‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 36 sur 111 · MESSIE · texte numérisé non relu

MESSIE

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plus d’étendue. En effet, la promesse que Dieu avait faite à Adam fut confirmée dans la suite par celle qu’il fit à Abraham, destiné à être la tige et le père d’un peuple tout spécialement consacré au culte de Dieu. « Sor- «tez, lui dit le Seigneur, sortez de votre patrie, et venez «dans le pays que je vous montrerai. Je ferai naître de «vous un peuple nombreux, et toutes les nations de la «terre seront bénies en CELUI qui naîtra de vous.» La promesse fut renouvelée dans les mêmes termes À Isaac et à Jacob. Ce dernier, éclairé d’une lum re divine, prédit plus clairement la venue du Libérateur promis dès le commencement du monde. Il en désigna le temps, lorsque étant au lit de la mort, et annonçant, par l’Ésprit de Dieu, à ses douze enfants assemblés ce qui devait arriver à leur postérité dans la suite des siècles, il adressa à Juda, le quatrième de ses fils, ces paroles remarquables: «Juda, tes frères te combleront de «louanges, et ils se prosterneront devant toi; le sceptre «ne sortira point de Juda, et il y aura toujours un «chef de ta race jusqu’à ce que vienne CELur qui doit “être envoyé, et qui sera l'attente et le désiré des na- «tions.» {'nsi 8e développe et s’éclaireit la promesse faite d’abo.. Adam, puis à Abraham.

Le Sauveur naîtra de la famille de Juda. Le temps de son arrivée est marqué, c'est lorsque le sceptre, c’est-à. dire la prééminence, la principale autorité, sera ôtée à la maison de Juda.

Trois cents ans après la mort de J acob, Dieu, voulaut délivrer son peuple du joug des Egyptiens, qui l'opprimaient, suscita Moïse, qu’il remplit de son esprit, et lui donna le don des miracles.

Ce saint homme, ayant conduit le peuple jusqu’à l'entrée du pays qu'il devait posséder, et se sentant près de mourir, assembla les Hébreux, et leur renouvela les promesses de la venue d'un libérateur bien plus puis- Sant que lui, et seul capable de les introduire dans la véritable terre promise, dont celle de Chanaan n’était que la figure. Ainsi Dieu les tenait.il dans l’attente du Messie promis.

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Ce prophète plus grand que Moïse, sauveur de soti peuple et auteur d’une nouvelle loi, médiateur d’une nouvelle alliance, devant qui Moïse lui-même doit se taire, et qui doit seul être écouté quand il commencera à parler, c’est le Sauveur du monde, dont la doctrine devait un jour éclairer l'univers, et dont Dieu luimême devait dire: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; «écoutez-le.»

Jusqu'à lui, il ne devait point paraître dans tout Israël un prophète semblable à Moïse, à qui Dieu parlât face à face, et qui donuât une loi à son peuple.

Histoire. — Un jour que Daniel répandait son âme devant le Seigneur, qu’il lui adressait des prières ferventes pour son peuple, l'Ange Gabriel vint par l’ordre de Dieu vers ce prophète, et l’instruisit du temps où le Messie, qu’il appela Jus- TICE £TERNELLE et le SAINT DES SAINTS, devait, selon les décrets de Dieu, paraître sur la terre, et du temps où ce Christ, Lou et attendu depuis si longtemps, serait mis À mort.

1 lui dit que Dieu lui accordait cette insigne faveur parce qu’il était un homme de désirs.

Daniel, 1x.

ExERCICES. — 1, Que serait devenu l’homme sans la venue du Messie ?—2. A quelle époque et par quel motif Dieu fit-il la première annonce du Messie ?—38. Quelle promesse Dieu fit-il plus tard à Abraham?—4. Faites connaître la prophétie de Jacob.—65. Moïse a-t-il annoncé la venue du Messie ?

ARTICLE Il.

Développemént des Promesses. Conversion future des Gentils.

À l'exception des Juifs, tous les autres peuples étaient plongés dans les ténèbres et dans les désordres de l’idolâtrie. Dieu était profondément oublié, et le démon était adoré partout sous différentes formes. Ce culte impie s'était affermi pendant une longue suite de siècles; toutes les passions, auxquelles il était si favorable, lui avaient servi d'appui, et il semblait qu'on ne devait jamais revenir d’une éorreur aussi an-

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cienne, aussi universelle et aussi accréditée. Cependant Dieu avait résolu de détruire l'empire du démon, comme il l'avait promis à Adam, et de rappeler les hommes à la connaissance de la vérité.

