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LIGAMENTS RONDS ET LIGAMENTS LARGES

Ligaments ronds. — On désigne sous ce nom deux faisceaux arrondis formés de fibres longitudinales qui paraissent de nature musculaire, et étendus des bords de l'utérus à la région pubienne.

Us naissent un peu au-dessous des angles de l'utérus, au-dessous et en avant de la trompe; de là, ils se portent en avant, en dehors et en haut, gagnent l'orifice abdominal du canal inguinal, s'y engagent, le traversent, sortent par l'orifice cutané, et vont se terminer en s'éparpillant dans le tissu cellulaire du pénil et de la grande lèvre.

Le ligament rond est complètement recouvert par le péritoine, qui l'abandonne au niveau de l'orifice abdominal du canal inguinal. Il contient dans son épaisseur de nombreux vaisseaux, et surtout des veines susceptibles de devenir variqueuses.

Ligaments larges. — On donne ce nom à deux larges replis du péritoine, étendus de la partie antérieure des bords de l'utérus aux parties latérales de l'excavation pelvienne.

Le bord supérieur du ligament large est divisé en trois ailerons :

SPLANXHNOLOGIE.

le supérieur, formé par l'ovaire et son ligament; le moyen, qui est le plus considérable et le plus élevé, est constitué par la trompe ; l'inférieur, parle ligament rond.

Les ligaments larges constituent une espèce de cloison qui contient l'utérus dans son épaisseur et divise la cavité pelvienne en deux parties : l'une antérieure, qui contient la vessie; l'autre, postérieure, renferme le rectum.

Organe de Rosenmuller.

Dans l'épaisseur du ligament large, au voisinage de l'ovaire et de l'extrémité abdominale de la trompe, existe un petit appareil tubuleux récemment étudié par. M. Follin (1).

Cet organe est situé en avant des vaisseaux ovanques; il se compose de quinze à vingt canalicules inégaux en longueur.

Chaque canaliculc présente un corps flexueux, une extrémité inférieure terminée en cul-de-sac , une extrémité supérieure qui se dirige vers un canal commun et se perd d'une manière insensible dans l'épaisseur du ligament large.

A l'extrémité externe du ligament large, on trouve une vésicule souvent adhérente à une des franges du pavillon de la trompe; plus ou moins pédiccllée , elle est l'analogue de la vésicule de Morgagni chez l'homme.

Fie. 90.

Organe de Rosenmuller {d'après une préparation de M. Follin).

\. Organe de Rosenmuller. — L. Ligament large. — 0. Ovaire. — T. Trompe utérine.

(1) Follin, Thèse inaugurale. Paris, mai d 850.

VAGIN

L'organe de Rosenmuller est formé par les vestiges du corps de Wolf.

Organes génUo-urinaires de la femme (coupe antéro-postérieure).

i. Sacrum. — 2. Rectum. — 3. Cul-de-sac recto-vaginal du péritoine. — 4. Vagin, - — 5. Vessie. — 0. Artère iliaque primitive. — 7. Veine iliaque primitive.

VAGIN

Le vagin est un conduit membraneux qui s'étend de la vulve à l'utérus. Il est destiné à l'introduction du pénis et au passage du fœtus et des sécrétions utérines.

Il est cylindrique, un peu aplati d'avant en arrière, à parois toujours contigués. Il est long de 10 à 12 centimètres; sa largeur est de 3 centimètres environ. Ce canal, très extensible et très dilatable, est situé dans l'excavation pelvienne entre la vessie et le rectum, maintenu en place par ses adhérences très intimes avec les parties environnantes.

Le vagin est oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Sa direction est parallèle à l'axe du détroit inférieur du bassin; celle de l'utérus se trouve, au contraire, parallèle à l'axe du détroit supérieur : il en résulte que ces deux organes forment un angle obtus ouvert en avant.

SPLÀÎSCHNOLOG1E .

On considère au vagin une surface extérieure, une surface intérieure, deux extrémités.

