‹ Nouveau traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 73 sur 141 · CRE SO CREER ME SRE A · texte numérisé non relu

CRE SO CREER ME SRE A

Ts

‘Heu que dans le onrême on demeurait sans. manger et sans

TRE Re AIS

boire iusqu’après l’heure de vêpres, c'est-à-dire jusqu’à six heures du soir, Les premiers chrétiens ajoutaient encore à ce jeûne rigoureux de longues prières, même pendant la nuit: ils vivaient dans le plus grand recueillement et fai. saient d’abondantes aumônes. Mais la ferveur ayant diminué, on avança le repas jusque vers midi et alors on crut pouvoir prendre sur le soir un peu de nourriture pour sup-

rter plus aisément le jeûne jusqu'au lendemain. L’Eglise tolère cette collation pourvu qu’elle soit légère ct qu'elle ne puisse pas être regaräée comme un repas, car il est essentiel pour le jeûne de ne faire qu’un repas.

Le jeûne des Quatre-Temps a été établi pour consacrer par la pénitence les quatre saisons de l’année, pour attirer la bénédiction de Dieu sur les biens de la terre et pour le prier de donner à son Église de bons ministres, car c’est alors que ceux qui se destinent aux augustes fonctions de

l'autel reçoivent les ordres sacrés.

Fafin, les vigiles sont les jours qui pre nù les princip::: fêtes. Autrefois les fidèles s’assemblaient dans les éguses la veille des grandes fêtes et ils y passaient une partie de la nuit à louer Dieu par le chant des psaumes et par la lecture de livres saints, comme on fait encore la veille de Noël. On jeûne ces jours-là pour se disposer à bien célébrer ces fêtes et en retirer plus de fruit.

L'obligation de faire pénitence est imposée à tous les fidèles sans exception ; mais la loi du jeûne est moins générale. On peut en être dispensé, par exemple, pour des raisons d'âge, ou d’infirmités, ou de travaux trop pénibles. Afin de ne pas se faire illusion et aussi par esprit de sou-

mission à l’Église, les personnes qui ont vingt et un ans

accomplis et qui se croient, à raison de leur état de santé ou de leur position, dans le cas d’une dispense de jeûne, doivent s’en expliquer avec le directéur de leur conscience dont elles suivront fidèlement les avis. (Car violer le précepte du jeûne sans raison suffisante et légitime, c’est pé-

cher contre Dieu même, qui ordonne d’obéir à l'Eglise.

On ne saurait, du reste, trop inviter les chrétiens de tout âge, et notamment les jeunes gens, à pratiquer quelque mortification selon leurs forces, en se refusant, par

et sans

qu'à six encore

dant la ; et fai.

ant dion crut ur sup- L'É-

Ta [æ)

nsacrer attirer pour le ar c'est ions de

princilans les nt une umes et icore la poser à

tous les oins géour des énibles.

de souun ans le santé jeûne, science le pré- ’est pélise.

iens de er quel-

nt, par

me IT —

exemple, quelques petites satisfactions, en s'imposant dans les repas quelques petites privations, qui ne peuvent nuire à leur santé. Car il convient que tous s'unissent d’esprit et dé cœur à la pénitence de l’Église et suppléent par quelques autres bonnes œuvres au jeûne qu’ils peuvent pratiquer.

HisTorREe.— Un mauvais chrétien, très criminel devant Dieu, eut occasion de lire un livre intitulé Histoire du Jeûne. Il fut frappé d'apprendre combien, dans les premiers siècles de l’Église, la rigueur du jeûne était grande. Il se disait à lui-même : ‘“ Je me dis chrétien et je n'ai jamais jeûné. Si j’eusse vécu dans le temps où les canons pénitentiaux étaient suivis à la

lettre, à combien d’années de jeûne n'aurai-je pas été condam-

né pour tant d’iniquités dont je me suis rendu coupable ?” Les premiers chrétiens ne faisaient point de collation les jours de jeûne ; tous s’abstenaient de vin et un grand nombre:so contentaient de pain et d'eau ; ce n'étaient même que le soir qu'ils prenaient cet unique repas. Ce qu'ilavait lu ne sortait point de son esprit et il faisait toujours de nouvelles réflexions. Enfin Dieu toucha son cœur. Pénétré d'une vive douleur de ses péchés, il se détermina à faire une rigoureuse pénitence ; il entra à ce dessein dans un de ces monastères où l’on garde le plus rigoureux silence et où l'on jeûne continuellement, après avoir couché sur la dure et interrompu son sommeil pour chanter longtemps pendant la nuit les louanges de Dieu.

LASAUSSE.

Exeroices:—1. À quoi nous oblige le cinquième commandement de l'Église ? 2. Comment les premiers fidèles jeûnaient-ils pendant le carême? 3. Pourquoi les jeûnes des Quatre-Temps et des Vigiles ont-ils été institués? 4. Quels sont ceux qui sont soumis à la loi du jeûne? 5. Que doivent faire ceux qui sont soumis au jeûne, pour entrer dans l'esprit de l'Église ?

