II. PRODUITS PAR L'EAU
Le quinquina peut être traité par macération, par infusion, ou par décoction dans l’eau. La liqueur que l’on ‘obtient-par ces divers traitements est loin d’être la même.
La liqueur obtenue par macération est peu énergique. Elle contient le quinate de quinine et celui de cinchonine, qui ne renferment que la plus petite partie des alcalis végétaux contenus dans le quinquina. Le quinate de chaux, la gomme, le rouge cinchonique soluble et la matière colorante jaune se trouvent également en dissolution. Mais il ne se dissout que des quantités extrêmement faibles de la combinaison du rouge cinchonique avec la quinine. La plus grande partie de ces alcalis végétaux reste dans le marc; aussi l'infusion de quinquina est-elle un médicament tonique, mais peu fébrifuge.
L'eau dissout, à la faveur de la décoction, ‘tous les principes précédents, plus, de l'amidon et une partie de la combinaison peu soluble du rouge cinchonique vec les alcalis, de sorte qu'une plus forte proportion des principes fébrifuges se, trouve dans la liqueur. Celle-ci est transparente tant qu’elle est chaude, mais elle se trouble par le refroidissement, 1°.parce que l'amidon. et le tannin ont formé ensemble un composé qui se dépose aussitôt que la température baisse au-dessous de 49°; 2 parce que le composé de rouge cinchonique étant bien plus soluble à chaud qu’à froid, se sépare par le refroidissement. La décoction de quinquina est un médicament assez énergique ; mais il faut l’administrer trouble, parce que la clarification séparérait une partie de la matière active. Il est à remarquer que plusieurs décoctions.aqueuses n'épuisent pas le quinquina, et qu’il reste beaucoup de quinine et de cinchonine dans l'écorce. ar OR NE DE
J'ai essayé un dépôt formé dans des liqueurs obtenues par trois décoctions successives du quinquina calysaya, et je lai trouvé composé, sur 146 parties, de 60, parties iusolubles dans l'alcool, dont je n’ai pu retirer que quelques grains de quinine, et qui paraissaient être formés, én grande partie, de tannate d’amidon; le reste, ou les 86 parties restantes, se dissolvaient facilement dans l'alcool, et j'en ai pu retirer 8 parties d’alcalis organiques.
J'ai trouvé encore que, dans du quinquina jaune soumis à trois décoctions, les deux tiers de la quinine avaient été entraînés dans les liqueurs, et un tiers était resté dans le marc; mais il ne faut regarder ces rapports que comme des approximations, parce qu'ils sont susceptibles de varier, et avec les quantités d'eau qui servent à faire les décoctions, et avec le temps pendant lequel on les prolonge. | |
L’infusion du quinquina donne-des liqueurs moins chargées de quinine. J'ai trouvé dans une expérience dans laquelle jeme: suis servi du même quinquina calysaya, qui avait été employé-dans les essais précédents, j'ai trouvé des résultats sensiblement inverses de ceux obtenus par décoction; un tiers de la quinineétait dans.les-liqueurs, et les deux autres tiers: étaient. restés dans lécorce. Reste à savoir de combien le composé de rouge cincho= nique et d’alcali qui se dépose;en grande partie par: le refroidis= sement, peut concourir aux propriétés médicinales des liqueurs::
Quand on ajoute un acide dans! l'eau qui doit servir à traiter
DES RUBIACÉESS 0) 0 1 591 le quinquina, les liqueurs en acquièrent une efficacité médicinale bien prononcée. Ceci s’explique aisément par la propriété que les acides possèdent de dissoudre, ou plutôt de décomposer le sel cinchonique insoluble, en formant des combinaisons solubles avec les alcalis.
Les liqueurs alcalines bouillies avec le quinquina donnent en apparence des liqueurs beaucoup plus chargées, parce que les alcalis dissolvent parfaitement le rouge cinchonique ; mais en mêmé temps, la quinine et la cinchonine sont précipitées, de sorte que les avantages que ferait supposer l’apparence de la liqueur né sont pas réels, et celle-ci est moins active que si elle avait été obtenue par la seule action de l’eau. |
Quand le quinquina est employé en tisane, la dose est de deux gros à une once (8 à 32 grammes) par litre ; on opère par macération, infusion ou décoction, suivant les effets que l’on veut obtenir. |
Pour l'extérieur, c’est à la décoction du quinquina que l’on a recours ; on emploie une à deux onces (32 à 64 grammes) d’écorce par litre; on s’en sert en lotions, fomentations ou injections.