IV. SYNOVIALES
Partout où des surfaces se meuvent les unes sur les autres , on trouve dans l'économie des membranes qui tapissent ces surfaces et sécrètent un liquide filant, onctueux, semblable à du blanc d'œuf. Ce liquide est appelé synovie; la membrane qui le secrète, membrane synoviale. Ces membranes revêtent toute l'articulation ; leur face externe est en rapport avec les ligaments et toutes les parties qui entourent l'articulation ; elles se correspondent par leur face interne. La synoviale passe-t-elle en avant des cartilages diarthrodiaux? tapisse-t-elle les fibro-cartilages? Les anatomistes ne sont point d'accord sur ce point. Bichat, établissant l'analogie des séreuses et des synoviales, regarde ces dernières comme des sacs sans ouverture tapissant toute la surface interne des articulations. D'autres anatomistes ont regardé les synoviales comme des simples sacs , comme des manchons, par conséquent, ne passant pas sur les cartilages diarthrodiaux. Ils ont en même temps admis l'existence des synoviales sur les fibro-cartilages. Blandin croit que les synoviales, au lieu de passer sur les cartilages diarthrodiaux , s'interposent à
STRUCTURE DES CARTILAGES DIARTHRODIAl Y. 1 0.v>
ceux-ci et à Tes. D'après M. Vclpeau, les synoviales et les séreuses ne forment pas des sacs sans ouverture; elles manquent ou le scal j»el ne peut les suivre; par conséquent, sur les cartilages, les ligaments. Pour ce chirurgien, les synoviales seraient formées de lambeaux irréguliers non continus; il désigne l'état lisse des surfaces articulaires, sous le nom d'état synovial. A la vérité, on n'a pu, à l'aide de dissections, démontrer l'existence d'une membrane synoviale sur les cartilages diarthrodiaux. Mais il ne s'ensuit pas de là que l'existence de la synoviale doive être rejetée dans ce point; n'est-il pas dans l'économie des tissus qu'il est impossible de séparer : les tendons et le périoste, par exemple? Nous croyons donc devoir admettre que la synoviale tapisse les cartilages et les fibro-cartilages.
Outre les synoviales inter-articulaires , il est d'autres cavités séreuses extra-articulaires qui se développent partout où il existe des frottements. Ces séreuses sont de deux espèces. Les unes existent dans les gaines fibreuses qui logent les tendons : ce sont les gaines synoviales tendineuses; les autres se développent au-dessous des muscles, de la peau , partout où l'on trouve de nombreux frottements. Ces cavités sont destinées à faciliter le glissement; on les a désignées improprement sous le nom de bourses muqueuses. M. Nélaton lui a donné avec raison le nom de bourses séreuses. Par leur structure, leurs rapports, leurs produits de sécrétion, ces membranes sont absolument identiques avec les membranes synoviales.
Dans ces derniers temps M. Gosselin a appelé l'attention des anatomistes sur de petits organes dont il a constaté la présence dans l'intérieur des articulations. Ces organes, qu'il a désignés sous le nom de cryptes ou de glandules synovipares , ont été constatés par cet habile anatomiste dans les articulations du poignet, dans celles du genou, de la hanche , de l'épaule. Ces petits organes sont formés par des prolongements en cul-de-sac de la membrane synoviale. Us s'ouvrent dans la synoviale par un orifice plus ou moins rétréci ; dans quelques cas même leur orifice a la forme d'un goulot dont l'ouverture est extrêmement étroite. Dans les points où existent ces glandules synovipares , la membrane reçoit des vaisseaux plus nombreux ; celles-ci sont donc destinées à la sécrétion de la synovie, sinon exclusivement , ils y concourent dumoins avec la membrane synoviale. M. Gosselin pense que les kystes appelés ganglions sont dus à l'oblitération de ces orifices et à l'accumulation de la synovie dans leur cavité.