IPÉCACUANHA
(Cephælis ipecacuanha.)
‘L'ipécacuanha gris du commerce est la seule racine de cé nom qui soit employée en France. Elle agit le plus souvent comme vomitive; mais elle.peut remplir d’autres indications. L’ipécacuanha jouit d'une grande réputation contre quelques cas de dyssenteries, et il est un remède-.journalier pour faciliter l'expéctoration dans les catarrhes anciens et à la fin des rhurmes.
L’ipécacuanha gris, analysé par MM. Pelletier et Magendie, * puis par MM. Richard et Barruel, a fourni à ces chimistes :
Émétine; gomme; amidon; cire végétale; matière grasse huileuse; matère extrachve.
L'émétine existe dans la racine à l’état salin. On ne sait, pas bien à quel acide elle est combinée.
LA
‘ ÉMÉTINE,
L’émétine ést blanche. Sa saveur. est un peu amère. Elle est pulvérulente. Elle fait vomir à la dose de quelques grains. *
1 est fusible à environ 50°. |
L'émétine se dissout assez bien dans l’eau froide, et elle est
bien Pa soluble dans l’eau chaude. L'alcool la dissout parfaitement. Elle est à peine attaquée par les huiles et par l’éther. .. L’acide nitrique la change en une matière 1 résineuse amère, puis en acide rie.
| DES RUBIACÉES. SRE GNT 907 L’acide gallique et la noix de galle la précipitent de ses disso= lutions. Haitét ; \ 0. AN L'acétate de plomb est sans action sur elle quand elle est pure. Il précipite l’émétine colorée. . | vs ii Elle sature fort mal les acides, et donne des sels incristallisables. En général, ses propriétés sont très mal connues; sa composition chimique ne l’est même que d’une manière imparfaite. Suivant MM. Pelletier et Dumas elle serait formée de :
37 pp. carbone, "165;13:
27 pp. hydrogène, IA 70 ÿ pp. oxigène, | 23,03; 1 pp. azote, 4,08.
Une grande quantité d’ipécacuanha ne fournit qu'une petite quantité d’émétine, ce qui paraît être dû à l’imperfection du procédé dont on fait usage pour l'obtenir. " |
Pour ‘préparer l’émétine, on fait un extrait. alcoolique d’ipécacuanha avec de l’alcoo! à 92° (38° Cart.). On le dissout dans 10 parties d’éau, et l’on filtre pour séparer la matière grasse ; on ajoute à la liqueur autant de magnésie calcinée que l’on a employé d’extrait, et l'on évapore à siccité à une douce chaleur; on réduit le résidu en poudrefine: onle lave avec 4 à 5 parties d’eau froide, on le sèche de nouveau et on le traite par l’aicool bouillant : on distille cet alcool à siccité, et on traite le résidu par de l'acide sulfurique affaibli et du charbon animal ; on précipite l’émétine de la liqueur par l’ammoniaque. Il est important d'employer, dans tout le cours de l'opération, des liqueurs concentrées, car l'émétine est soluble dans l’eau d'une manière remarquable : c’est pour la même raison qu’on ne lave pas le précipité magnésien. Malgré ces précautions, une grande partie de l’émétine reste dans les liqueurs en raison de sa solubilité propre : aussi n'obtient-on d’une grande quantité de racines qu’une petite quantité ‘de produit, qui est bien loin de représenter par son action les propriétés vomitives d’une proportion correspondante de racines d’ipécacuanha. . M. Callond a donné, pour obtenir l'émétine, le procédé sui- Yant : On fait digérer 4 onces de poudre d’écorce d’ipécacuanha dans 24 onces d’eau acidulée par un peu d’acide sulfurique; on laisse refroidir, et l’on ajoute 4 onces de chaux qui a été réduite en bouillie, et l’on fait sécher à l’étuve. La masse séchée et pulvé-
risée-est reprise par de l'alcool à 36° bouillant qui dissout l’émétine, et la donne presque pure par l’évaporation. On la purifie en la dissolvant dans-un peu d’eau acidulée, ajoutant du charbon, fi trant, concentrant, et précipitant par l'ammoniaque.
decine.