ARTICLE VI

e CE! K Sixième commandement Vendredi chair ne mangeras, ni le samedi mêmement,

Par ce‘commandement, l’Église interdit l'usage de la viande, le vendredi et le samedi de chaaue semaine, afin d’affaiblir les passions en mortifiant le corps : c’est aussi pour nous faire expier nos fautes, entretenir en nous l'esprit de pénitence que Jésus-Christ a tant recommandé et

qui est comme l’abrégé de sa morale divine, Nous sommes

pécheurs et À ce titre obligés à faire péniteuce ; nous som. mes malades et nous devons travailler à nous guérir ; nous avons tous des péchés à expier; c’est par des œuvres de mortification qu’on les expie et qu’on satisfait à la justice divine ; nous avons tous des passions à dompter, c'est en retranchant tout co qui peut les flatter qu’on les surmonte, L'Église, qui connaît le besoin que nous avons de ce remède et l'éloignement que nous sentons à le prendre, vient au secours de notre faiblesse ; elle nous en fait un commandement exprès, pour déterminer plus efficacement notre volonté à s’y soumettre.

Mais, outre cette vue générale, l'Église en nous imposant la loi de l’ubstinence a encore des raisons particulières que sous no devons pas ignorer : le vendredi a toujours été pour elle un jour de pénitence et de mortifi:ation, parce que c’est en ce jour que Jésus-Christ est mort pour nous racheter et qu’il est juste que nous prenions part à ses souffrances, si nous voulons avoir part à la grâce de la rédemption. C’est pour cette raison que, dans les premiers siècles de l’Église, tous les vendredis étaient des jours de jeûne. On jeûnait aussi le samedi pour honorer la sépulture de Notre-Seigneur et pour se préparer à la sanctification du dimanche, Dans la suite on a réduit le jeûne du vendredi et du samedi à une simple abstinence, c’est-à-dire à s'abstenir de l’usage de la viande et l'Eglise en a fait une loi à laquelle tout chrétien doit se soumettre. Les enfants mêmes n’en sont pas exempts dès qu’ils peuvent l’observer.

Que personne ne se laisse séduire par les mauvaises raisons des impies qui, faisant une fausse application des paroles de la sainte Ecriture, nous disent que ce n’est pas la viande qui souille l’âme. Sans doute, ce n’est point la distinction des aliments qui en elle-même honore Dieu; mäis ce n'est point une chose indifférente devant Dieu d'entretenir ou d’éteindre l'esprit de pénitence qu’il nous a lui-même si fort recommandé. N’imitons pas ceux qui, sans aucune raison ou sur les plus légers prétextes, se permettent l’usage de la viande dans les jours où elle est défendue : plus ce désordre devient commun, plus il faut en gémir, pour ne pas 8e laisser entraîner au torrent de l’exemple, C’est une preuve sensible de l’affaiblissement”de

ls som:

$ nous rres de justice est en monte, à remèient au mandetre vo-

1posant res que urs été , parce 1r nous t à ses à la réremiers ours de sépulnctificasûne du st-à-dire fait une enfants bserver.

ises raides pat pas la boint la » Dieu; nt Dieu 1 nous a eux qui, se perest défaut en de l’exment'de

la foi et de l'indifférence ,-our le salut dans une multitude de chrétiens.

Hisrorres.-——Dañs une grande ville de France, un enfant a partenant à un père et à une mère étrangers à toute pratique de religion se disposait à s'approcher pour la première fois de la saite table : c'était l'usage dans cette maison de manger gras tous les jours, sans aucune distinction. L'enfant étant allé à confesse s'accusa de cette faute et son directeur lui donna làdessus les règles qu’il avait à suivre pour l'avenir. Le joune enfant promit de les mettre en pratique. L'occasion ne tarda pas à se présenter : lo vendredi suivant, la table, comme de coutume, était servie en gras ; on lui en présente, il refuse modestement et sur la demande que lui fait son père du motif de sor refus, il lui allègue la défense de l’église et manifestb en même temps le désir de s’en tenir pour son repas à un simple morceau de pain. Mais ce père impie, irrité de la résistance de son fils, le condamne brutalement à se retirer jusqu'au lendemain dans une chambre indiquée, sans ‘ui permettre de prendre même le morceau de pain dont il se serait contenté, L'obéissance suivit de près cette brusque sentence, sans qu’on entendît le moindre murmure, ni qu’on vît aucune apparence d’humeur. Néanmoins la mère, quoique aussi impie que son mari, se sentit émue de compassion et voulut en secret porter à son fils, dans l'après-midi, quelque chose à manger, tout en lui reprochant son opposition aux vues de son père et aux siennes. Quelle fut sa surprise d'entendre ce cher enfant lui répondre avec un calme parfait : ‘Simon papa m'avait commandé quelque chose que j'eusse pu faire, je l’eusse fait aussitôt : ce n’est point par obstination que j'ai opposé un refus à ses volontés: il m'a ordonné de veniriciet d'y rester jusqu'à demain sans prendre aucune nourriture, je puis en cela lui obéir sans blesser ma conscience ; trouvez bon, par conséquent, que je n'accepte point ce que vous voulez bien m'apporter.” La mère, interdite en lui eïtendant exprimer des sentiments si religieux et en même temps si respectueux, sortit aussitôt pour donner un libre cours à ses larmes, qu’elle ne pouvait plus retenir, et alla raput à son mari cette réponse, qui l'avait vivement frappée.

Æe père en fut lui-même dans l'admiration, et versant tous deux des larmes d’attendrissement, ils eonvinrent que leur fils était plus raisonnable et valait mieux qu'eux. Ils allèrent en conséquence le trouver. Le pèro l’embrassa tendrement et se condamnant lui-même pour l’injuste dureté avec laquelle il l’avait traité, lui demanda qui avait pu lui donner ces sages conseils. Apprenant que c'était son confesseur, il courut lui témoigner sa reconnaissance des soins qu'il avait prodigués à son

Page 1