Surface extérieure. — Rapport. — En avant, avec le bas-fond de la vessie et le canal de l'urètre auxquels il est uni par du tissu cellulaire très serré; en arrière, avec le rectum dont il est séparé par le péritoine dans son quart supérieur, et auquel il est uni dans les trois quarts inférieurs par du tissu cellulaire analogue à celui qui existe entre le vagin et la vessie, mais beaucoup plus lâche. Les cloisons qui séparent le vagin de la vessie et du rectum sont appelées vésico -vaginale et recto-vaginale. Latéralement, le vagin donne attache par sa partie supérieure au ligament large. Plus bas , il répond aux releveurs de l'anus et à l'aponévrose pelvienne.

Surface interne. — Elle présente des rides transversales plus développées à l'orifice du vagin que dans sa partie profonde ; ces saillies viennent aboutir à deux rapbés médians situés sur les deux faces antérieure et postérieure du vagin : ces rapbés sont désignés sous le nom de colonnes du vagin; celle de la paroi- postérieure est moins développée que celle de la paroi antérieure.

Extrémité supérieure. — Elle embrasse le col de l'utérus et forme autour de cet organe une rigole circulaire plus profonde en arrière qu'en avant.

Extrémité inférieure. — C'est la portion la plus étroite du vagin; cette étroitesse est encore augmentée par une saillie transversale située en avant. Chez les vierges, elle est pourvue d'une valvule formée par un repli muqueux plus ou moins résistant, membrane hymen, qui sépare la vulve du vagin. Cette valvule est tantôt circulaire, tantôt elle a la forme d'un croissant à concavité antérieure. Les débris qu'elle laisse après sa rupture constituent les caroncules myrtiformes on hyménéales.

Structure du vagin.

La paroi postérieure et la partie supérieure de la paroi antérieure du vagin sont assez minces; la paroi antérieure devient, au contraire, plus épaisse au niveau du canal de l'urètre et dans le point où elle forme les saillies que nous avons indiquées. Ces parois sont constituées : 1° par une tunique externe, formée par une couche de tissu dartoïque condensé; 2° une tunique propre, formée par deux lames de tissu fibreux entre lesquelles on trouve un tissu spongieux analogue à celui du corps caverneux ; 3° une membrane muqueuse , à épithélium très épais , très adhérente à la membrane propre , pourvue de papilles très développées et d'un grand nombre de follicules muqueux. Le péritoine , qui ne recouvre le vagin que dans le quart supérieur de sa face postérieure, ne doit pas être considéré comme formant une des tuniques de ce canal.

Bulbe du vagin. — A l'orifice du vagin, dans l'intervalle qui sé-

VULVE

pare cet organe des corps caverneux du clitoris, on trouve un appareil érectile très considérable, désigné sous le nom de bulbe du vagin. Peu épais en avant où il est situé , entre les racines du clitoris et le méat urinaire, il se renfle bientôt et se termine sur les cotés du vagin par deux extrémités arrondies. Cet organe, qui manque à la partie postérieure du vagin, est recouvert par le muscle constricteur du vagin; il est constitué par un tissu érectile analogue au bulbe de l'urètre de l'homme ; ses veines communiquent avec celles du tissu caverneux du clitoris.

Artères. — Elles sont fournies par les vaginales, branches de l'hypogastrique.

Veines. — Elles sont très nombreuses et plexiformes; elles se jettent dans les veines hypogastriques.

Vaisseaux lymphatiques. — Ils se rendent aux ganglions pelviens.

Nerfs. — Ils viennent du plexus hypogastrique.

VULVE

On désigne sous ce nom l'ensemble des parties génitales externes de la femme , c'est-à-dire : le pénil ou mont de Vénus , les grandes et les petites lèvres, le clitoris, le méat urinaire avec lequel nous décrirons le canal de l'urètre de la femme, enfin les glandes vulvo -vaginales.

1° Pénil ou mont de Vénus. — On nomme ainsi une éminence située au-devant des pubis et formée par du tissu adipeux qui soulève la peau. Cette éminence se couvre de poils à l'époque de la puberté.

