CORPS THYROÏDE
Le corps thyroïde est un organe glanduliforme situé au-devant des premiers anneaux de la trachée et sur les parties latérales du larynx (fig. 85, 6). Il présente des différences de volume très considérables; l'hypertrophie de cet organe constitue l'affection désignée sous le nom de goitre. Le corps thyroïde est plus volumineux chez la femme que chez l'homme.
On considère au corps thyroïde deux lobes latéraux ou cornes réunies entre elles par une portiou rétrécie qu'on appelle isthme. Sa surface extérieure est lisse, quelquefois divisée en lobules par des sillons
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SPLANCUNOLOGIE.
superhciels.Le corps thyroïde est en rapport, par sa partie moyenne, en avant, avec les muscles de la région sous-hyoïdienne ; en arrière, avec les premiers anneaux de la trachée. Par ses parties latérales, recouvert en avant par les muscles sous-hyoïdiens , il recouvre et entoure les parties latérales du larynx, du pharynx et de l'origine de l'œsophage: en arrière, il répond à l'artère carotide primitive, à la veine jugulaire interne , aux nerfs pneumogastrique et grand sympathique. Son bord supérieur présente à la partie moyenne un prolongement désigné par Lalouette sous le nom de pyramide, et qui s'attache tantôt au bord supérieur du cartilage thyroïde, tantôt à la membrane thyro-hyoïdienne, et môme au bord inférieur de l'os hyoïde. Par les prolongements supérieurs de ses cornes, le corps th>roïde est en rapport avec les grandes cornes du cartilage thyroïde ; par les inférieurs, il se prolonge jusqu'au niveau du sixième anneau de la trachée et sépare ce conduit de l'artère carotide primitive.
Le corps thyroïde est composé d'une membrane fibreuse qui envoie par sa face adhérente dans l'intérieur de l'organe des prolongements qui isolent les diverses cellules composant la glande. Chaque cellule représente autant de vésicules renfermant un liquide visqueux jaunâtre , plus ou moins abondant suivant les sujets, assez abondant quelquefois pour dilater considérablement les vésicules et déterminer l'hypertrophie de l'orgaue. On a en vain cherché un canal excréteur à la glande thyroïde.
Artères. — Elles sont extrêmement volumineuses, eu égard au volume de la glande; elles sont fournies par la thyroïdienne supérieure, branche de la carotide externe, et la thyroïdienne inférieure, branche de la sous-clavière. Il existe quelquefois une thyroïdienne moyenne, thyroïdienne de Neubauer.
Veines. — Extrêmement volumineuses et formant au-devant de la trachée un plexus très considérable ; elles se jettent, les inférieures dans les troncs veineux brachio-céphaliques, les supérieures dans la jugulaire interne.
Vaisseaux lymphatiques. — Ils vont se rendre aux ganglions cervicaux.
Nerfs. — Ils sont très peu nombreux et viennent des laryngés et du grand sympathique.
TRACHÉE- ÀRTÈRË*
La trachée-artère est un canal qui s'étend du larynx aux bronches. Sa longueur est mesurée par l'intervalle qui sépare la cinquième vertèbre cervicale de la troisième dorsale. Elle s'allonge lorsque le larynx est élevé ; elle se raccourcit, au contraire, lorsque cet organe est abaissé. Son calibre est de 20 à 25 millimètres; plus considérable chez l'homme que chez la femme , il est déterminé d'ailleurs par le calibre du cartilage cricoïde.
BRONCHES
Ou considère à la trachée une surface extérieure , une surface intérieure.
Surface extérieure. — Cylindrique en avant et sur les côtés , aplatie en arrière, elle est en rapport :
1° A la région cervicale. — En avant, avec l'isthme du corps thyroïde, le plexus veineux thyroïdien, l'artère thyroïdienne de Ncubauer quand elle existe, le muscle sterno-thyroïdien et l'aponévrose cervicale ; sur les côtés , avec les parties latérales du corps thyroïde, Tarière carotide primitive, le nerf pneumogastrique, et des ganglions lymphatiques très nombreux ; en arrière, avec l'œsophage, qui la sépare cle la colonne vertébrale; l'œsophage déborde un peu la trachée à gauche; le nerf récurrent de ce côté est logé dans la gouttière qui existe entre ces deux canaux; le nerf récurrent droit est situé un peu plus en arrière cle la trachée.
2° Dans le thorax. — En avant, de haut en bas, elle répond au sternum, au thymus, au tronc brachio-céphalique, à la face postérieure de la crosse de l'aorte, à la bifurcation de l'artère pulmonaire ; en arrière, à l'œsophage; sur les côtés, elle est tapissée par les plèvres et en rapport avec les nerfs pneumogastriques.
Surface intérieure. — Elle est formée par la membrane muqueuse, sur laquelle nous reviendrons en décrivant la structure de la trachée, qui est la même que celle des bronches et que nous décrirons après avoir fait connaître ces dernières.
BRONCHES
On désigne ainsi les deux branches de bifurcation de la trachée. Ces deux canaux forment entre eux un angle obtus ouvert en bas ; l'angle de b furcation est occupé par un ligament triangulaire très fort qui en limite l'écartement (fig. 84).
