LANGUE
que les autres. Cette petite cavité est désignée sous le nom de foramen cœcum de Morgagni.
B. Les petites papilles sont divisées en fongiformes, filiformes et coniques; ces dernières sont les plus nombreuses. Ces diverses papilles sont disséminées sur la surface de la langue (fig. 76, E, F).
3° Les glandes. En arrière des papilles caliciformes on trouve un assez grand nombre de glandes disposées en forme de V concentrique au V des papilles caliciformes (fig. 76 , C).
Face inférieure. — La face inférieure de la langue n'est libre que dans son tiers antérieur ; ses deux tiers postérieurs sont occupés par les muscles qui la fixent aux parties voisines. Sur la portion libre de la face inférieure on remarque un sillon médian occupé en arrière par un repli muqueux, le frein de la langue ou filet; de chaque côté du sillon on voit la saillie des muscles linguaux et deux saillies bleuâtres formées par les veines ranines.
Les bords vont en augmentant d'épaisseur de la pointe vers la
Langue*
k. Os hyoïde. — B. Artère linguale. — C. Glandules de la base de la langue. — j D, D. Papilles caliciformes. — E, E, E. Papilles fungiformes. — F, F. Papilles j filiformes. — 1. Muscle génio-hyoïdien. — 2,2, M. mylo-hyoïdien. — 3. M. lingual profond ou inférieur. — 4, M. génio-glosse. — 5* M. stylo-glosse. — 6; 6. M. Hyoglosse.
SPLANCHNOLOGIE.
base de (a langue; les papilles se rencontrent dans toute la moitié supérieure de ces bords.
La base est fixée à l'os hyoïde.
La pointe conserve souvent les traces du sillon médian des face supérieure et inférieure.
Structure. — La langue est formée : 1° de muscles intrinsèques et extrinsèques qui s'attachent sur des parties fibreuses et cartilag neuses formant, avec l'os hyoïde, la charpente de l'organe; 2" d'u membrane muqueuse; 3° de vaisseaux et de nerfs.
Charpente de la langue.
Vos hyoïde, que nous avons déjà décrit, donne attache par lèvre postérieure à une membrane fibreuse , membrane hyoglossienne, sur laquelle s'implantent les fibres de la langue.
Sur la ligne médiane, on trouve une petite lame cartilagineuse verticale , plus épaisse en arrière qu'en avant , située entre les génio-glosses, et donnant, par ses deux faces, attache à des fibres musculaires.
Enfin le derme de la membrane muqueuse de la langue est extrêmement épais ; il adhère au tissu musculaire et peut être également considéré comme faisant partie de la charpente de la langue.
Muscles de la langue.
Ces muscles sont intrinsèques; ce sont les muscles linguaux , et extrinsèques, les stylo-glosse, hyoglosse et génio-glosse.
Muscle lingual.
On désigne sous le nom de muscle lingual un grand nombre de fibres musculaires qui s'entrecroisent avec les muscles extrinsèques de la langue.
M. Gerdy, qui a disséqué et décrit avec beaucoup de soin les muscles de la langue, signale :
1° Un muscle lingual superficiel qui recouvre la face supérieure et les bords de la langue, adhère fortement au derme de la muqueuse sur laquelle il se fixe ; en arrière, ce muscle s'attache au tissu fibreux jaune qui a été signalé à la base de la langue.
2° Deux linguaux profonds placés entre les hyoglosses et les génio-glosses et qui se fixent en arrière au tissu jaune. M. Cruveilhier désigne ce faisceau sous le nom de lingual inférieur (fig. 76, 3).
3° Des linguaux transverses, placés sous le lingual superficiel, traversant toute la largeur de la langue, passant entre les fibres latérales du lingual superficiel, qu'ils croisent à angle droit.
GÉMO-GLOSSE .
D'après M. Cruveilhier, le muscle lingual des ailleurs est un petit faisceau musculaire couché le long de la face inférieure de la langue entre le stylo-glosse et l'hyoglosse; il naît en arrière de l'os hyoïde, se dirige d'arrière en avant avec les fibres transversales du styloglosse et du génio-glosse, puis redevient libre antérieurement et se termine à la pointe de la langue, en s'unissant aux fibres antérieures du stylo-glosse.
Le lingual raccourcit la langue et abaisse sa pointe.
Slylo-glosse.
