LE TRIOLET OU RONDEAU ANCIEN
C'est une de nos plus anciennes formes de poèmes, et elle n'a point varié depuis le moyen âge. Le premier exemple qu'on en connaisse se trouve au xiii° siècle dans le Cléomadès d'Adenès le Roy. La vogue du triolet fut grande jusqu'à la Renaissance. Il disparait à peu près de cette époque à la seconde moitié du xviï* siècle. Les sottisiers du temps en contiennent un très grand nombre, la plupart satiriques. Le triolet n'a pas cessé d'être en usage depuis lors. On l'employait et on l'emploie encore pour les vers d'amour; mais il se prête aussi au badinage et à la moquerie. Il se compose de huit vers sur deux rimes, le premier répété après le troisième, et le Hxième suivi des deux premiers répétés. On le trouve tantôt en strophes, tantôt isolément
Blanche coni lys, plus que roso vermeille, Resplendissant com rubis d'Orient, En remirant vo biauté non pareille, Blanche com lys, plus que rose vermeille, Suy si ravis que mon cuers toudis* veille Afin que serve à loy de fin amant, Blanche com lys, plus que rose vermeille. Resplendissant com rubis d'Orient.
CGnlLLAUME DE MACHAULT.)