‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 216 sur 355 · HUILE DE NOIX · texte numérisé non relu

HUILE DE NOIX

On se sert en médecine de l'huile de noix du commerce. Elle est plus acre que celle qui s'obtient sans chaleur; mais elle est employée comme purgative en lavemens , dans l'apoplexie et surtout dans le traitement de la colique des peintres. Elle possède une propriété purgative que l'huile douce ne posséderait pas au même degré.

TERÉBINTHACÉES.

La fiimille des lérôbinthacées est remarquable par le grand nombre de plantes qui fournissent aux arts et ci la médecine des matières résineuses. Ce lait semble annoncer une grande similitude entre les dilîérens produits de celte famille; et, sous ce point de vue, elle présente en effet beaucoup d'analogie entre les espèces botaniques et les produits immédiats. Cependant nous verrons que certaines exceptions ne peuvent se lier à ce système général d'uniformité. Les principaux produits résineux fournis par la fami:!e des lérébinlhacées sont :

Le baume de la Mecque. [lialsamodendrum gileadense et opobahamum.)

La térébenthine de Chio. [Pistacia terehinlkus.)

Le mastic. {Pistacia leuiiscus et allanlka.)

Le baume aracouchi. [Tcka heterophijlla.)

La résine élemi, [Amyris phimerii.)

d'Icica. [Icica icicariba.)

L'encens de l'Inde. [Boswélià sèrrala.)

Lq myrrhe. {Balsamodendrumkalaf et myrrha.) /

TÉRÉBINTHACÉES. 483

La gomme rouge de Sl-Domingue. [îixirsera balsamifera.) La gomme chibou des Antilles. [Bursera gummifera.) Dans les térébinthacécs , le bois , l'écorce et les feuilles sont souvent imprégnées d'un suc résineux, uni à une plus ou moins grande quantité d'huile volatile. Les bois des Icica . des Canarium, des Âmyris, sonCpour cette raison employés comme parfums. Les bûchettes du Salsamodendrum gileadense entrent dans la thériaque sous le nom de Xylobalsamum.

Dans un assez grand nombre d'espèces , au contraire, les feuilles et l'écorce sont akringentes : c'est comme telles que l'on emploie en teinture les sommités du sumac commun {Rhus coriaria), qu'aux Etals-Unis on fait servir au mf^me usage les feuilles du R. striatum , et aux Antilles celles du R. metopium. Vécorœ du. Bruce a antidyssenterica d'Ahjssune est célèbre par ses propriétés astringentes; on emploie autannage celles des R. glabrum et typhiimm, du Schinnus terebsnthifera, du Spondias mangifera et des Comocladia. Aux Etats- Unis l'on se sert comme fébrifuge de l'écorce des R. cotinus et glabrum.

Un assez grand nombre de fruits, dans la famille des térébin- Ihacées, ont une saveur acide et sucrée. Les mangues {Mangifera indica) sont comestibles dans l'Inde ; on mange dans le Levant les fruits des Pistacia terebinthus , lentiscus et atlantica : il en est de môme des fruits du Spondias dulcis , arbre de Cythère , des îles de la Société ; dnS.purpurea, Mombin, prunes d'Espagne, des Antilles ; du S. lutea , prunes d'Amérique , Mombin et Hobo. L'acidité est très-développée dans les fruits du Schinus molle et dans le Sumac , qui en a reçu le nom de Vinaigrier. M. Lassaigneya reconnu l'acide malique,etTromm.sdorf s'est assuré qu'il y est uni au tannin, et qu'on peut l'extraire cristallisé avec beaucoup de facilité.

Dans beaucoup d'espèces de cette famille , la pulpe est moins abondante, et elle a plutôt de l'astringence et de lûcreté. Cette différence est surtout très-prononcée dans la noix d'acajou [Ânacardium occidentale) eidiins\nnoixd'aLUixcairde{Semecarpus anacardium). On trouve dans le péricarpe une matière rési- •neuse noire très-âcre , même vésicante et que l'on a conseillé

(l'employer comme telle pour établir une dérivalion énergique Il la peau.

On mange les semences de plusieurs térébinlhacées. Celles du Pistachier {Pistacia vera) sont employées dans nos climats. A la Cochinchine , on mange celles du Pistacia oleosa; aux Moluques celles du Canarium commune sous le nom de noix de Canarie ; en Amérique celles des noix d'acajou. Dans le Levant on retire une huile h brûler de la graine du Pistacia lentiscus.

Quelques térébinlhacées présentent une anomalie remarquable ; c'est la propriété délétère des espèces appartenant au genre Rhus. Elle s'exhale dans l'air en émanations malfaisantes et elle se dissipe par la dessiccation ou parlacoclion de ces plantes. Yan Mons a reconnu que ces plantes exhalent à l'ombre du gaz hydrogène carboné chargé d'un miasme ; mais quel est ce miasme?

Le même caractère d'âcreté se retrouve très-développé dans ïAmyris toxiferti de la Caroline. On le retrouve encore dans les Comoclaclia dentata et integrifolia de Saint-Domingue. L'Aylantus glandulosa paraît avoir des propriétés analogues ; une ûcrelé remarquable se rencontre encore dans le Cneorum tricoccon, petit arbuste du Midi, à feuilles purgatives ; et dans le Toddalia aculeata de l'île Maurice.

^ La laclescence du suc des rhus y annonce la présence d'une matière résineuse et il s'y trouve en outre un principe qui devient noir à l'air, qui est insoluble, et qui tache les étoffes d'une manière indélébile. Ce même caractère a été observé dans le suc des Comocladia, dans le suc du Rhus vernicifera du Japon, du Melanorrhea usitala de Népaul , dont le suc noir et brillant donne un beau vernis, suivant Wallich.

Cette propriété n'est pas générale , car le Rhus copalUnum fournit une résine que l'on a prise pour la gomme Copale , et le R. metopiumih la Jamaïque , donne aussi une résine incolore , nommée dans le pays gomme du Docteur.

LES TÉRÉBINTHACÉES. 48Î

IIHUS IIADIGANS.

Van Motis , qui est le seul chimiste qui se soit occupé de l'analyse du rlius radicans , y a trouvé .*

Du tannin , De l'acide acétique, Un peu de gomme , — de résine , Delà chlorophylle, Un principe hydrocarboné.

La matière hydrocarbonée serait, suivant cet observateur, la partie qui représenterait les propriétés acres de la plante. C'est un principe fugace qui se sépare pendant la vie même de la plante et que la dessiccation et la chaleur doivent dissiper en partie.

Van Mons ne fait pas mention d'une matière qui existe dans les feuilles du Rhus et qui devient noire h l'air; l'acide nitrique ou le chlore la font également passer au noir , peut-être par un phénomène d'oxidalion de quelque matière colorante. Le suc exprimé se couvre à l'air de pellicules formées par la même altération. Il paraît qu'elle cesse de se manifester dans la plante sèche.

L'emploi médical du rhus radicans est fort difficile à régler , ce qui paraît dépendre surtout de l'altération que le suc de cette plante éprouve par le seul effet de la dessiccation et de la chaleur. Il est certain qu'aucune des préparations que l'on obtient dans l'une des deux circonstances précédentes ne représente l'action vénéneuse de la plante vivante. Ces préparations ont été vantées contre les paralysies et les dartres.

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