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APONÉVROSES DE L'AISSELLE ET DU BRAS

La peau de l'aisselle est maintenue en place par une très forle lamelle fibreuse signalée pour la première fois par M. le professeur Gcrdy; cette aponévrose s'insère en haut à l'apophyse coracoïde, entre le tendon du petit pectoral et ceux du coraco-brachial et de la courte portion du biceps ; en bas à la partie moyenne de la peau de l'aisselle, vers le point le plus central, qui paraît toujours enfoncé, quelle que soit la position que l'on donne au membre supérieur.

Les autres aponévroses de l'aisselle ne sont autre chose que les gaines des muscles de cette région : en avant on trouve la gaine du muscle grand pectoral, dont le feuillet postérieur se dédouble pour envelopper le petit pectoral; au-dessus de ce muscle ces deux feuillets se réunissent et vont s'insérer à la clavicule. C'est cette aponévrose qui a été désignée par Blandin sous le nom de fascia clavicularis, et par M. Velpeau sous le nom d'aponévrose axillaire ou clavi-axillaire. M. le professeur P. Bérard a signalé une disposition anatomique fort importante : l'adhérence des veines à ce feuillet aponévrotique, disposition qui ne permet pas aux veines de s'affaisser et qui favorise l'entrée de l'air dans leur cavité. En arrière on trouve une gaîne pour le grand dorsal, une autre pour le grand rond. Ces deux gaines se confondent vers le point de réunion de deux muscles. Nous signalerons encore la paroi externe de la gaîne du grand dentelé. Entre le muscle grand rond et la partie inférieure du muscle sous-scapulaire , on aperçoit un trou qui donne passage aux nerfs et aux vaisseaux circonflexes postérieurs : c'est par ce trou que le pus des abcès profonds de l'aisselle fuse vers la partie postérieure ; en dehors, enfin, on rencontre une aponévrose très résistante, qui communique en haut avec la partie inférieure du cou, prenant un point d'appui sur l'aponévrose d'insertion du muscle sous-clavier. Cette aponévrose sert de gaîne aux nerfs et aux vaisseaux axill aires.

L' aponévrose brachiale naît des feuillets que nous venons d'examiner dans l'aisselle: ainsi par l'intermédiaire des gaines du grand

MYOLOGIE.

et du petit pectoral, par la gaine des vaisseaux axillaires, elle s'attache à la clavicule; elle s'attache en outre aux tendons des muscles grand pectoral et grand dorsal qui peuvent être considérés comme ses muscles tenseurs ; à l'acromion, à l'épine de l'omoplate, à la partie inférieure de la cavité glénoïde; née de ces différents points, elle entoure le bras et se termine autour de l'articulation du coude pour se continuer avec l'aponévrose antibrachiale, s'insérant aux éminences qu'on trouve au niveau de l'articulation numéro-cubitale.

Sa face externe est en rapport avec la peau, dont elle est séparée par le fascia super ficialis , les nerfs et les vaisseaux sous-cutanés.

Sa face interne présente plusieurs cloisons qui forment autant de gaines plus ou moins résistantes pour les muscles du bras.

Les deux cloisons les plus importantes sont celles qui sont désignées sous le nom d'aponévroses intermuscûlaires interne et externe. Ces deux cloisons séparent les muscles de la région antérieure du bras de ceux de la partie postérieure , divisant le bras en deux grandes cavités : l'une, antérieure, qui renferme les muscles biceps, brachial antérieur, coraco-bracbial , et la partie supérieure des muscles long supinateur et premier radial externe ; l'autre, postérieure, qui contient le muscle triceps.

Vaponévrose intermusculaire interne naît au-dessous du grand rond au bord postérieur de la coulisse bicipitale, longe le bord interne de l'humérus auquel elle adhère fortement, et se termine à l'épi trochlée. Cette cloison est traversée par le nerf cubital.

L'aponévrose intermusculaire externe naît du bord antérieur de la coulisse bicipitale, se confond avec le bord postérieur du tendon du deltoïde, longe le bord externe de l'humérus auquel elle adhère, et va se terminera l'épicondyle. Cette cloison est traversée obliquement par le nerf radial et l'artère humérale profonde.

Ces deux cloisons sont considérablement renforcées par des lamelles fibreuses qui semblent partir des bords de l'humérus; elles donnent toutes deux attache à des fibres musculaires, en avant au muscle brachial antérieur, en arrière au muscle triceps.

Outre ces deux grandes gaines on trouve aux bras d'autres gaines secondaires qui sont, en avant, une gaine particulière pour le muscle deltoïde, une pour le biceps ; la paroi antérieure de ces deux gaines est formée par l'aponévrose brachiale commune, la partie postérieure par des feuillets fibreux beaucoup plus minces qui vont d'une aponévrose intermusculaire à l'autre. Enfin, nous rencontrons encore la gaîne des vaisseaux et nerfs du bras qui n'est autre chose que la gaine fibreuse que nous avons déjà signalée dans l'aisselle. En arrière des cloisons intermusculaires partent des feuillets fibreux qui isolent, dans la moitié supérieure du bras, les diverses portions du muscle triceps.

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