveur de quelques gouttes d'acide acétique. Cette solution s'emploie par gouttes , pour remplacer le laudanum liquide (Magendie).
préparations PHARMACEUTIQUES DONT L'OPIUM EST LA BASE.
Malgré les nombreux travaux chimiques qui ont été faits sur l'opium , il règne encore une assez grande incertitude sur la composition de ce corps pour qu'on ne puisse qu'avec beaucoup de discrétion, les faire servir à éclairer les préparations plus spécialement pharmaceutiques dont l'opium est la base. Il est hors de doute que la morphine est l'agent principal des effets médicamenteux de l'opium; mais nous ne savons pas aussi positivement si la narcotine et la codéine concourent à ces effets; la méconine, la narcotine, la thébaïne, qui dans l'état d'isolement sont sans action , peuvent peut-être en avoir une quand elles sont mélangées aux autres principes ; on peut douter d'ailleurs que toutes les matières que les chimistes ont retirées de l'opium y existent réellement , et l'on peut se
demander si quelques-unes d'entre elles ne se sont pas formées sous l'influence des agens qui ont servi à les extraire.
Cependant il est dans les préparations d'opium quelques faits bien observés dont on peut tirer parti ; car s'ils ne servent pas d'une manière absolue à faire connaître les modifications que l'opium a pu subir dans ses propriétés , en revêtant telle ou telle forme pharmaceutique, au moins peuvent-elles jeter quelques lumières sur ce sujet. Ce sont seulement ces observalions principales dont nous ferons usage dans ce qui va suivre.