PRÉPARATION DES NERFS
Les sujets les plus favorables à la dissection des nerfs sont les sujets maigres.
Nous ne pourrions exposer dans ce paragraphe que quelques principes applicables à la dissection de tous les filets nerveux; car nous décrirons les préparations des divers nerfs quand nous nous occuperons de ces nerfs en particulier. Les précautions qu'il convient de prendre sont les mêmes que celles que nous avons indiquée^ en décrivant la dissection des artères. Nous renvoyons donc à la page 315 où ce' généralités sont exposées. Nous ajouterons toutefois un mot , c'est qu'il peut étrs souvent utile de faire macérer, dans de l'eau contenant une certaine quantité d'acide6 les régions dans lesquelles les nerfs traversent des canaux osseux. L'acide, en effet' ramollit le tissu osseux en dissolvant les sels calcaires et rend la section des o plus facile et les nerfs plus résistants, il faudrait se garder de faire usage d'il acide trop concentré , car celui-ci pourrait dissoudre le névrilème et la substance nerveuse serait mise à nu ; par conséquent, la dissection deviendrait impossible,
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
On donne le nom de nerfs à des cordons blancs étendus des parties latérales de l'axe cérébro-spinal aux organes dans lesquels ils se distribuent.
Les nerfs sont parfaitement symétriques à leur point de départ ; cette symétrie diminue au fur et à mesure qu'ils s'éloignent de leur origine, et disparait lorsqu'ils arrivent dans les organes de la vie végétative.
Origine et terminaison des nerfs.
Origine. — Les nerfs partent tous du centre nerveux encéphaloraehidien. Ils se présentent à leur origine sous la forme de racines plus ou moins nombreuses qui paraissent sortir de la substance nerveuse ; ce point d'émergence constitue Y origine apparente. On désigne sous le nom d'origine réelle le point de l'axe encéphalo-ra-
NÉVR0L0GIK.
chidien qui donne naissance à ces filets. Si quelques nerfs peuvent être poursuivis loin de leur origine apparente, dans presque tous "les cas, les recherches qui ont été entreprises pour constater l'origine réelle des nerfs est demeurée sans résultat.
Les nerfs qui passent par les trous de la base du crâne et qui sont désignés sous le nom de nerfs crâniens, présentent beaucoup de variétés dans le nombre, le volume, la longueur et la direction de leurs racines.
Ceux qui passent par les trous de conjugaison, nerfs rachidiens, présentent dans leur extrémité centrale la plus grande uniformité; ils naissent par deux ordres de racines : les unes antérieures, affectées au mouvement ; les autres postérieures, affectées au sentiment. Ces deux ordres de faisceaux convergent l'un vers l'autre, traversent la dure-mère, chacun par un orifice distinct ; au delà de cette membrane, les deux faisceaux se confondent pour former un tronc nerveux.
Les nerfs crâniens sont soumis à la même loi que les nerfs rachidiens. Ainsi, ceux qui naissent des faisceaux antérieurs de prolongement de la moelle, sont destinés au mouvement, par exemple, le nerf facial, les moteurs oculaires commun et externe, etc ; ceux qui naissent des faisceaux postérieurs président au sentiment , exemple : la portion ganglionnaire du trijumeau, le glossopharyngien, etc. Nous ferons remarquer qu'on n'observe pas dans les nerfs crâniens cette fusion des deux racines antérieure et postérieure; aussi verrons-nous que par les trous de la base du crâne passent des nerfs, les uns exclusivement destinés au mouvement, les autres au sentiment. Les nerfs qui sortent par les trous de conjugaison, au contraire, sont des nerfs mixtes, c'est-à-dire composés par des faisceaux nerveux, les uns destinés au mouvement, les autres destinés au sentiment. Ces divers faisceaux sont complètement réunis sous le même névriième pendant tout le trajet des nerfs, bien que conservant toujours leur indépendance physiologique; mais à leur terminaison, ils se séparent : les nerfs du mouvement se rendent aux muscles, les nerfs du sentiment à toutes les parties dans lesquelles la sensibilité peut être constatée.
Il est deux autres espèces de nerfs : les uns sont les nerfs de sensibilité spéciale qui se rendent aux organes des sens, les nerfs olfactifs, optiques, acoustiques; ces nerfs sont très remarquables par la disposition de leurs racines qui rampent sur la surface de la substance cérébrale. L'autre espèce constitue les nerfs de la vie végétative, le nerf grand sympathique, que nous verrons plus loin se terminer dans les organes de la digestion, de la reproduction, etc.; ce sont encore les filets du grand sympathique qui président aux sécrétions.
Terminaison. — A leur terminaison les nerfs ont une distribution parfaitement circonscrite, parfaitement déterminée; aussi ne