Un aussi grand renouvellement devait être l’ouvrage du Messie; et un des caractères les plus sensibles de sa venue, c'était qu’en éclairant tous les peuples il devait aussi les convertir; Dieu n’avait cessé de faire annoncer cet événement si favorable à la Gentilité; tous les Prophètes l'avaient vu par une lumière divine, et l’avaient prédit en mille manières bien des siècles avant qu'il s’accomplit, et dans les temps mêmes où il paraissait incroyable.

Ils ont tous annoncé que le Messie dissiperait les ténèbres qui couvraient, avant lui, toute la terre ; qu’il éclairerait les Gentils; qu’il en serait le Libérateur aussi bien que des Juifs, et qu’il ne formerait des uns et des autres qu'un seul peuple, adorateur du vrai Dieu. Ces Prophètes étaient les avant.coureurs que le grand Roi envoyait devant son Fils pour tenir les hommes dans l'attente de son avénement.

Dieu marqua tous les caractères qui devaient se réunir dans la personne du Sauvevr. Il fit prédire toutes les circonstances qui aCCompagneraieut sa naissance, sa vie, sa mort et sa résurrection : l'histoire du Sauveur était déjà faite d'avance quand il vint au monde. David, ce saint roi inspiré de Dieu, est un de ceux qui en ont parlé le plus clairement. Il appelle le Messie son Seigneur, et il le reconnaît pour le Fils de Dieu ; il prédit que son règne s’étendra sur toutes les nations et n'aura point d’autres bornes que celles de l’univers. Il annonce ses ignominies, sa mort cruelle et le genre de supplice qu'on lui fera souffrir: il voit ses mains et ses pieds percés, son corps violemment suspendu, sa langue abreuvée de fiel et de vinaigre, ses habits partagés, et sa roue Li74e au sort; mais il annonce en même temps qu’il n’ép'ouvera point la corruption du tombeau, et qu’il en sortira glorieux. Cette prédiction est d'autant pius remarquable, qu’elle a été faite plus de mille ans avant Son accomplissement,

Isaïe a parlé du Messie avec autant de clarté. Ille voit

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sortir du sang de Jessé, naître d’une mère vierge; il l'appelle un enfant admirable, Père du siècle futur, le Prince de la paix: enfin il le nomme EMMANUEL, qui veut dire DIEU AVEC Nous. Son règne sera éternel, dit encore le même prophète; toutes les nations se prosterneront devant lui; à sa parole les boiteux seront redressés, les sourds entendront, les muets parleront, les aveugles verront, les morts ressusciteront.

Mais après avoir parlé de la gloire du Messie, il parle aussi de ses humiliations : il le représente défiguré, méconnu, méprisé, comme le dernier des hommes; il l’appelle l'homme de douleurs, chargé d'infirmités, parce qu'il a pris sur lui nos iniquités, qu’il expie par ses souffrances. «On lui crachera au visage, ditil; il sera traité comme un criminel, mené au supplice avec des méchants, et il se livrera lui-même à la mort, et l’endurera aussi paisiblement qu’un agneau» Le Prophète ajoute que par sa mort il deviendra le chef d’une postérité nombreuse; et il assure que les Gentils accourront de toutes parts à sa suite, tandis que les Juifs, à la réserve d’un petit nombre, seront rejetés à cause de leur incrédulité. Que peut-on voir de plus détaillé, si ce n’est l'Evangile et l’histoire même du Sauveur? Cependant cette prédiction a été faite plus de sept cents ans avant la venue de Notre-Seigneur.

Les autres Prophètes n’ont pas vu moins clairement le mystère du Messie.

L'un prédit que Bethléhem, la plus petite ville de Juda, sera illustrée par sa naissance; un autre assure qu’il sera vendu par un de ses disciples pour trente pièces d'argent, et il voit jusqu'au champ du potier à l'achat duquel cet argent sera employé. Le même Prophète nous le représente comme un roi, mais un roi pauvre; une ânesse lui servira de monture à son entrée dans Jérusalem.

