VEINES DU RACHIS
mineuses qui se dirigent de bas en haut et marchent avec les troncs nerveux vers les trous de conjugaison qu'elles traversent en partie ; l'autre partie se jette dans les plexus intra-rachidiens.
A. Veines intra-rachidiennes antérieures (fig. 65, 1, et fig. 66, 9). — Elles sont formées par deux longs cordons veineux plexiformes dont les intervalles sont moins larges que les vaisseaux eux-mêmes ; ces vaisseaux présentent des dimensions plus grandes au niveau du corps des vertèbres qu'au niveau du disque intervertébral ; les veines des deux côtés sont réunies par d'autres plexus situés en travers au niveau du corps des vertèbres et qui reçoivent les veines de ces os. Ces veines transversales peuvent être considérées avec raison comme les analogues des sinus de la gouttière basilaire. On peut les appeler sinus intra-rachidiens antérieurs.
Les veines intra-rachidiennes sont situées entre les vertèbres et le ligament vertébral commun postérieur.
B. Veines intra-rachidiennes postérieures. — Elles sont beaucoup moins volumineuses que les antérieures, surtout dans les régions cervicale et dorsale, et sont situées entre la dure-mère et les arcs des vertèbres ; elles se présentent également sous la forme de plexus, mais beaucoup moins serrées, car les espaces qui séparent les veines sont beaucoup plus considérables que le calibre des vaisseaux; les deux cordons veineux qui occupent les deux côtés du rachis sont réunis par des veines transversales situées au niveau de l'espace compris entre les vertèbres; ces veines transversales correspondent aux sinus occipitaux postérieurs. Ils reçoivent le sang des arcs des vertèbres et de leurs ligaments.
Les veines intra-rachidiennes antérieures et postérieures communiquent entre elles par d'autres veines transversales dirigées d'avant en arrière, de sorte qu'on peut constater dans l'intérieur du canal rachidien un anneau veineux complet correspondant à chaque vertèbre.
Les veines antérieures contribuent à former les vaisseaux extrarachidiens antérieurs ; les postérieures s'anastomosent avec les veines extra-rachidiennes postérieures.
2° Veines extra-rachidiennes postérieures. — • Les plexus extrarachidiens postérieurs se composent des veines situées tout le long du rachis entre les apophyses transverses et les apophyses épineuses, sous et entre les muscles de la partie postérieure; ces veines sont peu considérables au dos et aux lombes ; elles se réunissent dans les gouttières vertébrales, forment des arcades à concavité antérieure et communiquent au niveau de chaque trou de conjugaison avec les veines intra-rachidiennes postérieures.
Au cou ces plexus sont beaucoup plus développés; ils reçoivent deux veines longitudinales situées entre le grand complexus et le transversale épineux. M. druveilhier les décrit sous le nom de jugulaires postérieures.
AîSGÉlOLUCilL.
La veine jugulaire postérieure (fig. 64, 17) naît entre l'atlas et l'occipital, se porte en bas et en dedans jusqu'à l'axis, où elle s'anastomose avec celle du côte oppose, puis se dirige en bas et en dehors, et va se jeter dans le tronc brachio-céphaliquc, entre la septième vertèbre cervicale et la première côte.
Cette veine, dont le calibre est en général inverse de celui de la vertébrale, communique avec cette dernière veine, avec les veines spinales postérieures, les veines occipitales, mastoïdiennes et au niveau de chaque trou de conjugaison avec les plexus intra-rachidiens.
3° Veines exlra-rachidiennes antérieures. — Nous les dhiserons en trois sections :
A. Veines qui se jettent dans les troncs veineux brachio-céphâ- Uques. — Deux vaisseaux situés à la partie antérieure et latérale de la portion cervicale du rachis charrient le sang qui vient des muscles de la région prévertébraîe ; dans ces veines viennent s'ouvrir les veines intra-rachidiennes et quelques unes des veines des muscles de la région profonde et postérieure du cou. L'un de ces va;sseaux, la veine vertébrale ou trachélienne externe (fig. 66, 7), parcourt de haut en bas le canal des apophyses transverses des vertèbres cervicales, reçoit à sa partie supérieure quelques veines qui entourent le trou occipital et dans tout son trajet des branches qui viennent du canal rachidien et vont s'aboucher dans le tronc innomme, au voisinage de la veine sous-clavière ou de la jugulaire externe. L'autre, la veine cervicale profonde , appelée encore vertébrale superficielle (fig. 63, ÎL), descend derrière les apophyses transverses cervicales, communique avec les plexus intra-rachidiens et les plexus postérieurs du cou, reçoit les plexus de la partie antérieure, et va se jeter dans le tronc innominé, soit seule, soit réunie à la veine vertébrale.
Les veines du côté gauche communiquent avec celles du côté droit à l'aide de branches plexiformes transversales très développées au niveau des deux premières vertèbres cervicales.
