‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 116 sur 451 · POUR L'USAGE EXTERNE · texte numérisé non relu

POUR L'USAGE EXTERNE

len0DES CÉRATS, POMMADES ET ONGUENTS.

Les cérats, les pommades et les onguents, sont des médicaments, destinés! àl’usage externe, dont la base est une matière grasse-owrésineuse, et dont, la composition est, du reste, très variable. Le Codex les a divisés en trois sections. |

La première comprend les cérats ou Élæocérolés qui sont formés d'huile et de cire; et qui contiennent bien rarement d’autres matières grasses. :

Lespommades, appelées aussi graisses médicanenteuses et liparolés, forment la seconde série. Elles sont généralement composées de graisses animales ünies à différents principes ; on ne faitpasentrer de substances résineuses dans leur composition, où elles y sont en faible quantité.’

Les onguents ourétinolés qui constituent la troisième série sont caractérisés: parleur consistance ordinairement plus ferme, par là forte quantité. de‘résines que l’on y fait entrer, et parce qu’ils ne contiennent jamais en combinaison des substances métalliques. Toutes ces distinctions sont plutôt conventionnelles que rigoureuses. Il serait souvent difficile, en les prenant à la lettre, de décider à laquelle de ces définitions doivent être rapportés certains de ces composés. Heureusement toutes ces distinctions sont de fort peu d'importance.

j pa DES CÉRATS.

(Elæocérolés.)

Les cérats sont des médicaments externes formés d'huile et de cire, et quelquefois de blanc de baleine, dont la consistance , toujours molle, varie suivant les proportions dans lesquelles on unit les corps gras précédents. Ils admettent souvent, dans

| DES CÉRATS. . 995 leur composition , des liquides , des extraits , des sels ; ; des poudres , etc. REIROIAS

Comme une des conditions à remplir dti la côntection d'u grand nombre d’entre eux est de les obtenir blancs , il ne fäut hesliser aucune précaution pour y PR Voiéi les “pin générales pour leur préparation :

On n’emploiera que des vases très propres ;

L’huile et la cire devront être récentes ;

On donnera la préférence sur les autres huiles à l'huile d'a mandes douces et à celle d'olives ;

On fera fondre lés matières grasses à une très douce chäleur, même au bain-marie ; car, par une élévation un peu forte de température , les mâtières grasses $ ‘altéreraient et le sie aurait moins de blancheur ; |

Pour que les matières été moins longtemps sur le féu , on aura le soin de diviser, en fragments peu DE à 4 ré et le blanc de baleine.

Quand les matières grasses auront été fondues chien: on les versera dans un mortier, et on les agitera jusqu’à trait refroidissement , en ayant le soin de faite retomber continuéllement dans le mortier les portions dé matière qui s’attachent contre ses parois. Elles y prendraient une consistance plus grande que celle de la masse, et l’on aurait pr de peine à les diviser de nouveau.

Quand on opérera sur de grandes quantités, on dévra échauffer préalablement le mortier avec de l’eau bouillante pour que le refroidissement se fasse plus lentement, que la portion de matières qui s'attache sur les parois n°Y déviéhinié pas trop promptement solide, et que l’on ait le temps de la faire retomber et de la mélanger au reste de la masse avant qu'elle n’ait pris assez de consistance pour ne plus pouvoir s’y mêler. A Ta Pharmacie centrale des hôpitaux, où l’on fabrique pour chaque dose environ 100 livres de cérat, on se sert d’une espèce de grande bassine en tôle, bien étamée ? à l’intérieur. Elle est placée sur un

trépied en fer qui lui donne de l’aplomb , et la matière est agitée au moyen d’un long bistortier élargi à sa base, et qui est ter miné par un long manche en fer. Celui-ci at passé dans un anneau qui termine une barre de fer fixée dans le mur, et qui sè trouve placée à une hauteur convenable au-dessus dù céntre de

la bassine. Une fois que la tige du bistortier a été passée dans cet anneau, l'opérateur n’a plus qu’à s'occuper de lui imprimer un mouvement dans divers sens sans avoir besoin de le supporter. Ce système est fort avantageux dans la préparation des diverses compositions onguentaires ou emplastiques. L’emploi d'un vase métallique a également ici un avantage bien réel : les pharmaciens savent que ce n’est que par de grands soins que l’on parvient à avoir du cérat sans grumeaux, et il peut paraître impossible d'y parvenir en opérant à la fois sur un quintal de matière.