Les deux bronches sont désignées sous le nom de bronche droite et de bronche gauche.
La bronche droite a un calibre plus considérable que la bronche gauche; beaucoup plus courte, moins oblique, elle est en rapport avec la veine azygos.
La bronche gauche, moins volumineuse, mais plus longue et plus oblique que la droite, est en rapport avec la crosse de l'aorte et l'œ- S3phagc.
Les rapports communs des deux bronches sont ies suivants : Elles sont entourées par les plexus pulmonaires, par des ganglions lymphatiques remarquables par leur couleur noire. L'artère pulmonaire, située d'abord au-devant de la bronche correspondante, lui devient supérieure, puis postérieure au moment où la bronche pénètre dans le poumon. La veine pulmonaire se dirige de bas en haut entre la bronche et l'artère.
Parvenues à la racine du poumon, les deux bronches se divisent :
SPLANCHNOLOGIE.
la gauche en deux branches égales; la bronche droite, en trois brad ches : une supérieure plus petite, destinée au lobe supérieur du poumon, et deux autres de volume égal dont l'une se rend au lobe moyen, l'autre au lobe inférieur. A part cette différence, les divisions bronchiques sont partout identiquement les mêmes; elles se
Fig. 84.
Bronches.
divisent dichotomiquementà angle aigu. C'est ainsi que les bronches se distribuent dans les lobules pulmonaires où nous les retrouverons en décrivant la structure du poumon.
Les divisions et subdivisions des bronches ne dépassent guère le nombre de douze à quinze.
Dans les poumons les bronches sont en rapport avec les vaisseaux bronchiques et pulmonaires, les nerfs et les lymphatiques; l'artère pulmonaire est toujours placée derrière la bronche , la veine s'en écarte souvent ; souvent la veine et l'artère s'entrecroisent autour de la bronche correspondante.
Nous verrons plus loin les rapports des dernières divisions bronchiques avec les lobules pulmonaires.
Structure de la trachée et des premières ramifications des bronches.
La trachée est formée de seize à vingt anneaux cartilagineux superposés, séparés par autant d'anneaux fibreux qui les réunissent.
BRONCHES
Ces anneaux, incomplets en arrière, forment les deux tiers ou les trois quarts d'un cercle; ils sont peu réguliers, leur hauteur est différente ; le même anneau présente même une différence de hauteur dans les divers points de son étendue; quelquefois ils se soudent, d'autres fois ils se bifurquent; ces cartilages s'ossifient assez souvent chez les vieillards.
Le premier anneau de la trachée est beaucoup plus élevé que les autres, surtout à sa partie antérieure. ,
Le dernier présente à sa partie moyenne un éperon saillant dans l'intérieur de la trachée. Cet éperon sépare en deux portions l'extrémité inférieure de la trachée; les deux demi-cerceaux qui résultent de cette disposition constituent les deux premiers cerceaux des bronches.
Tissu fibreux . — Le tissu fibreux de la trachée forme à ce canal un tuyau complété à la partie antérieure et sur les parties latérales par les anneaux de la trachée qui paraissent développés dans son épaisseur. En arrière, le tissu fibreux forme seul la charpente de la trachée.
Fibres musculaires. — On a constaté dans la partie membraneuse de la trachée des fibres musculaires transversales qui s'insèrent aux deux extrémités des anneaux cartilagineux.
Tissu jaune. — Ce tissu se présente sous l'apparence de faisceaux longitudinaux jaunes, semblables à des plis qui ne s'effacent point par la distension; ces faisceaux sont adhérents à la muqueuse trachéale ; arrivés à la bifurcation de la trachée, ils se bifurquent et se rendent dans les bronches.
Glandules. — Entre la tunique fibreuse et la tunique musculeuse on a signalé l'existence d'un grand nombre de granulations qu'on retrouve encore sous la membrane muqueuse entre les anneaux de la trachée.
Membrane muqueuse. — La surface intérieure de la trachée-artère est tapissée par une membrane muqueuse très adhérente aux tissus qui la supportent ; elle est percée d'un grand nombre de petits per~ tnisqui sont les orifices des glandules trachéales.
Artères. — Elles sont fournies parles artères thyroïdienues.
Veines. — Les petits vaisseaux veineux, aussi nombreux que les espaces qui existent entre les anneaux, vont se rendre dans les troncs veineux situés le long de la trachée.
Lymphatiques. — Ils se rendent dans les ganglions ambiants.
Nerfs. — Ils viennent des pneumogastriques.
La structure des bronches est identique avec celle de la trachée. La bronche gauche est composée de dix à douze anneaux cartilagineux, la bronche droite de cinq à six; tous les tissus qui entrent dans la composition de la trachée se retrouvent dans la composition des bronches, et présentent la même disposition. Les artères viennent le plus souvent de l'aorte, ce sont les artères bronchiques. Les veines du
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coté droit se jettent dans la veine azygos et celles du coté gauche dans l'intercostale supérieure.
Nous décrirons avec la structure du poumon la structure des ramifications bronchiques.