2° Grandes lèvres. — Ce sont deux replis cutanés , saillants , aplatis et dirigés d'avant en arrière; elles présentent une face externe recouverte de poils, une face interne, muqueuse, humide et lisse, qui se continue en haut et en bas avec la grande lèvre du côté opposé; un bord libre, convexe, couvert de poils; une extrémité antérieure qui se continue avec le mont de Vénus ; une extrémité p>ostérieure qui se réunit à celle du côté opposé et forme une espèce de commissure postérieure appelée fourchette; entre la fourchette et l'entrée du vagin on trouve une surface appelée fosse naviculaire.

Entre les deux surfaces muqueuses et cutanées pourvues d'un grand nombre de follicules sébacés se trouvent du tissu cellulaire et une espèce de sac membraneux découvert par M. Broca.

Au-dessous de la peau de la grande lèvre, on trouve un feuillet membraneux qui s'insère sur la face profonde du derme, au niveau du sillon qui sépare la grande lèvre de la petite; en dehors, ce feuillet s'insère sur la lèvre externe de la branche ischio-pubienne , au-dessous de l'insertion du corps caverneux du clitoris; en arrière | de la fourchette il se continue avec le fascia superficialis du périnée.

SPLANCHNOLOGIE.

Ce feuillet n'est autre chose que la paroi antérieure d'un sac qui est l'analogue du dartos de l'homme.

Ce sac commence au pli de l'aine, au niveau de l'anneau inguinal externe; ses libres proviennent en grande partie du fascia superficialis de l'abdomen et de la cuisse; quelques unes naissent directement de l'épine du pubis et du pilier externe de l'anneau; de là ces fibres descendent obliquement en dedans, interceptant une cavité rétrécie à sa partie supérieure qui correspond à l'anneau inguinal; devenant de plus en plus large, il s'aplatit d'avant en arrière, se place dans l'épaisseur de la grande lèvre entre la peau et l'aponévrose superficielle du périnée. Au niveau de la fourchette, les deux parois opposées se rapprochent , ne forment plus qu'un seul feuillet qui se confond avec le fascia superficialis des parties latérales de l'anus. La face antérieure de ce sac est presque libre d'adhérence; la face postérieure est presque libre dans sa moitié supérieure; depuis le méaturinaire jusqu'à la fourchette elle adhère à l'aponévrose superficielle. Le bord externe est libre supérieurement ; au-dessous de l'insertion du corps caverneux du clitoris il adhère à la branche ischio-pubienne. Le bord interne est convexe, se continue dans sa moitié supérieure avec le fascia superficialis du mont de Vénus, séparé de celui du côté opposé par la masse adipeuse du mont de Vénus ; dans sa moitié inférieure il est beaucoup plus mince, adhère au derme de la grande lèvre dans le sillon qui la sépare de la nymphe. Son extrémité supérieure s'applique exactement au pourtour de l'anneau inguinal. C'est dans l'intérieur de ce sac que se trouve le bourrelet adipeux de la grande lèvre; le ligament rond, dont les fibres se sont insérées en grande partie au pubis et à l'anneau inguinal, s'engage en partie dans le goulot du sac et s'éparpille en plusieurs petits faisceaux blancs qu'on peut suivre jusque dans l'intérieur de la grande lèvre ; les fibres qui constituent ce sac sont d'un blanc jaunâtre et très élastiques (1).

3° Petites lèvres. — On nomme ainsi deux replis muqueux situés en dedans des grandes lèvres. Elles naissent un peu en dedans de ces dernières; leur extrémité inférieure est étroite; elles vont en s'élargissant de bas en haut; à leur extrémité supérieure elles se rétrécissent un peu et se bifurquent; la branche inférieure va se réunir au clitoris et constitue le frein du clitoris ; la branche supérieure se réunit à celle du côté opposé, embrasse le clitoris par sa partie supérieure et forme le prépuce du clitoris.

Le volume des petites lèvres est très variable suivant les individus; proportionnellement beaucoup plus considérables chez les enfants nouveau-nés , elles deviennent très développées dans certaines races où elles acquièrent une longueur démesurée.

