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DU SPERME

spermes, spermatozoïdes, etc., etc. Cette dernière dénomination, proposée par M. Duvernoy, a l'avantage de ne rien préjuger de leur nature. Ils ont, en effet, été considérés, par les uns, comme des animaux et rangés parmi les microzaires suceurs, les infusoires, les vibrionides, les cercaircs, etc., etc.; d'autres, au contraire, les regardent comme des cellules vibratiles particulières. Les observations les plus modernes rendent très problématique leur animalité. On les rencontre chez tous les vertébrés, les mollusques, les insectes et bon nombre de rayonnés ; leur forme est très variée dans l'échelle animale, nous nous arrêterons seulement sur ceux de l'homme.

Examinés à un grossissement de 5 à 600 fois, ils paraissent formés de deux parties séparées par un étranglement : 1° d'un disque piriforme, aplati, appelé tête ou corps: 2° d'un long appendice fusiforme qui, par sa grosse extrémité, se continue avec le corps et se termine par un filament d'une extrême ténuité; de là vient la comparaison très heureuse des spermatozoïdes avec le têtard de la grenouille. r Leur longueur totale est de l/5e de millimètre, dimension à laquelle la tête prend part à peine pour 1/1 0e. Valentin, Gerber, Schwann, M. Pouchet ont cru pouvoir reconnaître, dans ces corpuscules, une ouverture buccale, une cavité viscérale et une enveloppe; mais ces distinctions n'ont pas été admises par la plupart des auteurs.

Les spermatozoïdes sont animés de mouvements très curieux, qui consistent en des oscillations, des inflexions latérales de l'appendice caudal ; grâce à ces mouvements extrêmement rapides, et qui rappellent ceux qu'on observe dans la marche des reptiles ophidiens , il peuvent progresser le corps en avant, de manière à parcourir, suivant le calcul d'Henlc, 2 centimètres en sept à huit minutes; cette locomotion, favorisée du reste par le mélange avec les liquides moins denses que le sperme, s'exécute incontestablement dans les voies génitales de la femme. La mobilité des spermatozoïdes s'observe encore vingt-quatre heures, et plus, après l'éjaculation, à la condition que la température et la liquidité du sperme soient conservées ; mais elle est bientôt abolie par l'excès du froid ou du chaud, l'électricité, la strychnine, les narcotiques, etc., etc. C'est au sein des organes génitaux de la femelle, lorsque ceux-ci ne sont le siège d'aucune sécrétion morbide (Donné), que cette remarquable propriété se manifeste le plus longtemps.

La genèse des spermatozoïdes a été étudiée attentivement par MM. Lallemand, Kœlliker, Wagner, Henle, Ch. Robin, etc., etc. Ces observations intéressantes ont été faites chez des animaux (lapin, ours, cabiai, raie) où elles sont assez faciles, rarement elles ont été répétées sur l'homme, aussi nous arrêteront-elles peu. Elles semblent établir que les canaux séminifères du testicule ne sécrètent pas du premier coup les zoospermes, mais bien seulement de grandes vésicules analogues à l'ovule (fig. 135, 2) vésicules aux-

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quelle;?, en raison de cette ressemblance, Rcichcrt et Ch. Robin ont donné le nom d'ovule mâle, elles renferment une ou plusieurs cellules (fig. 135, 3, 4, 5) qui , par leur métamorphose, donnent naissance chacune à un spermatozoïde; il se passe là, d'après Ch. Robin, un phénomène analogue à la segmentation du vitcllus (1). Il est facile dès lors de s'expliquer comment le sperme recueilli dans les canaux séminifères ne présente presque que de ces vésicules et peu de spermatozoïdes. Ceux-ci se développent dans le cours de leur marche et ne sont guère à l'état parfait qu'au voisinage des vésicules séminales; d'autre part, le sperme éjaculé ne renferme presque jamais les vésicules mères précédemment décrites.