B. Veines qui se jettent dans les iliaques primitives. — Ces veines sont : 1° Les veines iléo-lombaires , qui correspondent exactement aux artères iléo-lombaires ; elles reçoivent les veines qui passent par les trous de conjugaison des deux dernières vertèbres lombaires et un rameau qui vient des veines sacrées latérales. 2" Les veines sacrées latérales (fig. 63, 14), quelquefois au nombre de deux de chaque côté; elles reçoivent les veines qui sortent par les trous sacrés antérieurs ; on remarque au niveau de la grande échancrure sciatique un plexus assez considérable qui se jette dans la sacrée latérale inférieure; cette dernière, quand elle existe, se jette le plus souvent dans la veine hypogastrique. 3° La veine sacrée moyenne (fig. 63, 15) , située sur la ligne médiane, reçoit les veines du corps du sacrum, des rameaux qui viennent des plexus vésicaux et hémorrhoïdaux, et des branches transversales qui, sortant par les trous sacrés antérieurs,
VEINES DU RACMS.
établissent une communication entre les veines sacrées latérales des deux côtés. La veine sacrée moyenne se jette dans la veine iliaque primitive gauche, à une distance plus ou moins grande de son embouchure avec la veine iliaque primitive droite.
C. Branches de la partie supérieure de la région lombaire et de toute la région dorsale; ces branches établissent une large communication entre les deux veines caves.
1° Veine azygos. — Veine considérable qui longe le côté droit de la colonne vertébrale et se jette dans la veine cave supérieure (tig. 63, 8) ; elle tire son origine des veines vertébro-lombaircs qui se réunissent en arcades pour former la veine lombaire ascendante (fig. 63, 12); elle naît quelquefois de la douzième veine vertébrocostale. Dans tous les cas elle communique toujours, par une ou plusieurs branches plus ou moins volumineuses, avec la veine cave infé- I rieure; elle passe de la cavité abdominale dans la cavité thoracique I par une ouverture qui lui est commune avec le cordon du grand sympathique droit; dans le thorax elle est située dans le médiastin postérieur, à droite de l'aorte et du canal thoracique, en avant des intercostales droites qu'elle coupe à angle droit; arrivée au niveau du troisième espace intercostal, elle se recourbe à la manière de la crosse de l'aorte, embrasse la bronche droite, et se jette dans la partie postérieure de la veine cave supérieure.
Branches collatérales . — La veine azygos reçoit à sa partie antérieure un assez grand nombre de petites branches peu importantes; I les veines œsophagiennes, bronchiques droites, médiastines-, etc.; les I rameaux qui méritent une description particulière sont ?
a. Les veines intercostales droites, ou veines vertébro-costales ,
I formées par les veines intercostales proprement dites, par des rameaux
II qui viennent des plexus intra-rachidiens et d'autres rameaux qui I sortent des muscles de la région postérieure du dos, enfin par des I veines qui viennent du corps des vertèbres; tous ces rameaux se I réunissent en un tronc commun correspondant au tronc de chaque I artère intercostale, et qui, sous le nom de veine ver lébro- costale, I se jette à angle droit dans la veine azygos.
b. La petite azygos, demi-azygos gauche, petite azygos infé- I rieure. Elle tire son origine des artères vertébro-lombaires ; quelf quefois elle reçoit un rameau de la rénale; elle se porte de bas en i haut sur la partie latérale gauche de la colonne vertébrale, reçoit les i quatre ou cinq dernières veines vertébro-costales gauches, puis se I dirige de gauche à droite à une hauteur variable suivant les sujets, I passe derrière le canal thoracique et va se jeter dans la grande veine ' azygos.
c. La petite azygos supérieure naît des veines vertébro-costales I supérieures, se porte de haut en bas, reçoit au niveau de chacun I des espaces intercostaux la veine vertébro-costale qui leur correspond ;
la veine bronchique gauche , des veines médiastinesj etc., et va s'ou-
ANGÉïOLOGIE,
vrir tantôt dans la grande veine azygos, d'autres fois dans le tronc brachio-céphalique gauche; quelquefois elle se bifurque et va se jeter dans ces deux vaisseaux.
La veine azygos présente un grand nombre de variétés dans son calibre, son trajet, ses anastomoses ; mais le point le plus important dans l'histoire de cette veine, point qui ne souffre pas d'exception, c'est qu'elle est destinée à établir une espèce de circulation collatérale qui réunit la grande circulation veineuse* et à recevoir les vaisseaux veineux qui ne pouvaient se jeter dans la veine cave supérieure à partir du point où elle traversait le péricarde , ni dans la veine cave inférieure au-dessus du point où elle se trouve en rapport avec le bord du foie. La veine azygos a suffi pour rétablir la circulation dans des cas d'oblitération de la veine cave inférieure.