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CORNÉE

Membrane transparente située à la partie antérieure du globe de l'œil, elle est elliptique; son diamètre transverse l'emporte de 1 millimètre environ sur les autres (fig. 96, 3).

Sa face antérieure, convexe, fait relief en avant du globe do l'œil ; elle est tapissée par la conjonctive réduite à sa couche épithéliale et qui lui est intimement unie. Sa face postérieure est concave, tapissée par la membrane de l'humeur aqueuse, membrane de Demours ou de Descemet; elle forme la paroi antérieure de la chambre antérieure de l'œil. Sa circonférence, taillée en biseau aux dépens de sa face externe, s'enchâsse dans la sclérotique taillée en biseau aux dépens de sa face interne. L'adhérence entre ces deux membranes est telle qu'on les a longtemps considérées comme n'en formant qu'une seule. C'est encore l'opinion de M. Giraldès, qui pense que la différence de densité permet seule la distinction.

Structure. — La cornée peut être divisée en un grand nombre de lamelles; mais cette division est purement artificielle; la texture du tissu propre de la cornée est fibreuse. M. Cruveilhier dit que les injections les plus fines n'ont pu démontrer de vaisseaux dans la cornée; M. Giraldès pense au contraire qu'il existe des vaisseaux dans l'intervalle des fibres.

Membrane d'Arnold.

La face interne de la sclérotique est tapissée par une lame de tissu cellulaire qui soutient les nerfs ciliaires ; cette couche celluleuse a été décrite sous le nom de membrane d'Arnold. Elle est plus mince en arrière qu'en avant, où elle forme, vers le point d'insertion de la sclérotique avec la cornée, un anneau fibreux qui est le ligament ciliaire, cercle ciliaire; ce cercle est très riche en vaisseaux sanguins, c'est dans son épaisseur que les nerfs ciliaires se bifurquent et semblent s'anastomoser. Sa petite circonférence répond à l'iris, sa grande à la cornée et à la sclérotique. On a décrit/sous le nom de canal de Fontana (fig. 96, 5), un petit espace situé entre le cercle ciliaire, la sclérotique et la cornée. Le cercle ciliaire a été regardé, par quelques anatomistes, comme un ganglion nerveux, d'où le nom de ganglion ciliaire.

CHOROÏDE, PROCÈS CILIAIRES.

La choroïde est la seconde membrane de l'œil par ordre de superposition (fig. 96, 6) ; c'est une membrane cellulo-vasculaire qui se moule sur la sclérotique, à laquelle elle est peu adhérente, mais qui adhère fortement au corps ciliaire. Sa surface interne est en rapport avec la rétine , à laquelle elle n'adhère pas.

CHOROÏDE, PROCÈS CILIÀÏRES,

Les deux faces de la choroïde sont tapissées par un pigment renfermé dans des cellules hexagonales et semblable à celui de la peau des nègres ; la couche du pigment est plus abondante à la face interne qu'à la face externe, en avant qu'en arrière.

En arrière, la choroïde est percée d'un trou pour le passage du nerf optique; en avant, elle se termine par les procès ciliaires. Suivant M. Giraldès, elle se réfléchit pour former une cloison percée à son centre ; cette cloison est Viris.

A la partie antérieure de la choroïde, autour du cristallin, on voit un disque formé de rayons concentriques plus rapprochés au centre, divergents à la circonférence : c'est ce que l'on nomme le corps ciliaire ( fig. 96, 9 ). Chaque rayon a été appelé procès ciliairc (fig. 96, 10). D'après Ribes, si l'on sépare la choroïde des humeurs de l'œil , on voit après cette séparation deux disques bien distincts : l'un attaché à la choroïde, c'est le corps ciliaire de la choroïde; l'autre est attaché à la partie antérieure du corps vitré et au cristallin , c'est la zone ciliaire de Zinn, appelée aussi procès ciliaires du corps vitré (96, 16).

Les procès ciliaires de la choroïde adhèrent à cette membrane , en augmentant de volume à mesure qu'ils s'approchent de la grande circonférence de l'iris derrière laquelle ils se prolongent sans y adhérer. De membraneux qu'ils étaient à leur origine, ils deviennent villeux et extrêmement vasculaires ; leur extrémité libre est en rapport avec la partie antérieure du corps vitré et la circonférence du cristallin; la partie du procès ciliaire qui passe derrière l'iris flotte dans l'humeur aqueuse de la chambre postérieure. Les procès ciliaires sont séparés les uns des autres par un espace triangulaire rempli par des procès ciliaires du corps vitré.

Lesprocès ciliaires du corps vitré sont presque en tout semblables à ceux de la choroïde ; ils ont un bord qui est adhérent au corps vitré et anticipe un peu sur la circonférence du cristallin; le bord libre est frangé, la couleur noire du bord libre des franges et la transparence de l'espace qui les sépare ornent la partie antérieure du corps vitré d'un cercle fort remarquable qui a été comparé à une fleur radiée. De même que les procès ciliaires de la choroïde se placent dans les espaces compris entre les procès ciliaires du corps vitré , de même ceux du corps vitré s'enchâssent avec ceux de la choroïde. Par leur extrémité, ils se fixent sur le bord de la membrane cristalline.

Si l'on examine les procès ciliaires isolés et séparés l'un de l'autre, on voit que des portions de membrane hyaloïde ont été détachées, dans les intervalles du procès ciliaire du corps vitré et sur les bords du procès ciliaire de la choroïde, par les tractions exercées pour enlever les procès ciliaires. Sur les procès ciliaires du corps vitré, au contraire, on trouve des lambeaux de matière noire que l'on ne peut faire disparaître par le lavage , et qui appartiennent à la face

ORGANES DES SENS

interne du procès ciliaire de la choroïde. Cette disposition démontre que la rétine ne saurait arriver jusqu'à la circonférence du cristallin, et qu'elle se termine à la face postérieure des procès ciliaires.

La structure de la choroïde est essentiellement vasculaire. Les procès ciliaires ont été injectés par Ribes; il les a remplis avec les injections poussées dans les artères et dans les veines.

Ruyseh a divisé la choroïde en deux lames : l'une externe, l'autre interne, extrêmement vasculaire; c'est ce feuillet qu'on a appelé membrane ruyschienne.

La face interne de la choroïde, les procès ciliaires sont recouverts par une couche noire, le pigment, plus épaisse en arrière qu'en avant. Thomas Warthon Jones a prétendu que le pigment était sécrété par une membrane particulière. Cette opinion ne saurait être admise, et si chez les fœtus on a pu séparer le pigment par lamelles , cela prouve, tout au plus, que les cellules dans lesquelles est contenue la matière colorante forme une lame celluleuse très mince.

Le pigment recouvre, avons-nous dit, toute la face interne de la choroïde. Chez les mammifères, en dedans du nerf optique, la face interne de la choroïde prend un aspect lisse, brillant, diversement coloré : c'est ce que l'on appelle membrane du lapis. Cette partie n'est pas recouverte par le pigment.

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