Les zoospermes n'existent pas pendant l'enfance, leur apparition signale le commencement de la puberté; ils disparaissent chez le \ieillard à des âges variables; les eunuques en sont privés; certaines maladies les altèrent ou les font disparaître. On doit donc les considérer comme l'élément fondamental do sperme et la condition essentielle de la fécondité du mâle.

OVULE

L'ovaire, dont nous avons donné plus haut la description, est une glande d'une structure particulière , dont les acini sont représentés par des follicules clos épars au milieu d'une gangue cellulovaseulaire , désignée par de Bacr sous le nom de sir orna. Ces follicules, connus de Fallopc, Yésale et Van Hornc, ont été décrits avec beaucoup de soin et désignés sous le nom de vésicules , par Régnier de Graaf, célèbre anatomiste hollandais, en 1672; comme Van Hornc, il les considéra, à tort, comme représentant l'ovule lui-même, hypothèse qui fut facilement renversée, un siècle plus tard, par Cruiskank. En 1827, quelque temps après les beaux travaux de Purkinje sur l'œuf des oiseaux, Ernst de Baér, de Kœnisberg, eut l'honneur de découvrir le véritable ovule des mammifères dans l'intérieur des vésicules de de Graaf.

Les vésicules ovariennes se présentent sous la forme de petites sphères creuses remplies d'un liquide transparent , disséminées à toutes les profondeurs dans l'ovaire, et formant, lorsqu'elles sont superficielles, une petite saillie globuleuse qui soulève les tuniques albuginée et péritonéale de la glande; leur volume est très variable, depuis 1/2 millimètre jusqu'à 5, 8 et 10 millimètres, et même plus; ces variations correspondent à leur degré de maturité, c'està-dire aux phases de leur évolution; déjà distinctes chez des fœtus, elles disparaissent chez les femmes âgées. C'est chez la femme adulte qu'il convient de les étudier; leur nombre varie beaucoup,

(1) Académie des sciences, 23 octobre 1813. — Voyo? TTonlo r I. II, p. .rr2S. — Longet, Physiologie, génération, p. \ \ 3,

OVULE

on en trouve ordinairement 15 à 20, mais Haller n'en a vu que 2 ou 3, tandis que Roedercr en a compté jusqu'à 50.

De Baèr leur assigne la structure suivante : indépendamment dos tuniques qu'elles empruntent à l'ovaire (tunique albuginée et péritonéale, tégument et coquille), elles se composent d'une membrane enveloppante et d'un contenu. La première, capsule, theca, est formée : 1° d'une couche externe mince, résistante, transparente, élastique, vasculaire; 2° d'une couche interne épaisse, molle, opaque, non rétractile, renfermant un réseau capillaire riche et très fin, sa surface interne est tapissée par un épithélium de la classe des pavimenteux.

Le contenu se compose : 1° d'une cavité centrale pleine d'un liquide jaunâtre, albuminoïde, dans lequel nagent des granulations moléculaires et des gouttelettes d'huile; 2° de cellules ovoïdes réunies par une substance unissante et disposées de manière à former, en s'appliquant contre la face interne de la capsule, une couche continue appelée membrane granuleuse. L'accumulation des cellules, en un point qui correspond le plus ordinairement à la surface libre de l'ovaire, forme un renflement discoïde auquel on a donné le nom de disque ou cumulus proliger ; c'est dans son centre que se trouve l'ovule.

Y? ovule, œuf humain, a donc une position fixe et constante; c'est un corps sphérique, opaque, de 1/ 10e de ligne (Bischoff), qui présente : 1° une enveloppe, membrane vitelline, transparente, épaisse,

Fie. 130.

Vésicules de de Graaf contenant l'ovule.

i. Tunique péritonéale de l'ovaire. — 2. Tunique fibreuse de l'ovaire. — 3. Tissu de l'ovaire. — 4. Tunique propre externe de la vésicule. — 5. Tunique propre

interne de la vésicule. — 6. Membrane granuleuse. — 7. Cumulus proliger.