Cela est pourtant facile quand on se sert d’un vase métallique. Tant que le mélange de cire et d'huile est chaud , le vase qui est conducteur du calorique conserve de la chaleur dans toutes ses parties ; de sorte que lorsque le refroidissement commence à se faire sur les parois latérales , celles-ci ont encore une température moyenne, qui empêche les matières qui y adhèrent de prendre beaucoup de consistance, et qui leur permet alors de se mélanger facilement au reste de la masse.

Quelquefois , au lieu d'opérer ainsi qu'il vient d'être dit, on laisse refroidir tranquillement les matières ; et quand elles sont solidifiées, on les räcle par couches minces que l'on triture ensuite dans un mortier jusqu’à ce qu'il ne reste plus de gruimeaux. Cette pratique demande beaucoup de temps , parce que la cire qui a cristallisé dans le mélange par le refroidissement lent, ne peut plus être divisée que par une frituration longtemps prolongée.

Les matières salines, les poudres, les extraits ne doivent être ajoutés au cérat que-lorsqu'il est parfaitement uni.

Les poudres seront très fines , les sels bien divisés, el les extraits dissous dans une petite quantité de liquide.

La manière d’incorporer les eaux distillées ou les solutions d’autres principes médicamenteux ; n’est pas toujours, Ja même : le plus communément, quand le cérat est fini, on y ajoute le liquide petit à petit en agitant vivement. On observe que le mélange blanchit par l'interposition de l’eau et de l'air entre ses parties. |

Je rapporte comme exemple de ce genre de préparation, la. formule du cérat simple, de la pommade pour les lèvres ef du cérat de Galien.

DES CÉRATS. 297

Cérat simple.

Pr.: Huile d'amandes douces. tossosrenéècscues 3 Cire blanche: & LES PME En f

Faites fondre à une douce chaleur ; versez dans un mortier, el triturez jusqu’à ce que le tout soit bien divisé.

Ce cérat est destiné à devenir, par incorporation , la base de plusieurs cérats ou pommades composés.

Fommade pour les lèvres.

:Pr.: Huile d'amandes douces. ..........,..,...: ° RCE DO RR NL sue nach mou di 50 CRE ;:

Racines d’orcanelte....,.......,,,...,... 1/8

On fait chauffer ces matières au bain-marie , jusqu’à ce que le corps gras ait pris une couleur rouge assez vive. On passe avec expression à travers un linge et on ajoute par once de pommade 2 à 3 gouttes d'essence de roses; on agite jusqu’à ce que la liqueur commence à se refroidir et on la coule dans de petites boîtes en bois.

Cérat de Galien,

Pr.: Cire blanche 00.090: ons eresesress À Huile d'amandes douces. ......,..,........ 4 Eau de roses. 0.2.0 °.°°9te00.000e0vee 3

E,S. À. ainsi qu'il a été dit plus haut.

Quelques praticiens font fondre les matières grasses au bainmarie, dans l’eau qui doit faire partie du cérat; ils versent le mélange dans un mortier, et l’agitent continuellement jusqu’à ce qu'il soit refroidi.

Quel que soit le procédé dont on se soit servi, le cérat est également bon, s’il est parfaitement uni, et si le liquide ne s’en sépare pas. | TT

On recommandait autrefois d'ajouter quelques gouttes d'huile de tartre au cérat, pour le blanchir. Cette addition a l'inconvénient grave de lui donner de l’âcreté. Si on en ajoute en excès, le cérat est détruit, et converti en une eau blanche savonneuse.

Dans les hôpitaux on substitue la cire jaune à la cire blanche.

On obtient ainsi un cérat d’une couleur jaune, que quelques médecins croient doué de propriétés particulières utiles.

Page 1