POUDRE TONQUIN
Pr. : Musc 16
Poudre de valériane 24
Camphre...., 8
Cette poudre contient le 1/3 de son poids de musc. On l'emploie comme anli-spasmodique contre l'hystérie , l'épilepsie.
DES ÉLECTUAIRES. 285
POUDHE DE VERNIX.
Pr. : Sulfate de zinc
— cuivre
— alumine et potasse. \ ana P. E*
Céruse
Terre sigi'léc
On fait fondre les trois sulfates dans leur eau de cristallisalion ; on les coule dans un mortier et on les pulvérise ; on ajoute alors les autres substances.
La poudre de Vernix est employée comme astringente à l'extérieur pour arrêter le sang.
POUDRE ASTRINGEXTE.
Pr. : Racine de bistorte 48
— Tormen tille 48
Fleurs de grenadier , . . . . 24
Semences de berberis 24
Cachou 24
Mastic en larmes 2'i
Sangdragon 24
Succin 18
Bol d'Arménie préparé 18
Terre sigillée préparée 18
Corail rouge 18
Extrait d'opium 1
Cette poudre est employée à la dose de douze grains à 1 gros comme astringente.
ÉLECTUAIRES
On désigne sous les dénominations communes d'électuaires, confections, opiats , des médicamens d'une consistance de pâte molle , composés de poudres délayées dans un sirop simple ou composé préparé soit avec le sucre , soit avec le miel. On y fait entrer aussi des pulpes , des extraits , des sels , etc.
DES ËLGCTUAIRES.
Le principal avantage des élecluaires est de rendre moins pénible l'administra-liôn des poudres , en les unissant à un excipient qui en rapproche les particules en en formant un tout moins volumineux et plus cohérent.
Ces compositions , que l'on qualifle tous les jours d'indigestes et de chaos, n'étaient pas, comme ou se l'imagine généralement , le produit d'un mélange arbitraire : elles exigeaient de celui qui les inventait un travail attentif et une connaissance exacte de la thérapeutique médicale de l'époque. Les anciens étaient persuadés que les substances médicinales jouissent chacune de propriétés curatives absolues ; l'action qu'exercent ces corps sur nos organes, n'était considérée par eux que comme un accessoire jamais utile et presque toujours nuisible. D'après cette idée, après avoir fait entrer dans un électuaire une matière médicamenteuse, il fallait par une ou plusieurs autres, détruire l'effet que la première produisait, indépendamment de sa propriété curative ; de sorte qu'à mesure que les bases d'un électuaire étaient plus nombreuses , les correctifs se multipliaient à leur tour, et leur nombre s'accroissait d'autant plus que l'on s'attendait h voir sortir de ce mélange de médicamens simples, jouissant tous de la faculté de guérir une ou plusieurs maladies, quelque propriété nouvelle qu'aucun médicament simple ne pouvait posséder.
Certains médicamens administrés seuls, manquaient de l'énergie nécessaire pour atteindre le but que se proposait le médecin. On aidait à leur action par quelque autre corps qui pût la faciliter. Ainsi le polypode était l'auxiliaire de la scammonée ; il incisait les viscosités, que la scammonée expulsait ensuite. On ajoutait aux drastiques des médicamens Acres qui attiraient les humeurs des parties éloignées du corps, et les Ulivraienl à l'action expulsante des purgatifs , etc.
Telles étaient les causes delà haute opinion que les anciens avaient des électuaires. Les noms dont on les décorait annonçaient assez la valeur qui leur était accordée. Ainsi, l'on avait des électuaires sacrés , un orviétan prœstantius , un électuaire universel, un électuaire bénit. La thériaque reçut son nom par antiphrase ( ençtov, bêle venimeuse ) , pour témoigner de son excellence contre tous les venins.
DES ÉLECTUAIRES. 287
La plupart de ces médicameiis ont été rejelés de la matière médicale. Quelques-uns oui survécu , parce qu'ils sont doués de propriétés énergiques bien apurées (jne l'on retrouverait difficilement dans les médicamens simples.
Les dénominations d'élecluaires , confections , opiats , sont presque toujours employées indistinctement. Cependant, dans l'usage habituel , on applique plus généralement celle d'opial aux élecluaires magistraux. Les anciens réservaient ce nom à Ceux de ces médicamens dans lesquels ils laisaient entrer de Topium. Le Codex de Paris l'a conservé, en l'appliquant comme adjectif aux élecluaires ou confections : ainsi , il dit électuaire, opiatou confection opiate d'un électuaire dont l'opium est un des ingrédiens.
On a divisé les élecluaires en mous et solides. Les premiers sont des tablettes composées, et n'appartiennent pas au genre de médicamens qui nous occupe en ce moment.