8. Ovule. — 9. Cavité remplie de liquide. — 10. Vaisseaux de l'ovaire se ramifiant sur la face extrrne de la vésicule.

EMBRYOLOGIE

claire, résistante, sans structure déterminée, et privée de vaisseaux; I 2° un amas de granulations qui constituent le jaune, vitellm, qui I forme la presque totalité de la masse de l'œuf; 3° une vésicule I enchâssée sur un point de la circonférence du vitellus et touchant I à la face profonde de la membrane vitcllinc dans un point qui corres- I pond à la surface de l'ovaire: c'est la vésicule g erminative découverte I chez l'oiseau par Furkinje , puis chez les mammifères par M. Coste; I elle est sphérique ou aplatie, transparente, munie d'une membrane I de délimitation très mince et remplie d'un liquide incolore, albu- I mineux; ses dimensions sont de l/60c de ligne en moyenne; 4° la j vésicule germinative présente une tache obscure plus ou moins centrale, d'apparence granuleuse, découverte par Wagner qui Ta appelée tache germinative.

Nous ne nous arrêterons point à discuter si l'on doit considérer la vésicule de de Graaf comme un appareil formé de cellules emboîtées, ou comme un cul-de-sac glandulaire , si l'ovule lui-même représente une cellule avec son noyau et son nucléole , pourtant il est naturel, en comparant la glande mâle et la glande femelle, de voir dans la vésicule de de Graaf l'analogue du tube séminifère, et dans l'ovule celui des grandes vésicules qui engendrent les spermatozoïdes.

La vésicule de de Graaf et son contenu possèdent déjà, à la naissance, la structure que nous venons d'esquisser, et qui peut rester stationnaire pendant de longues années; mais à un moment donné, vésicule et ovule subiront une évolution dont les phases présentent le plus haut intérêt. D'une part la vésicule se modifie pour chasser l'ovule, de l'autre l'ovule se développe sous l'influence de la fécondation pour donner naissance à un être nouveau. Ces deux grands faits vont nous occuper.

Fie. 137.

L'ovule avant la fécondation.

K. Tiulio

OVULE

Évolution de la vésicule de de Graaf; expulsion de l'œuf.

Les recherches modernes ont démontré, d'une manière péremptoire, que la chute de l'œuf femelle était intimement liée à l'apparition de la puberté et de la fécondité, et à cette fonction si importante de la femme, la menstruation. Resserrés dans d'étroites limites, nous ne pourrons qu'exposer rapidement les faits anatomiques.

Lorsque surviennent chez les jeunes filles les signes de la puberté, les vésicules de de Graaf augmentent considérablement de volume par l'accumulation dans leur intérieur d'un liquide d'abord séreux, puis mélangé bientôt d'une notable quantité de sang. Les tuniques, d'abord très vasculaires et comme hypertrophiées, s'amincissent de plus en plus en devenant transparentes, en même temps la vésicule se rapproche de la surface et finit par proéminer de manière à former sur l'ovaire une tumeur du volume d'un œuf de pigeon, ou plus encore. Les progrès incessants de la distension finissent par faire éclater les parois de la vésicule; pendant cette période d'accroissement, dont la durée est variable, l'ovule n'a pas cessé de correspondre au point le plus superficiel de la vésicule distendue, de sorte que, lors de la rupture de celle-ci, il s'engage le premier à travers les lèvres de la fissure, entraînant avec lui les cellules du cumulus proliger, puis tombe dans la cavité abdominale, ou, pour parier plus exactement, dans l'entonnoir que lui présente le pavillon turgescent I de la trompe. Une légère hémorrhagic accompagne la rupture de la ! vésicule; mais bientôt les parois de celle-ci reviennent sur elles- I mêmes, et se ferment en enfermant un petit caillot dans le cratère qu'elles forment.

