SURFACES ARTICULAIRES
bords, et par leurs angles, tantôt par engrènement réciproque; ils présentent des dents qui sont reçues dans l'intervalle que laissent entre elles les dents de l'os avec lequel elles s'articulent. D'autres fois la réunion se fait par juxtaposition ; les os sont alors très rapprochés l'un de l'autre : dans les deux cas une substance cartilagineuse unit les bords des os contigus et les maintient solidement en contact.
Enfin, dans les articulations qui ne sont pas complètement immobiles, les stjmphyses, les surfaces osseuses sont maintenues par du tissu fibreux entrecroisé extrêmement résistant.
2° Cartilages.
Le tissu cartilagineux se présente dans l'économie sous plusieurs formes : 1° les cartilages temporaires qui précèdent l'ossification; 2° ceux qui sont enveloppés par le périchondre et qui se comportent exactement comme les os , dont ils paraissent, dans beaucoup de cas, être le prolongement : les cartilages costaux , ceux des ailes du nez, du larynx, etc., par exemple; nous en avons parlé dans le système osseux; 3° les cartilages permanents, c'est-à-dire, les cartilages qui recouvrent les surfaces articulaires. Nous les décrirons sous le nom de cartilages diarthrodiaux.
Enfin, il est encore une forme de cartilages dans lesquels la substance cartilagineuse est mêlée à du tissu fibreux ; nous les désignerons sous le nom de fibro-cartilages.
Cartilages diarthrodiaux. — Ces cartilages se rencontrent dans les articulations diarthrodiales et sur certaines parties osseuses sur lesquelles doivent glisser des tendons; ils ont des connexions intimes avec le tissu osseux ; leur adhérence est tellement grande, qu'ils paraissent faire corps avec lui. « Ils sont une partie d'euxmêmes ; pour s'en convaincre, on n'a qu'à faire attention à leur mode de formation : presque tous sont constitués par une partie non ossifiée des cartilages épiphysaires. Bichat l'a bien indiqué, et cependant on semble l'avoir oublié lorsqu'on discute de la structure des cartilages diarthrodiaux et de leur vitalité. Il n'y a pas de doute pour moi qu'ils soient organisés et vivants, car si je les examine sur des sujets nouveau-nés avec ou sans injection préalable, il m'est impossible de trouver une ligne de démarcation entre le cartilage épiphysaire et le cartilage diarthrodial ; c'est une seule et même substance dont une partie s'ossifiera plus tard : or serait-il rationnel d'admettre qu'une portion de cette substance est organisée, et que l'autre ne l'est pas (1)? »
L'épaisseur du cartilage n'est pas la même dans toute son étendue : celui qui tapisse une surface convexe est plus épais au centre,
(!) Gossolin, Thèse inaugurale. Paris, mars IRiH.
ARTHROLOGTE .
et est très mince à la circonférence ; celui qui tapisse une cavité est, au contraire, plus épais a la circonférence ; l'épaisseur du cartilage qui tapisse une surface plane est à peu près uniforme. Ils sont d'un blanc nacré, lisses, polis par leur surface articulaire.
Les cartilages diarthrodiaux sont considérés par un grand nombre d'anatomistes comme des produits inorganiques analogues à l'épiderme, à l'émail des dents, aux ongles, etc. On a invoqué à l'appui de cette opinion : 1° L'absence des vaisseaux. En effet, les vaisseaux des cartilages n'ont pu être démontrés par les injections; nous ne croyons pas que l'absence de vaisseaux dans le cartilage soit une raison pour faire supposer qu'ils manquent des éléments de l'organisation, leur nutrition s'opère au moyen des vaisseaux des synoviales et des os voisins.
2° L'usure des cartilages par le frottement est loin d'être un fait acquis à la science. Si, dans certains cas, cette usure a été observée, il nous semble qu'alors il y avait maladie de l'os et du cartilage.
3° La chute des cartilages dans les maladies des os a été comparée à la chute des ongles, de 1'épiderme ; pourquoi ne pas la comparer plutôt à l'exfoliât ion dans la nécrose?
4° Enfin, il est, a-t-on dit, une loi de l'organisation qui veut que , partout où il y a pression ou frottement considérable, il se produise une substance inorganique capable de protéger les organes; mais chez le fœtus, les cartilages diarthrodiaux existent , et cependant, il n'y a pas eu de pression ni de frottement considérables. Nous pensons donc, avec M. Gosselin , que les cartilages diarthrodiaux sont organisés.
Et d'ailleurs, s'ils ne sont pas organisés, ils sont un produit de sécrétion. Par quoi sont-ils sécrétés? par l'os lui-même? Il n'existe pas, que nous sachions, un appareil sécréteur des cartilages vers les surfaces articulaires des os, tandis que tous les autres produits de sécrétion qu'on trouve dans l'économie doivent leur existence à un appareil spécial, 1'épiderme : les ongles, par exemple. Comment, d'ailleurs, une substance inorganique resterait-elle dans nos tissus? On a répondu à cette objection en disant que les dents, avant leur éruption, restent dans les mâchoires sans manifester leur existence en dehors. Mais les dents ne sont pas des tissus dépourvus d'organisation : ne contiennent-elles pas la pulpe dentaire, et dès que, par les progrès de l'âge, cette partie vivante de la dent a disparu, ne voit-on pas la dent devenir vacillante et tomber?