Il est des règles générales auxquelles on doit s'astreindre dans la préparation des élecluaires , si l'on veut obtenir ces médicamens dans un étal convenable :
1<* Il faul faire une poudre composée de toutes les matières qui doivent être pulvérisées. On se conforme aux règles que nous avons données en parlant de la pulvérisation et des poudres composées ;
2^* Quand il entre dans un électuaire des gommes-résines mollasses, et qu'en même temps il s'y trouve un excipient propre à les dissoudre , cette dissolution doit être faite. Dans le cas contraire , on divise ces matières à la faveur des autres poudres. La méthode de dissolution devrait toujours être employée : elle est bien préférable en cela qu'en s'y conformant, l'on est certain d'avoir les matières dans un élat de division convenable ;
3<* Les extraits doivent être ramollis. On dissout dans l'eau ceux qui sont secs, et l'on concentre la dissolution ;
4° Suivant la remarque judicieuse de M. Deyeux, on doit employer à la préparation des élecluaires des miels lisses et des cassonnades grasses. Il faut éviter les miels grenus et les sucres bien cristallins; ils sont tous deux trop sujets à cristalliser, et par «ek même, ils défendent moins bien l'élecluaire de toute dé-
288 DES ÉLECTUAIRES.
composition. Les Arabes, qui accordaient une grande confiance à ces sortes de médicamens , avaient la sage précaution d'employer le sucre, quand les élecluaires contenaient des pulpes ; ils diminuaient d'autant la tendance à la fermentation; ils réservaient le miel pour les électuaires formés de poudres qui , par leur nature même , sont moins altérables ;
5" Les sirops simples ou composés qui entrent dans les électuaires doivent être portés au-delà de la consistance ordinaire : on suivra , pour leur préparation , toutes les règles que nécessitent les matières qui entrent dans leur composition , et qui ont déjà été exposées en traitant des sirops ;
C° Toutes les matières étant disposées , il ne s'agit plus que d'en faire le mélange. Les solutions d'extraits et de gommesrésines sont d'abord mêlées ensemble. On incorpore le tout au miel ou au sirop, si l'un d'eux seulement sert d'excipient, et à leur mélange , s'ils entrent tous deux dans la composition de l'électuaire. Le sirop doit être encore chaud ; mais il ne doit pas l'être assez pour ramollir et grumeler les substances résineuses. Les poudres sont ajoutées à la (in et peu à peu , en les faisant tomber à travers un tarais à tissu peu serré , et en agitant à mesure jusqu'à ce que leur incorporation soit complète.
On ajoute les huiles essentielles réduites en élœo-saccharum tout-à-fait à la fin.
Ainsi préparé , un électuaire doit être homogène , et sa consistance être celle d'une térébenthine ; il prend peu à peu plus de consistance à mesure que les poudres se gonflent.
Les terres inertes ne sont pas tout à fait inutiles ; elles servent à tenir divisées les autres substances; elles s'opposent à l'agglomération de certaines parties qui ont de la tendance à se réunir , et qui , par là , détruiraient l'uniformité de la masse.
Toutes les poudres n'absorbent pas la même quantité de sirop pour prendre une consistance convenable; celle des plantes entières , des bois , des écorces , des fleurs , absorbent trois parties de sirop pour se réduire en opiat. Immédiatement après le mélange , la pûle paraît trop liquide ; mais bientôt les poudres se gonflent , absorbent le sirop , et l'électuaire a la consistance requise.
Les gommes-résines demandent, à peu de chose près, leur
DKS ÉLECTUAIRES. 289
poids de sirop : il en faut un peu moins pour les résines sèches. Les malières minérales , comme la pierre hémalile , le sulfure d'antimoine, la limaille de fer, etc., absorbent la moitié de leur poids de sirop. La plupart des sels neutres en exigent autant; les sels déliquescens n'en prennent presque pas.
Ces observations trouvent une application avantageuse dans la prescription des opiats où l'on fait entrer des matières qui sont sans action chimique les unes sur les autres. Dans le cas contraire elles ne présenteraient souvent que de fausses indications. Ainsi dans l'opiat mésentérique le fer s'oxide, et durcit considérablement le composé, par plusieurs causes; d'abord , parce qu'une partie d'eau est décomposée, et sert à l'oxidalion du fer; ensuite, parce qu'une autre portion d'eau reste en combinaison avec l'oxide formé ; et enlîn , parce que celoxide, formant une poudre beaucoup plus ténue que le métal qui lui a donné naissance , exige , par cela même , une plus grande quantité de liquide pour prendre la consistance d'électuaire.
