PAUPIÈRES
Les paupières sont deux voiles mobiles placés en avant de l'œil ; elles sont distinguées en supérieure et inférieure.
Elle présentent : 1° une face externe ou cutanée, dont les plis concentriques s'eflacent quand l'œil est fermé; 2° une face interne ou oculaire tapissée par la conjonctive ; 3° un bord adhérent: celui de la paupière supérieure est limité par l'arcade orbitaire, celui de la paupière inférieure se continue avec les téguments de la joue; 4° un bord libre, coupé horizontalement, garni de trois ou quatre rangées de poils roides plus longs à la paupière supérieure qu'à la paupière inférieure, et auxquels on a donné le nom de cils; 5° un angle interne, grand angle de Vœil, répondant à l'apophyse montante de l'os maxillaire supérieur : c'est à cet angle que l'on trouve un tubercule, sur lequel nous reviendrons, et qu'on appelle caroncule lacrymal; 6" un angle externe. Dans le voisinage de l'angle interne on voit sur le bord de la paupière un tubercule percé d'un trou : c'est le tubercule lacrymal et le point lacrymal.
Structure. — Les paupières sont composées, outre la peau doublée d'un tissu cellulaire séreux :
1° D'une charpente fibro-cartilagineuse, constituée par une membrane fibreuse qui s'attache d'une part à un cartilage, le cartilage tarse, d'autre part au pourtour de l'arcade orbitaire; cette membrane se bifurque en dehors et envoie une expansion aux deux pau-
ORGANES DES SE.NS
pières : c'est ce qu'on a désigné sous le nom de ligament externe des paupières.
Cette membrane fibreuse propre est doublée par une expansion de l'aponévrose orbito-oculaire.
Les cartilages tarses sont au nombre de deux, un pour chaque paupière, ils en occupent toute la longueur; le supérieur, plus volumineux, est semi-lunaire; l'inférieur est beaucoup plus étroit. lis sont en rapport en dehors avec l'orbiculaire des paupières, en dedans avec la conjonctive, et les glandes de Meibomius. Ils ont deux bords, un libre qui correspond au bord libre de la paupière, uu adhérent sur lequel s'insère la membrane fibreuse; sur le cartilage tarse supérieur, s'attache le muscle élévateur de la paupière supérieure.
2 "D'une couche musculeuse formée par l'orbiculaire des paupières. (Voy. Myologie, p. 217.)
3° D'une couche muqueuse, conjonctive. — On nomme ainsi la membrane muqueuse qui tapisse la face interne des paupières et la face antérieure de l'œil. Du bord libre de la paupière supérieure , cette membrane tapisse la face interne de la paupière supérieure jusqu'à l'arcade orbitaire, se réfléchit sur le globe de l'œil, s'attache à la sclérotique d'autant plus intimement qu'elle se porte plus en avant, passe en avant de la cornée où il est impossible de la démontrer anatomiquement, tapisse la partie inférieure de la sclérotique, se réfléchit de nouveau, tapisse la face interne de la paupière inférieure et se continue avec la peau sur le bord libre de cette paupière ; en dedans, elle recouvre un petit amas de follicules sébacés et forme un petit tubercule rouge, saillant, caroncule lacrymale; la portion de conjonctive qui recouvre la caroncule lacrymale est regardée comme un vestige de la membrane clignotante des oiseaux. La caroncule lacrymale est quelquefois couverte de poils blonds qui sont souvent difficiles a apercevoir; en dehors, la conjonctive forme un petit cul-de-sac entre l'angle externe et le globe de l'œil; en dedans elle pénètre dans l'intérieur des points lacrymaux, et se continue avec la muqueuse du sac lacrymal et du canal nasal.
La conjonctive est doublée par un épithélium qui est regardé comme une continuation de 1'épiderme ; cet épithélium devient vibratile dans les culs-de-sac que forme la conjonctive entre les paupières et le globe de l'œil; au-devant de la cornée, la conjonctive est réduite à son épithélium qui est pavimenteux.
4° Glandes de Meibomius. — On donne ce nom à une série de petits follicules sébacés situés sur la face postérieure des paupières, entre la conjonctive et les cartilages tarses, dans des sillons dont sont creusés ces cartilages. Elles se présentent sous la forme de lignes verticales jaunâtres, parallèles, au nombre de trente ou quarante pour chaque paupière. Chaque ligne est formée par la glande elle-même et par un canal tortueux qui s'ouvre sur la lèvre postérieure du bord libre des paupières.