Petit muscle grêle (fig. 76, 5) qui s'insère en haut à la partie inférieure de l'apophyse styloïde et à l'aponévrose stylo-maxillaire, se porte en bas , en dedans et en avant ; parvenu à la base de la langue, il se divise en deux portions: l'une, antéro postérieure, qui longe le bord correspondant de la langue; l'autre, transverse, qui s'unit à celui du côté opposé et se confond avec les fibres transverses de la langue.
Rapports. — En dehors avec la glande parotide, le muscle ptérygoidien interne, la glande sublinguale, le nerf lingual ; en dedans avec le stylo-hyoïdien , le constricteur supérieur du pharynx et l'hyoglosse.
Action. — Il porte la langue en haut , l'élargit et la porte en arrière.
Hyoglosse.
Petit muscle quadrilatère (fig. 76,6) qui s'insère au corps de l'os hyoïde, à la petite corne et à toute la longueur de la grande corne; de là ses fibres se portent verticalement en haut et se terminent sur les côtés de la langue, entre le stylo-glosse et le lingual.
Rapports. — En dehors avec le stylo-glosse, le mylo-hyoïdien, le digastrique , les nerfs lingual et grand hypoglosse , la glande sublinguale ; en dedans' il répond à l'artère linguale , au génio-glosse et au constricteur moyen du pharynx.
Action. — Il porte la langue en arrière et la rétrécit dans son diamètre transversal.
Génio-glosse.
Le plus volumineux des muscles de la langue , de forme radiée (fig. 76, 4); il s'insère aux apophyses géni supérieures; de là ses fibres vont dans diverses directions : les postérieures se portent vers l'os hyoïde; quelques unes vont se terminer sur les côtés du pharynx; les antérieures, les plus nombreuses, sont destinées à la langue ; les fibres les plus antérieures de cette portion sont les plus courtes et se portent à la pointe de l'organe; les autres
se terminent à la face profonde, sur la couche dermique de la muqueuse linguale.
Rapports. — En dehors, avec la glande sublinguale et les autres muscles de la langue; en dedans, avec son congénère.
Action. — 11 porte la langue hors de la bouche par ses fibres postérieures ; par ses fibres antérieures il ramène la langue dans la cavité buccale.
Muscle amygdalo-glosse.
M. Broca a décrit et figuré (1) un quatrième muscle extrinsèque de la langue. Ce faisceau musculaire, qu'on met facilement à découvert en enlevant la membrane muqueuse qui existe entre le bord inférieur de l'amygdale et la partie correspondante du bord de la langue, se compose : en dedans, de fibres transversales qui pénètrent dans la langue au-dessous du muscle lingual superficiel , et peuvent être ^suivies jusque sur la ligne médiane où elles s'entrecroisent avec le muscle du côté opposé; en dehors, de fibres verticales qui remontent le long de la face externe de l'amygdale. Ce muscle forme donc une anse à concavité tournée en haut et en avant.
Rapports. — Par sa face concave et supérieure avec l'amygdale, la muqueuse buccale et le muscle lingual superficiel ; par sa face 1 convexe et inférieure, dans sa partie interne et horizontale avec les fibres propres de la langue, dans sa partie externe ou verticale avec les fibres du constricteur supérieur du pharynx qui se jettent dans la langue, se confondant en partie avec le génio-glosse, fibres dont on a fait un muscle particulier sous le nom de pharyngo-glosse ; ses bords antérieur et postérieur sont séparés par un espace celluleux de 3 à 4 millimètres, le premier du glosso-staphylin, le second du pharyngo-staphylin.
Action. — Il est élévateur de la base de la langue et constricteur de l'isthme du gosier.
Il existe un cinquième muscle extrinsèque de la langue, c'est le glosso-staphylin, pilier antérieur du voile du palais que nous avons décrit plus haut.
Membrane muqueuse. — La muqueuse de la langue est très mince dans toute sa partie non papillaire ; dans sa partie papillaire elle est doublée d'une lame épidermique cornée très épaisse qui forme à chaque papille une espèce d'étui.
Artères. — Elles sont fournies par l'artère linguale.
Veines. — Les veines profondes suivent le trajet de l'artère liigg guale et portent le même nom qu'elles ; les veines superficielles, veines ranines, peuvent être facilement aperçues sur la face inférieure de la langue.
(1) Bonamy, Broca et Bcait, Atto.è ti'anatornie cleBcriptik, t. III, pl, xnbis.