Tous les électuaires éprouvent de l'altération peu de temps après qu'ils ont été préparés. La décomposition n'est pas simultanée dans tous les élémens qui y sont réunis. Les matières sucrées et mucilagineuses , les pulpes , fermentent plus tôt que les matières extractives ; il se forme certainement pendant cette réaction spontanée des composés nouveaux. L'analyse chimique a porté peu de lumières sur les phénomènes qui accompagnent ces altérations , et sur les produits qui en résultent. La composition des électuaires est trop compliquée , pour que de long-temps on puisse espérer connaître d'une manière précise ce qui se passe pendant ces fermentations. Il est cependant quelques résultats que l'on peut prévoir, Ainsi, dans la Ihériaque , le colcothar et la terre sigillée précipitent en noir le tannin des végétaux ; ce tannin rend les substances animales imputrescibles. Les principes sucrés dégagent de l'acide carbonique , qui boursouffle la masse.
Suivant M. Guilbert, la Ihériaque très-ancienne contiendrait la même proportion de miel que la thériaque faite depuis un h deux mois ; ce fait paraît bien difficile à admettre : il serait 1. j9
290 DES ÉLECTUAIRES.
par trop extraordinaire que la fermenlalion ne portât pas son action sur le miel , substance éminemment fermentescible.
Les élecluaires qui renferment beaucoup de matières mucilagineuses et pulpeuses se détruisent complètement dans l'espace de quelques années : tels sont le lénilif, le diaprun, le diaphœnix. Le catholicon , quoique très-chargé de pulpes , se conserve pendant un temps fort long; il paraîtrait que cela tient, en grande partie, à une circonstance particulière de sa composition: les semences froides qui font partie de cet élecluaire sont réduites en pulpe très-fine ; une partie de l'huile se sépare ; et forme, à la surface , une sorte de vernis qui garantit le reste de la masse du contact de l'air.
Quand il entre dans un électuaire beaucoup de substances aromatiques, salines, résineuses ou extraclives, il est beaucoup plus durable : tels sont la thériaque , la confection d'hyacinthe.
Le Codex divise les électuaires en trois classes , 1" les élecluaires altérans ; 2<» les électuaires purgatifs ; 3" les électuaires opiats.
ËLECTUAIBE DE SAFR4IV COMPOSÉ-
(Confection d'hyacinthe.)
Pr. : Terre sigillée préparée \
Pierresd'écrevisscsporphyrisées. / ^"^ * *''**^^'*
Cannelle 1 3 gros.
Dictanie de Crête 1
Santal citrin | '"* * ï/2
Myrrhe , 2
F. S. A. une poudre composée.
D'autre part :
Pr. : Miel j
Sirop di' capillaire l ana 8 onces.
Surre )
Ajoutez s. q. d'eau pour faire un sirop ; quand il sera à moitié refroidi , incorjjorez-y :
Safran eu poudie j
Santal citrin en pondre I '"'"^ ^'"^ ""'^*'
DES KLECTUAIRES. 291
Ajoutez le reste des poudres , et aromatisez avec un elaeosaccharum de citrons.
On a supprimé, dans cet électuaire, les hyacinthes qui sont sans vertus. On a remplacé le sirop de limons par le sirop de capillaire , qui ne décompose pas les pierres d'écrevisses , et n'altère pas leur propriété absorbante.
On a ajouté le santal citrin, parce que la couleur du safran pûlit avec le temps , et que celle de l'électuaire se trouverait changée.
Cette formule est celle du Codex. Elle a beaucoup varié jusqu'à ce jour et n'est pas encore adoptée par tout le monde. La confection d'hyacinthe est un médicament peu employé maintenant ; on s'en sert comme stomachique et absorbant à la dose de un à quelques gros.
. ËLECTVAIRE DE RHUB4RUE COMPOSÉ.
f Citholicon double. )
Pr. : Racines de polypode 8 onces.
— de chicorée 2
Réglisse 1
Feuilles d'aigremoine Scolopendre
an a
Fruit de fenouil » 6 gros.
Faites infuser, et, dans ce cas , ajoutez en même temps le fenouil. Mieux vaudrait le pulvériser et l'incorporer avec les autres poudres.
Pr. : Infusum précédent. la totalité.
Sucre 4 livres.
Faites un sirop très-cuit , avec lequel vous délaierez peu à peu.
Pulpe de tamarins j
„ / .. , > ana 4 onces.
Extrait de casse ]
Incorporez les poudres de :
Rhubarbe \ ,
^, . } ana 4 onces.
Séné '
292 DES ÉLFXTUAIRES.
Ri^glissc 1
Semences do violettes 2
— froides 1
Fenouil » 1/2
Cet élecluaire est encore employé comme purgatif en lavemens , à la dose de 2 onces.
Opiat luésenthérique.
Pr. : Gomme ammoniaque 1 once. '
Séné 1 4 gros.
Mercure doux \
Racine d'arum > ana » 4
Aloès J
Poudre cornacliine
Rhubarbe
Limaille de fer porpbyrisée. . . ^ 1
Sirop de pommes composé... S. Q.
Cet élecluaire est maintenant presque entièrement abandonné. Il purge à la dose de 1 à 2 gros.