DU COMPLÉMENT DU VERBE
9. Le complément, qu'on appelle aussi régime du verbe, est le mot qui complète, qui achève d'exprimer l'idée commencée par le verbe. Quand je dis ; je cultive les lettres ; vous aimez vos parents ; écrire à ses amis; travaillez potir la gloire ; les lettres com ■ plète l'idée commencée par je cultive ; vos parents, l'idée commencée par vous aimez; à ses amis, l'idée commencée ^âr écrire; en^n pour la gloire complète l'idée commencée par travailler. Ainsi les lettres , vos parents, à ses amis, pour la gloire, sont les compléments ou régimes des verbes cultiver, aimer, écrire, travailler.
10. Il y a deux sortes de compléments : le complément direct, et le complément indirect.
11. Le complément direct est celui qui complète la signification du verbe, directement , c'est-à-dire
sans le secours d'aucun autre mol. II répond à la question qui? pour les personnes, et quoi? pour les choses. Vous aimez vos parents ; je cultive les lettres. Yo\is aimez qui ? vos parents. Je cultive quoi ? les lettres. Vos parents, les lettres, sont donc les compléments directs des verbes aimer, cultiver.
12. Le complément direct est exprimé ou par un substantif : je crains dieu ; je crains qui? Dieu; ou par un pronom : je vous estime; j'estime qui? vous; ou par un infinitif : je désire voyager; je désire quoi? voyager; ou par une proposition: j'e crois que l'ame est immortelle ; je crois quoi? que lame est immortelle (*).
13. Le complément indirect est celui qui complète la signification du verbe indirectement , c'està-dire à l'aide de certains mots qu'on appelle prépositions ; tels sont à, de, par, pour j avec, dans, etc. Il répond à une des questions à qui? de qui? par
{*) On entend Tpar proposition renonciation d'un jugement. Quand je dis : Dieu est juste, j'énonce que la qualité de juste convient à Dieu; il y a là un jugement, il y a une proposition. Il y a, dans une plirase, autant de propositions qu'il y a de verbes à un mode personnel , c'est-à-dire à un des temps de l'indicatif, du conditionnel, de l'impératif et du subjonctif. (Voy. notre Gramm. franc, n" 270.) Ainsi dans cette phrase : je crois que l'ame est immortelle , il y a deux propositions, et dans celle-ci: honorons Dieu, de qui nous tenons tous les biens que nous possédons, il y en a trois. (Voy. nos Leçons d'Analyse logique, pag. i et 2. )
(5 ) qui ? pour qui ? etc. , pour les personnes ; et à une de celles-ci à quoi? de quoi? par quoi? pourquoi? etc., pour les choses : j'écris à mes amis , tu parles de moi, je parie contre vous, je me livre à V étude, il est occupé de cette affaire , je ti} appuie contre «n arbre. J'écris à qui? à mes amis; tu parles de qui? de moi ; je parie contre qui? contre vous; je me livre à quoi? à l'étude ; il est occupé de quoi? de cette affaire ; je m'appuie contre quoi? contre un arbre. Donc à mes amis, de moi, contre vous , à l'élude, de cette affaire, contre un arbre , sont les compléments indirects des verbes écrire, parler, parier, se livrer, être occupé, s'appuyer.
14. Le complément indirect est exprimé ou par un substantif : je combats contre les ennemis ; je combats contre qui? contre les ennemis, ou par un pronom : il répond pour nous ; il répond pour qui? pour nous; ou par un infinitif : il vient de PARTIR ; il vient de quoi? de j^arlir.
15. Parmi les pronoms , il en est qui sont compléments directs , d'autres compléments indirects , et quelques uns tantôt compléments directs et tantôt compléments indirects.