Entre les petites lèvres se trouve un espace plus large en bas et

(1) Bulletins de la Société anatomique, mars 4 851 .

VULVE

en arrière qu'en haut et en avant, limité en haut par le frein du clitoris, en bas par la fosse naviculaire, en arrière par l'urètre et l'hymen, sur les côtés par les petites lèvres , et qu'on nomme vestibule.

Entre les deux feuillets muqueux des petites lèvres se trouve du tissu dartoïque pourvu d'un grand nombre de vaisseaux ; un grand nombre de papilles et de follicules mucipares se rencontrent encore | dans ces organes.

j 4° Clitoris. — On nomme ainsi un appareil érectile qui correspond exactement aux corps caverneux de l'homme. On lui considère une extrémité inférieure bifurquée, ou racines du clitoris. Celles-ci s'atta-

j client comme les racines du corps caverneux aux branches ascendantes de l'ischion; elles convergent l'une vers l'autre, et, arrivées sous la symphyse pubienne, ellcsse réunissent, forment un organe unique qui continue sa marche ascendante, maintenu en place par le ligament suspenseur du clitoris, analogue au ligament suspenseur de la verge. Bientôt cet organe change de direction de manière à former une courbe à convexité dirigée en avant et en haut, et à concavité postérieure et inférieure, et il se termine par un petit tubercule imperforé appelé gland du clitoris; il est embrassé par la branche supérieure de l'extrémité supérieure des petites lèvres qui forme le prépuce du clitoris.

Le clitoris prend un développement quelquefois très considérable. Sa structure est tout à fait identique avec celle des corps caverneux.

5° Canal de Vurètre de la femme et méat urinaire. — Le canal de l'urètre de la femme, beaucoup plus court que celui de l'homme, n'a qu'une longueur de 25 à 35 millimètres. Il est comme creusé dans l'épaisseur de la paroi supérieure du vagin, dirigé de haut en ibas et d'arrière en avant, il décrit une légère courbure à concavité antérieure.

Il est en rapport, en avant avec le pubis, le tissu cellulaire de : l'excavation pelvienne et l'angle de réunion des deux racines du clitoris; en arrière il est intimement uni au tissu du vagin; son extré- \ mité vésicale est tout à fait semblable à celle de l'homme ; son extré- \ Unité externe, qui forme le méat urinaire, est située à 3 centimètres i environ en arrière du clitoris et un peu au-dessus de la saillie de i l'orifice antérieur du vagin; la surface interne du canal de l'urètre présente des plis longitudinaux et des cryptes muqueux assez nombreux.

Structure. — Elle est formée : 1° de fibres musculaires circulaires qui semblent faire suite aux fibres circulaires de la vessie; 2° de fibres musculaires longitudinales qui forment les saillies que nous avons signalées sur la face interne du canal.

L'urètre est enveloppé d'un plexus veineux très considérable qui lui est commun avec le vagin.

Sur la surface de la membrane muqueuse des parties génitales externes , principalement dans le sillon qui sépare les deux lèvres , on trouve un grand nombre de petits pertuis qui donnent passage au produit de la sécrétion d'un grand nombre de follicules sébacé* et de follicules muqueux. Parmi ces pertuis le plus considérable est celui qui correspond à la glande vulvo-vaginale.

Glande vulvo-vaginale. — Sur les côtés du vagin et à sa partie postérieure, on trouve une glande conglomérée de forme variable, désignée par M. Huguicr sous le nom de glande vulvo-vaginale. Elle est en rapport en dedans avec le vagin, en dehors avec le muscle constricteur du vagin; elle est formée de granulations qui bientôt se réunissent pour former trois conduits qui se joignent ensemble et forment un canal excréteur qui se dirige en haut, en avant et en dedans , et va s'ouvrir, après un trajet de 15 millimètres environ, en dehors des caroncules myrtiformes ou de l'hymen. Cette glande a été comparée aux glandes de Cowper; le produit de sa sécrétion paraît destiné à la lubrifaction du vagin.

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