DES VEINES EN GÉNÉRAL
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
On donne le nom de veines aux vaisseaux qui ramènent aux oreillettes le sang de toutes les parties du corps.
Les veines qui se rendent à l'oreillette gauche charrient du sang rouge ; celles qui se rendent au ventricule droit charrient du sang noir. Les premières constituent le système veineux pulmonaire; les secondes , le système veineux général. Il est un troisième système veineux, celui de la veine porte, qui représente à lui seul un appareil circulatoire tout entier. Le système veineux de la veine ombilicale sera décrit avec Y embryologie.
Les généralités dans lesquelles nous allons entrer s'appliquent particulièrement au système veineux à sang noir.
Origine, trajet et terminaisons des veines.
Les veines prennent leur origine des dernières ramifications des artères, par des ramuscules à peine plus volumineuses que les extrémités des artères ; dans certains points , au clitoris, à la verge , la continuité , au lieu d'être directe , est établie à l'aide d'un tissu spongieux , appelé tissu érectile , qui est lui-même essentiellement veineux.
Les capillaires veineux se réunissent en rameaux , ceux-ci en branches, ces derniers en troncs.
Les veines accompagnent les artères; on trouve, en général, deux veines pour une artère. Cependant, on ne remarque qu'une seule veine correspondant à l'aorte et aux branches qui en partent. Ainsi,
ANGÉIOLOGIE.
il n'existe qu'une veine eave supérieure ou inférieure correspondant à l'aorte, une veine iliaque primitive correspondant à l'artère du même nom. Cependant , les artères diaphragmatiques inférieures sont accompagnées de deux veines. 11 est des régions où l'on ne rencontre qu'une seule veine correspondant à deux artères; exemple : la veine dorsale de la verge, la veine ombilicale.
Aux membres et dans quelques parties du tronc, à la langue, par exemple, les veines sont superficielles et profondes.
Les veines profondes sont satellites des artères. Lorsqu'elles sont au nombre de deux pour chaque artère, l'une occupe un côté de l'artère, l'autre le côté opposé. Nous avons déjà indiqué les rapports des veines avec les artères, nous n'y reviendrons pas (voy. p. 319). Quelquefois les veines profondes s'écartent des artères, les sinus de la dure-mère, par exemple, la veine azygos. Dans ces circonstances, la disposition de l'appareil veineux est essentiellement différente de celle de l'appareil artériel.
Les veines superficielles sont placées entre la peau et l'aponévrose sous-cutanée, en rapport avec les nerfs et les vaisseaux lymphatiques superficiels; ces veines, qui s'anastomosent largement avec les veines profondes, établissent une espèce de circulation collatérale, partout où les contractions violentes de muscles puissants pourraient ralentir la circulation dans les veines profondes.
Les veines ne sont pas aussi flexueuses que les artères; les gros troncs sont rectilignes, et ce n'est que dans les ramifications les plus déliées, au niveau des plexus veineux ou dans les veines hypertrophiées, que l'on rencontre des flexuosités.
Les veines se terminent: celles de la partie sus-diaphragmatique, dans la veine cave supérieure; celles de la partie sous-diaphragmatique, dans la veine cave inférieure.
La plupart des anatomistes admettent que l'on rencontre plus fréquemment des anomalies dans le système veineux que dans le système artériel ; mais si l'on écarte les veines sous-cutanées qui ne correspondent pas à des artères et qui ne peuvent offrir aucun terme de comparaison; si l'on tient compte des nombreuses branches anastomotiques, on verra que les veines ne présentent pas plus d'anomalies que les artères. Il arrive souvent, en effet, qu'un rameau veineux se jette dans une autre veine par deux branches ; tantôt une de ces branches sera plus développée, tantôt l'autre branche présentera un calibre plus considérable que la première; dans ce cas, l'anomalie portera seulement sur les dimensions des branches de bifurcation du vaisseau, mais nullement sur sa distribution. Nous ajouterons toutefois que si le mode de terminaison des veines ne présente pas autant d'irrégularités qu'on pourrait le supposer au premier abord, il est très fréquent d'observer des anomalies dans le calibre et dans les anastomoses.