j Alors commence un travail particulier de cicatrisation, d'où S résulte la formation d'une masse particulière appelée corps jaune \ corpus luteum. On donne ce nom à une masse d'un volume variable et successivement décroissant à mesure qu'on s'éloigne de la rupture de la vésicule; sa couleur est d'un jaune pâle ou tirant sur l'orangé; sa consistance assez ferme; sa coupe montre une sorte de canal ou cavité centrale et un aspect sinueux mamelonné tout spé- I cial, connus depuis bien longtemps. Les corps jaunes ont été bien li étudiés, surtout dans ces dernières années, et de longues disais- I sions ont eu lieu sur leur origine; M. Cazeaux résume ainsi les I trois principales causes qui prennent part à la formation du corpus || luieum. « Les corps jaunes sont formés : 1° par l'épanchement dans I la cavité de la vésicule d'un liquide coagulable, sang pour M. Raci^ I borsky, lymphe plastique pour M. Coste; 2° par le retrait de la 1 membrane externe de la vésicule qui amène le plissement progressif I de la membrane interne; cette dernière, en même temps qu'elle se plisse, s'hypertrophie; de là vient que sa face interne présente des

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bosselures qui rappellent les circonvolutions cérébrales; 3" ces dernières, enfin, sont colorées en jaune par la matière colorante du sang (Raciborsky), par les granulations de la membrane interne (Coste), par l'hypertrophie de la membrane granuleuse. »

MM. Blot et Robin, dans une communication inédite, trouvent dans les corps jaunes : au centre un petit caillot sanguin, au fond la membrane interne de la vésicule de de Graaf hypertrophiée, et entre ces deux éléments une couche assez épaisse de gouttelettes graisseuses très petites et très multipliées.

Les corps jaunes , une fois formés , s'atrophient progressivement, ils disparaissent deux ou trois mois après la menstruation et quatre à cinq mois après l'accouchement dans les cas de coït fécond ; en effet, à chaque époque menstruelle une vésicule de de Graaf se rompt et un ovule s'échappe, c'est assez dire que ces organes n'arrivent pas tous ensemble à maturité, il n'y en a le plus souvent qu'un, bien rarement deux qui se développent simultanément; pendant tout le temps que dure la grossesse, les vésicules ovariennes ne se développent pas ; mais le corps jaune, dont la formation a marqué la chute de l'ovule fécondé, acquiert un volume beaucoup plus considérable et persiste pendant un temps bien plus long. La différence qui existe entre les corps jaunes de la menstruation et ceux de la grossesse les avaient fait distinguer en vrais et en faux; mais les recherches de M. Coste, surtout, ont détruit cette erreur; c'est également à tort que l'existence des corps jaunes semblait être, pour les anciens , une preuve irrécusable d'une conception antécédente.

Nous ne pouvons qu'énoncer ici la relation établie entre la chute périodique des ovules et le tluxcataménial, le raptus sanguin qui se fait dans les organes génitaux , l'écoulement menstruel , la chute dans certains cas d'une pseudo-caduque utérine, etc., etc. L'étude de ces phénomènes importants appartient à la physiologie, et l'on trouvera d'amples détails dans les beaux travaux de MM. Négrier, Gendrin, Pouchet, Coste, Raciborsky, Bischoff, etc., etc.

Ajoutons cependant, en finissant, que lorsque la disparition du corps jaune est complète, la surface de l'ovaire présente, dans le point correspondant, une cicatrice inégale, déprimée; cette surface en est toute parsemée chez les femmes qui atteignent les limites de l'âge adulte.

Revenons à l'ovule. Il tombe, avons-nous dit, dans le pavillon de la trompe et tend à parcourir la cavité de ce canal pour se rendre dans l'utérus ; s'il n'est point fécondé, il disparaît dans ce chemin à une époque mal déterminée; s'il est fécondé, au contraire, il va se modifier et descendre dans la matrice pour y subir les phases de son j développement. On a beaucoup discuté pour savoir à quel point précis avait lieu la fécondation, c'est-à-dire la rencontre du sperme [ et de l'ovule, La tendance qu'a le premier à se rendre vers l'ovaire, j

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