Le prophète Aggée publie la gloire du second temple, parce que le Messie, le Désiré des nations, le sanctifiera

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Le prophète Daniel détermine l’époque précise de sa venue: pendant que ce prophète est occupé de la captivité de son peuple et des soixante-dix ans qu’elle

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devait durer, tout à coup il est élevé par l'esprit de Dieu à des pensées plus hautes; il prédit qu'après soixante-dix semaines d'années, c'est-à-dire après quatre cent quatre-vingt-dix ans, arrivera la fin d'une captivité bien plus funeste, dont le genre humain sera affranchi par la mort du Christ : délivrance qui consiste dans la rémission des péchés et dans le règne éternel de la justice. Il annonce que dans la dernière semaine le Christ sera mis à mort; qu'une nouvelle alliance sera confirmée, et que les anciens sacrifices seront abolis. «Après la mort du Christ, ajoute le Prophète, il n’y aura plus qu’horreur et que confusion: la Cité sainte et le Sanctuaire seront détruits; le peuple qui l’aura méconnu ne sera plus son peuple; on verra l’abomination dans le Temple, et une désolatfon qui n'aura point de terme.»

Enfin Malachie, le dernier des Prophètes, prédit qu’à la place des sacrifices anciens une offrande pure sera présentée au Seigneur, non plus seulement dans le temple de Jérusalem, mais en tous lieux, depuis l'Orient Jusqu'à l'Occident ; non plus par les Juifs, maïs par les Gentils, parmi lesquels le nom de Dieu ser grand. Ces prophéties sont toutes contenues dans les Livres saints, dont l'authenticité est attestée par le témoignage non suspect de tout un peuple: c’est le peuple juif, ennemi déclaré des Chrétiens, qui ne peut s'empêcher de les respecter, quoiqu'il y trouve sa condamnation. C’est de lui que nous les avons reçus; et il semble que Dieu ait Conservé ce peuple au milieu de la ruine de tous les autres pour le forcer de rendre à ces saints Livres un témoignage éclatant, et au-dessus de tout soupçon d’inâdélité et d’altération.

Pour convaincre l'esprit le plus .incrédule sur la divinité de J ésus-Christ, et lui prouver que ce divin Sauveur est véritablement le Messie promis par les Prophètes, il n'ya plus qu’à comparer les traits qui devaient caractériser le DÉSIRÉ DES NATIONS avec les événements qui ont eu lieu à la venue de Jésus-Christ sur la terre, rapprocher les prédictions des faits, tenir d’une main l'Ancien Testament, et de l’autre le Nouveau : le tableau sera si exact, qu'il sera impossible de s'y mépreüdre, D’abord

il est constant qu'à l’époque de la naissance de Jésus- Christ l'attente du Messie était généralement répandue, non-seulement dans la Judée, mais encore dans tout l'Orient. C’est un fait attesté par les auteurs païens euxmêmes. «C'était, dit Suétone, une opinion ancienne et «constante dans tout l'Orient, qu’en ce temps-là des «conquérants sortis de la Judée seraient les maîtres du «monde.» Tacite rapporte la même chose. « Plusieurs, «dit cet historien, étaient persuadés qu'en ce temps-là « des hommes sortis de la Judée seraient les maîtres du «monde.» Cette attente générale était fondée sur la célèbre prophétie de Jacob, qui avait prédit que le Messie viendrait quand les Juifs cesseraient d’être gouvernés par des chefs de la race de Juda; et sur celle de Daniel, qui avait fixé l’époque de la venue du Messie au terme de quatre cent quatre-vingt-dix ans. Les Juifs charnels et les païens prenaient les expressions à la lettre, et confondaient l'empire spirituel du Messie avec la domination d’un conquérant; mais la prophétie n’est pas moins réelle, et les faits attestent que les Apôtres, sortis de la Judée, ont soumis les nations à la loi de Jésus-Christ.

L'Evangile nous marque l’accomplissement littéral de toutes les prophéties qui devaient caractériser la venue du Messie: il est né à Bethléhem, il a donné une nouvelle Loi, il a fait les miracles les plus éclatants, il a sanctifié le Temple par sa présence, il est mort dans les douleurs et les ignominies de la Croix, il est ressuscité le troisième jour, etc.

Histoire. — La connaissance du vrai Dieu se conservait dans le royaume d’Ethiopie; Candace, qui en était reine du temps des Apôtres, envoya un de ses officiers pour offrir ses présents dans le temple de Jérusalem et y adorer le Seigneur. Ce sage ministre, ayant accompli son message, s’en retournait lisant le prophète Isaïe, lorsque le Seigneur ordonna à saint Philippe, diacre, de courir après lui. L’officier lisait cet endroit du oohète: Il a été mené comme une brebis à la boucherie. «Comprenez-vous ce que vous lisez? lui dit l’homme de Dieu. — Et comment le comprendrais-ie si personne ne me l’explique?» lui répondit l'officier. Et ayant engagé Philippe à monter sur son char, il le pria de lui dire si le Prophète parlait de lui-même ou d’un autre. Philippe prit de là occasion

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