‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 61 sur 111 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

C’est blasphémer contre Dieu que de joindre à son not adorable certains termes qui le déshonorent. Le mot sacré, dans la bouche de ceux qui se livrent à ces exécrations, fait frémir les pieux fidèles.

C’est blasphémer contre les Saints que de s’en moquer, de leur attribuer des défauts, de blâmer le culte que l'Eglise leur rend, etc. etc.

C'est blasphémer contre la Religion que de la tourner en dérision, de blâmer ses pratiques, de parler mal des saintes Ecritures, etc. etc.

Il est encore des blasphèmes de l’esprit et du cœur : ce sont les pensées, les désirs contraires aux perfections divines ou aux choses qui concernent la Religion ; tel est le blasphème de l’impie qui a dit dans son cœur: 1 "y a pas de Dieu. Péché horrible, péché exécrahle, digne des châtiments les plus terribles.

On ne lapide plus aujourd’hui les blasphémateurs, on ne leur perce plus la langue; mais qu’ils ne triomphent pas, le temps du châtiment viendra bientôt, et alors ils recevront, ces audacieux, la peine due à de tels crimes.

Les imprécations sont des paroles par lesquelles on souhaite du mal aux autres ou À soi-même, comme la mort, la damnation, etc. etc., soit en promettant, soit en niant, ou en assurant quelque chose.

Les jurements déguisés sont de deux espèces : 1° Les uns sont les jurements mêmes -,ec quelques changements dans les termes; 2° d’autres, les jurements déguisés sous des paroles qui, n’énonçant pas précisément le jurement, s’y rapportent pourtant en quelque manière, comme ces expressions : « En conscience, comme je suis devant Dieu, etc.»

Des Chrétiens ne doivent point s'exprimer ainsi, encore moins se permettre habituellement ces mots.

Par le jurement ou serment nous assurons ou promettons quelque chose aux hommes, en interposant le nom de Dieu; mais il arrive que des personnes promettent à Dieu lui-même des choses qui lui sont agréables. Cette promesse qu’on lui fait est ce qu’on appelle un vœu.

Le vœu est la promesse d’un plus grand bien, fait à Dieu librement, avec intention de s’obliger.

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Un vœu est plus qu’une simple résolution. Par je vœu on s’oblige envers Dieu à faire la chose promise, sous peine de péché.

L'obligation d’exécuter ce qu'on a promis à Dieu tombe sur toutes les circonstances promises, le lieu, le temps, etc.

L'Eglise peut dispenser de l'obligation d'exécuter ce qu'on à promis à Dieu par vœu, parce qu’elle tient sa place et qu’elle parle en son nom; mais elle ne le fait que pour des raisons légitimes.

EF rorRe. — Un enfant élevé avec beaucoup de soin par des mai vertueux donna, il y a quelques années, une preuve bien suchante de sa foi. ï rentrait peut-être un peu tard après la classe, et son père en colère l'en reprit vivement en jurant le saint nom de Dieu. Ce pauvre enfant, tout déconcerté d’avoir donné lieu à ces blasphèmes, se jette À genoux et lui dit en pleurant: « Mon Papa, je vous en prie, frappez- « moi, mais ne jurez pas» Le père, interdit, voyant l'horreur que témoignait cet intéressant enfant de ces abominables propos, profita de la leçon, et n’osa plus blasphémer. Ah! que de fautes, s'ils le voulaient, des enfants chrétiens feraient éviter à leurs parents !

Essai sur le Blasphème.

EXERCICES. — 1, Que nous défend le second commandement ? —2. Que faut-il pour que le serment soit un acte de religion ? —3. Qu'est-ce que le parjure, le jugement indiscret, le serment Promissoire?—4, En quels cas le serment n’est-il pas obligatoire ? —5. Comment doit-on considérer des serments faits hors le cas de nécessité ? 6, Dites ce que c’est que le blasphème, et dans quels cas on le commet ?—7. Qu’entend-on par les blasphèmes d'esprit et de cœur ?—8, Qu’est-ce que les éimprécations ?—9, Combien y a-t-il d'espèces de jurements déguisés ?—10, Qu’estce qu’un vœu ?—11, Quelle différence ÿ a-t-il entre une résolution et un vœu ?—12, À quoi oblige un vœu ?-—13, A qui est réservé le pouvoir de dispenser des vœux ?

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