‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 59 sur 141 · Quelles 18 sont les est le res · texte numérisé non relu

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= 145 — La loi de Dieu ne se borne pas à défendre l’homioide,

elle défend encore la colère, le mépris du prochain, les injures, les mauvais traitements. (C'est Jésus-Christ luimême qui donne cette étendue au précepte, voulant que nous étouffions dans notre cœur même tout mouvement de colère et tout désir de vengeance. Toutes ces choses sont comme des semences d’homicide et saint Jean déclare homicide tout homme qui haït son frère.

Que doit-on penser de ceux qui proposent ou qui acceptent un duel, sinon qu’ils sont très coupables aux yeux de Dieu |! Quelle fureur de tremper ses mains dans le sang de son frère pour la plus légère insulte, pour un mot, pour une petite raillerie, et de sacrifier à un faux point d’honneur son salut éternel et celui de son prochain ! Les Grecs et les Romains, tout païens qu’ils étaient, n’ont jamais connu cet usage barbare. Ils étaient passionnés pour la gloire, mais ils la faisaient consister à répandre leur sang pour la patrie et à tirer l’épée contre les ennemis de l’État et non pas contre leurs concitoyens. . Le duel est donc un crime aussi contraire à l'humanité qu’au christiansme, aussi opposé à la raison qu’à la religion. 1

Ce n’est pas un moindre crime de s’ôter la vie à soimême, La vie est un dépôt que Dieu nous a confié et

qu'il nous ordonne de conserver jusqu’à ce qu'il nous le

redemande : en disposer sans son ordre et malgré sa défense, c’est usurper les droits de Celui qui en est le seul arbitre, Ce crime est d’autaut plus horrible qu'il est sans remède, puisque l’on n’a plus le temps d’en faire pénitence et que l’on se précipite sans retour dans la damnation éternelle. Quelle folie d'éviter un chagrin passager en se jetant tête baissée dans les supplices affreux de l'enfer pour toute l'éternité !

Dieu ne s’est pas contenté de nous défendre d’ôter la vie du corps, il défend encore tout ce qui peut nuire à l’âme et spécialement le scandale, qui ôte la vie spirituelle au prochain. Le scandale consiste à porter les autres au péché ou à les détourner de la vertu. (C’est une espèce d’ho-

micide, dont les sens ne sont point frappés, mais qui n'est

pe moins réel aux yeux de la foi, ni moins criminel devant ieu. Aussi Jésus-Christ fait-il les plus terribles menaces

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à ceux qui sont pour leurs frères un sujet de soandake el une occasion de chute. ‘“ Malheur, dit-il, à ceux par qui “ le scandale arrive! Si quelqu'un scandalise un de ce ‘ petits qui croient en moi, il lui serait plus avantageux “ d’être précipité au fond de la mer.” J'ugeons de l’énormité de ce péché par l’horreur que Jésus-Christ veut nous en inspirer.

Considérons les effets du scandale et nous reconnaîtrons la justice des châtiments terribles que Dieu lui réserve, Que fait le pécheur scandaleux ? Il s'oppose à la volonté que Dieu a de sauver les hommes. ‘“ La volonté de votre | ‘ Père céleste, dit Jésus-Christ, est qu'aucun de ces petits ‘“ ne périsse.” Illes a tous adoptés pour ses enfants, il veut les sauver tous ; mais par le scandale on met obstacle à cette volonté de Dieu, puisque l’on fait périr ceux que Dieu voulait rendre heureux. Le pécheur scandaleux anéantit la rédemption. Jésus-Christ est venu sur la tern pour sauver les âmes ; il a répandu son sang pour les racheter ; par le scandale on lui ravit ces âmes, qui lui ont coûté si cher ; on lui enlève sa conquête, on rend inutile le

prix de son sang et on expose à un malheur infini ceux à reste qui Jésus-Christ avaib mérité une félicité éternelle. BE fit:

