PAVILLON DE L'OREILLE
C'est cette partie qu'on désigne vulgairement sous le nom d'oreille. Elle présente de grandes variétés dans ses dimensions, sa longueur, et même dans son angle d'insertion avec les parties latérales de la tète. Cet angle, dans une bonne conformation, doit être de 25 à 30 degrés.
Le pavillon est libre dans la plus grande partie de son étendue ; il est fixé en avant et en dedans d'une manière très solide.
On lui considère : Une face interne, sur laquelle on trouve des éminences et des enfoncements peu marqués qui correspondent néanmoins aux enfoncements et aux éminences de la face externe. Une face externe, saillante dans quelques points, déprimée dans d'autres. Ces dépressions et ces saillies sont : 1° la conque, dépression profonde située au centre du pavillon, et au fond de laquelle se trouve l'orifice du conduit auditif externe ; 2° le tragus, petite languette triangulaire située en avant de la conque, et qui la recouvre à la manière d'un opercule ; sur le tragus s'implantent souvent de longs poils roides ; 3° Yantitragus, situé en arrière de la conque, en face du tragus, languette triangulaire, plus petite que le tragus; le sillon qui sépare le tragus de l'antitragus porte le nom d'échancrure de la conque; 4° Yhélix, repli curviligne qui forme la limite du pavillon, qui commence en avant et au centre de la conque audessus du conduit auditif externe, et se bifurque en arrière pour former par sa branche postérieure le lobule; la branche antérieure de bifurcation se termine avec l'anthélix; 5° le sillon de Vhélix, gouttière concentrique à l'hélix; 6° Yanlhélix, repli curviligne qui commence au-dessus de l'antitragus , se porte en haut, puis en avant, et se bifurque derrière la racine de l'hélix ; entre ces deux branches, se trouve la fosse naviculaire ou fossette de l'anthélix ; 7° le pavillon de l'oreille présente enfin à sa partie inférieure une extrémité molle à laquelle on attache les anneaux : c'est le lobule.
Structure. — A. Cartilage auriculaire. — Il présente les éminences et les dépressions que nous venons de signaler; il n'occupe pas tout le pavillon; ainsi le lobule et le bord externe de l'hélix en sont dépourvus. Il présente, en outre: 1° Yapophyse de l'hélix, située au bord antérieur de l'hélix, au-dessus du tragus; 2° une languette formée par les extrémités réunies de l'hélix et de l'anthélix, et qui soutient la base du lobule; 3° la queue de Vhélix.
Le cartilage auriculaire est composé de pièces qui peuvent jouer les unes sur les autres.
ORÔÀNES DES SENS.
B. Ligaments. — Les ligaments intrinsèques maintiennent les différentes pièces qui constituent le cartilage de l'oreille ; ce sont : 1° un ligament qui fixe la queue de l'hélix à la conque; 2° un autre qui unit le tragus à l'hélix; 3° des ligaments qui occupent l'épaisseur du repli que présente la branche inférieure de bifurcation de l'anthélix. Ces ligaments sont très forts à la face interne du pavillon. Les ligaments extrinsèques sont : 1° un ligament postérieur qui s'étend de la conque à l'apophyse mastoïde; 2° deux antérieurs, étendus, l'un du tragus, l'autre de l'apophyse de l'hélix à l'arcade zygomatique.
G. Muscles, — Les muscles extrinsèques ont été déjà décrits (voy. Myologie, p. 218). Les muscles intrinsèques sont : 1° le grand muscle de Vhélix, petit muscle vertical placé à la partie antérieure de l'hélix, au niveau du tragus ; 2° le petit muscle de l'hélix, petit muscle couché sur la racine antérieure de l'hélix ; 3" le muscle du tragus, situé sur la face externe du tragus; 4° muscle de Vantitragus, situé sur la face externe de l'antitragus ; 5° le muscle tramverse, plutôt fibreux que musculaire, situé sur la face mastoïdienne du pavillon.
D. Peau. — La peau du pavillon est très fine, très transparente, adhérente au cartilage sur lequel elle se moule ; elle est adossée elle-même à la circonférence de l'hélix et au lobule qu'elle forme entièrement; on trouve une graisse très abondante et molle dans le lobule.
E. Vaisseaux et nerfs. — - Les artères viennent des auriculaires postérieures et antérieures ; les veines suivent la même direction que les artères et portent le même nom ; les nerfs viennent des rameaux auriculaires du plexus cervical et du nerf maxillaire inférieur.
COxNDUIT AUDITIF EXTERNE.
Canal cartilagineux et osseux, étendu de la conque à la membrane du tympan, long de 3 centimètres environ, légèrement coudé, à angle saillant en haut; près de son orifice externe, il est en rapport, j en avant avec l'articulation temporo-maxillaire , en arrière avec l'apophyse mastoïde, en bas avec la parotide.
Son orifice externe, plus ou moins évasé suivant les sujets, est limité en arrière par une crête semi-lunaire qui le rétrécit. Cette crête est formée par la juxtaposition du conduit auditif externe et du pavillon derrière le tragus. Cet orifice est précédé d'une excavation qui en forme, pour ainsi dire, le vestibule.
Son orifice interne est terminé par la membrane du tympan; il est comme cette membrane, oblique de haut en bas et de dehors en dedans.
Structure. — A. Portion osseuse. — Décrite avec l'os temporal (voy. Osléologie, p. 37); elle manque chez le fœtus, où elle est remplacée par le cercle du tympan*