FÈVE SAINT-IGNACE
(Sirychnos ignatia. )
La fève Saint-Ignace a la même composition que la noix vomique ; mais elle contient bien plus de strychnine et peu de bru-
Cine ; ausÿi est-elle beaucoup plus active. C’est un remède qui, jouit à uné haute réputation dans FInde contre les fièvres inter= :
mittentes. Elle à été employée” dans quelques cas de débilité de lestomac, contre l’épilepsie, l’'amaurose. Ses vertus médicales dépendent de la strychnine qu’elle contient.
La fève Saint-Ignace est peu employée € en Europe. On s’en sert pour retirer la strychnine qu’elle contient en plus grande proportion que la noix vomique ; mais son prix toujours bien plus élevé rend son emploi peu avantageux sous ce rapport.
+ DES GENTIANÉES. à à | . 653
DES GENTIANÉES. *
Les Gentianées ont dans toutes leurs parties, et particulièrement dans leurs racines , une amertume très prononcée qui les fait employer comme toniques, stomachiques et fébrifuges. Toutes les espèces vivaces peuvent être substituées à notre Gentiane jaune ; en Allemagne, on emploie le Gentiana rubra ; en Norwège le Gentiana purpurea. A notre petite Centaurée correspondent par les usages et les propriétés , le Centory des États- Unis ( Chironia angularis), le Cachen du Pérou et du Brésil (€. chilensis), et le Chyrayita de l'Inde (Gentiana chyrayita). On emploie aux-mêmes usages les Zisianthus pendulus ,;amplissimus et autres du Brésil, les Zxacum purpureum et violaceum des Antilles , les Coutoubæa purpurea et alba de Cayenne.
Nous possédons peu de lumières sur la nafure du principe amer des gentianées. Les analyses qui ont été faites à ce sujet sont peu comparables, parce que les matières amères qu’elles ont données n'étaient pas suffisamment pures et n’ont pas été * comparées entre elles. |
Les spigelia forment dans cette famille une anomalie remarquable par leur action énergique sur. l’économie. Il faut dire toutefois que quelque chose d’analogue se montre dans la racine de gentiane quand elle est employée à haute dose. Le Spigetia anthelmia (Brainvilliers) de l'Amérique du Sud et des Antilles est un poison violent. Son odeur est vireuse, fétide; elle produit des vomissements, des soubresauts, des éblouissements, la stupeur. La racine est la partie la plus active de la plante ; on l’emploie contre quelques affections nerveuses, et surtout comme * vermifuge. Le S. glabrata du Brésil est moins actif, et est employé comme excitant et sudorifique; le S. marylandica a les mèmes propriétés que la Brainvilliers. Elle a été analysée par M. Feneulle, qui a trouvé dans les racines et dans les feuilles un principe semblable. Il l’a obtenu sous la forme d’une matière brune, amère, nauséeuse, soluble dans l'eau et l'alcool, ne contenant pas l’azote au nombre de ses éléments.
6ÿ4 DES MÉDICAMENTS FOURNIS PAR LES VÉGÉTAUX.
ee.
gènes. Son excessive amertume la fait employer avec succès
comme un tonique excitant, comme fébrifuge-et contre les vers. Les observations successives de MM. Planche, Henryet Caventou et Leconte yont fait reconnaître : SÉAL DE
Principe odorant fugace, gentisin , glu , matière huileuse verdätre, sucre incristallisable, gomme, acide pectique., matière colorante fauve, acide organique. |
M. Planche y a reconnu l'existence d’un principe nauséabond volatil. Il donne à l’eau distillée de cette plänte la propriété de
causer des nausées et uné sorted’ivresse. On ne s'aperçoit pas de
son action dans l'emploi de la plupart des préparations de gentiane , parce qu’il s’y trouve-en trop faibles proportions.
MM. Henry et Caventou, qui ont extrait les-premiers la ma-
tière cristalline, ne l'avaient obtenue qu'à l’état impur. Isa considéraient sous le no de Gentianin comme le principe ämer de la gentiane ; mais MM. Leconte et Trommsdorf ont fait voir depuis, que la matière cristalline est une simple matière colorante non amère, qui est mélangée dans le gentianin de proportions variables de principe amer et de matière grasse. |
Le gentisin, ou matière colorante cristalline de la gentiane, est d’un jaune pâle, cristallisé en longues aiguilles, insipide et inodore. A une température élevée, il se décompose; mais, en même temps, une partie se volatilise et cristallise en se condensant. Îles très peu soluble dans l'eau. L'alcool en dissout plus à chaud qu'à froid; il cristallise par le refroidissement. Il est peu soluble dans l'éther; il se dissout en grande quantité dans les liqueurs alcalines caustiques, et forme devéritables sels (Gentisates). La combinaison sodique est bien cristallisée et d’une belle couleur, d’un jaune pur. Le gentisin ne chasse pas l'acide carbonique de ses combinaisons.
Pour préparer le gentisin, onprend de la gentiane grossièrement pulvérisée et séchée, on traite par des macérations suc cessives dans l'alcool à 95°,.jusqu’à ce que celui-ci ne se colore plus. Les liqueurs, réunies et filtrées, sont soumises à la distilla- {ion ; l'extrait obtenu est traité par l’eau, qui dissout la matière
DES GENTIANÉES: NI) 10 @5$
extractive amère, l'acide libre, le sucre, . et laisse sous forme de flocons blancs de la [matière grasse unie au gentisin. On recueille ce précipité, on le lave, on le fait sécher et on le reprend par de l'alcool à 78c bouillant, qui dissout la matière cristalline jaune, et n’attaque presque pas là matière grasse. Si le gentisin, cristallisé par le refroidissement et l’évaporation spontanée, retient ‘encore un peu d'huile qui aurait été entraînée par l’ébullition, on le Trepretid par ‘un peu d’éthér qui lui enlève cette matière. En'le -rédissolvant par de l'alcool à 78° bouillant, on l'obtient sous forme de béaux cristaux jaunes parfaitement purs.
Lés propriétés de la'matière amère de’ la gentiane nous sônt mal connues ; elle S’est préséntée à M: Leconte $ous la forme d’une matière éxiraétive, incristallisable, très soluble dan s l’eau ét dans l'alcool. Le docteur Dulk, qui s’est depuis occupé de cette matière, ne me paraît pas l'avoir obtenue’ à l’état de pureté.
Quant.àla matière connue sous de nom de glu:M: Leconte à prouvé qu elle est un composé de cire, d'huile et de caoutchouc.