Un jeune homme avait des inclinations vertueuses ; — docile à ses parents et à ses maîtres, recueilli dans la prière, ayan appliqué à tous ses devoirs, il était l’objet des complaisances D ch de son Dieu. Mais il a eu le malheur de se trouver dans la M société d’un libertin qui se fait gloire de n'avoir point de Lu piété, qui donne à la vertu un nom odieux et ridicule, qui ren se moque de ceux qui en ont. Le jeune homme, ébranlé ‘6,0 par ces discours, succombe à la crainte de ces dérisions et choi: le ces censures ; il rougit de la vertu. Le libertin va plus ue ioin : il tient en sa présence des propos licencieux, il lui qu'o donne de mauvais conseils, il les appuie par ses exemples. heu Le jeune homme apprend le mal qu’il ignorait ; il reçoit les ln 6 plus funestes impressions et finit par se livrer aux mêmes étail désordres. Le voilà devenu l’esclave des mêmes passions, affre assujéti aux mêmes vices. Dieu voulait sauver cette âme, dan:

Jésus-Christ était mort pour elle ; le pécheur scandaleux la par! fait périr. Cette âme devait jouir éternellement de Dieu des et le pécheur scandaleux l’entraîne dans un malheur éternel Æ pré

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A quels châtiments ne doit-il pas s'attendre! est-il un sut. plice trop rigoureux pour lui! Malheureux! vous auriez horreur de tremper vos mains dans le sang de votre frère, cependant le mal que vous lui faites est infiniment plus horrible. Vous seriez moins cruel à son égard si vous lui enfonciez un poignard dans le sein et si vous lui arrachiez ‘a vie du corps. Cette âme que vous avez séduite, criera éternellement vengeance contre vous et ses cris seront entendus du souverain Juge. Malheur donc à celui qui apprend à la jeunesse le mal qu’elle ignore ! malheur à celui qui communique des livres pernicieux contre la religion ou contre les mœurs ? enfin malheur à celui qui cause du scandale, de quelque manière que ce soit! il est coupable de tous les péchés dont il est la cause et il sera puni de tout le mal qui se fera, même après sa mort, à l’occasion du scandale qu’il aura donné volontairement.

Hisrorres. —Adonibésech ayant été vaincu par les Israélites,

ils lui coupèrent les deux extrémités des pieds et des mains. Alors ce roi barbare se rappelant les cruautés qu’il avait exercées dit : ‘‘ Soixante-dix rois à qui j'avais fait couper les extrémités des pieds et des mains mangeaient sous ma table les restes que je leur jetais ; le Seigneur me rend ce que je leur ai fait souffrir.” —Juges, 1.

. —Ïl y a quelques années, un jeune homme nommé Gustave, ayant à peine atteint sa seizième année, fut trouvé mort dans sa chambre ; il s’était asphyxié. Ce malheureux enfant était dégoûté de l'existence et 1l l'avait à peine essayée. Qui le porta à ce trait de folie, à cecrime? L’incrédulité : dès quinze ans il était esprit fort. Son père avait dit : ‘ Quand mon fils ‘“ sera sorti de l’enfance, je le laisserai choisir sa religion et ‘‘son Dieu.” Le moment du choix arriva et le malheureux choisit la mort ! O malheureux fils ! 6 malheureux père !

—Un écolier possédait à un haut dégré toutes les vertus qu'on peut souhaiter dans un jeune homme ; mais par un malheur trop ordinaire à une personne de son âge, il tomba dans la compagnie d’un scélérat qui, livré aux plus honteuses passions, alluma dans ce jeune cœur le feu criminel dont le sien était dévoré ; dès lors on ne vit plus en lui qu’un libertin affreux. Ses amis, désolés, le conjurèrent en vain de rentrer dans la bonne voie qu'il avait quittée : tout fut inutile. Dieu parla à son tour. Cet infortuné se réveilla une nuit, poussant des cris horribies ; on accourt, on veut le calmer, on appelle un prêtre, qui l'exhorte à revenir à Dieu. Le moribond jette sur

LA

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