VIN D’OPIUM PAR FERMENTATION
(Opium ou ZLaudanum de Rousseau.)
Pr.: Opium brut, quatre onces.........,.... 125 grammes. Miel blanc, douze onces........ da » 870 Eau tiède, trois livres douze onces....... 1875 Levure de bière fraiche, deux gros. .. 8
On délaie le miel dans une partie de l’eau, et lopium dans l’autre ; on mêle les deux liqueurs, on y divise la levure et on abandonne le tout dans un endroit chaud, jusqu’à ce que là fermentation soit terminée. On passe avec expression ; on filtre et on distille pour retirer 16 onces de liqueur; par une deuxième et une troisième rectifications au bain-marie, on arrive à n’obtenir que 4 onces ‘/, d'alcool qui marque de 24:à 25° (64 à 67c).
On évapore la dissolution extractive d’opium au bain-marie jusqu'à ce qu'il en reste 10 onces (320 grammes ). On ajoute l'alcoolat d'opium et l’on filtre de nouveau. Le produit marque 15° à l'aréomètre de Baumé.
La quantité d'alcool que l’on obtient à la distillation peut être un peu différente, par exemple, quand on opère sur des masses plus considérables et que la fermentation marche mieux; mais cette différence n'a pas d'influence prononcée sur les propriétés du laudanum de Rousseau, pourvu que le rapport de la quantité d’opium à la quantité de produit soit conservée. À
Le procédé qui précède est celui de Rousseau, tel toutefois qu'il a été modifié par M. Blondeau, habile pharmacien de Paris. Ainsi préparé, l’opium de Rousseau a une odeur vireuse d’opium qu'on ne retrouve pas dans la même préparation faite suivant l'ancienne formule, où l'alcoolat d’opium était remplacé par de l'alcool ordinaire. Chez quelques malades, cette différence paraît en entraîner une dans les effets.
M. Béral a apporté à cette formule quelques modifications ; d'abord, il augmente de :/,, la proportion d’eau qui entre dans le premier mélange; puis, lorsque la fermentation est terminée, il retire par une seule distillation 8 onces d'alcool; il évapore le résidu pour le réduire à 8 onces, et il le mélange avec la liqueur alcoolique précédente ; il filtre après quelques jours de contact.
Siné
882 DES MÉDICAMENTS FOURNIS PAR LES VÉGÉTAUX. ment. Deux fois et en employant chaque fois avec1 kilogr. d’opium de Smyrne, le même miel, la même levure; en faisant marcher les opérations de concert dans la même place d’une même étuve, j'aiopéré comparativement suivant le procédé du Côdex et suivant celui de M. Béral. J'ai vu chaque fois que dans le procédé de M. Béral, lorsqu'on mélange la liqueur d’opium avec l'alcool, ilse fait un dépôt qui reste en suspension avec une extrême ténacité ; ce dépôt : recueilli, lavé et séché, représente le 40° du poids de l'opium. Il est noir, cassant et résineux. Le procédé du Codex ne donne qu’un petit dépôt grisätre qui se sépare avec facilité. L'opium de Rousseau, préparé par le procédé de M. Béral, est donc différent de celui du Codex ; rien ne dit qu’il soit meilleur.