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MUSCLES EN GÉNÉRAL

l'action de ces musclas, on doit négliger la direction primitive des muscles et ne tenir compte que de la portion réfléchie.

D'après la direction de leurs fibres, les muscles ont été classés en : 1° Muscles à fibres parallèles. Celte catégorie renferme presque tous les muscles. — 2° Muscles à fibres rayonnées, chez lesquels les fibres partent comme autant de rayons de la périphérie d'un plan limité, et convergent vers un point qui fait partie de ce plan : exemple, le diaphragme. — 3» Muscles à fibres circulaires. Ceux-ci sont situés aux orifices ou à l'embouchure des canaux ; les fibres sont contournées et reviennent sur elles-mêmes ; elles ont pour fonction de rétrécir ou de fermer ces orifices : exemple, le sphincter de l'anus, l'orbiculaire des paupières, etc. Il est à remarquer qu'en général une portion seulement du muscle présente une disposition annulaire. Il est quelquefois des muscles chez lesquels cette disposition en anneau est incomplète; les fibres alors se recourbent en arc autour du canal qu'elles doivent entourer, et se fixent aux parties solides environnantes. Tels sont les muscles du pharynx.

La direction des muscles doit être étudiée suivant l'axe du corps, et surtout suivant la direction du levier qu'ils doivent mouvoir ; il faut observer, en outre, que le rapport entre la direction du muscle et celle du bras de levier est variable, et que, selon les altitudes du membre, elle s'écarte ou se rapproche plus ou moins du parallélisme.

La différence de direction des fibres qui composent un muscle doit être examinée avec soin, si l'on veut déterminer l'action de ce muscle. Si les fibres musculaires s'insèrent. obliquement sur un tendon étroit, la direction du muscle sera celle du tendon. Si, au contraire, les fibres musculaires s'insèrent suivant plusieurs directions sur une large surface fibreuse, la direction du muscle sera déterminée par la résultante de tous les faisceaux musculaires qui le composent.

Insertions. — Les muscles s'attachent par leurs deux extrémités à des os ; mais quelquefois aussi à une aponévrose, dont ils sont tenseurs, ou bien à la peau, comme le muscle peaucier et les muscles de la face, ou bien à un viscère, comme les muscles de l'œil, le muscle ischio-caverneux, etc.

C'est à tort que l'on a supposé que des fibres musculaires s'inséraient à d'autres fibres musculaires. On a été induit en erreur par l'entre-croisement des faisceaux qui entrent dans la structure de la Imgue, de la partie charnue de la face.

Les insertions des muscles ont été divisées en insertions fixes et en inseriions mobiles. Celte division, rigoureuse pour im assez petit nombre de miiscles, cesse de l'être pour la plupart d'entre eux. Les muscles qui s'attachent, d'une part, directement aux os qui concourent à former la partie supérieure de la face et le crâne, d'autre part à la peau, ont une insertion complètement fixe, puisque ces os n'exécutent aucun Hiouyement les uns sur les autres. Mais dans les autres

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muscles, la fixité d'une des attaches musculaires ne doit pas être prise dans un sens absolu, et l'on a l'habitude de désigner sous le nom d'insertion fixe celle qui, le plus souvent, sert de point d'appui.

L'insertion fixe d'un muscle est généralement plus large que son insertion mobile ; elle se confond fort souvent avec celle des muscles voisins : exemple, les muscles demi-membraneux, demi-tendineux, biceps, grand adducteur, qui tous s'attachent en confondant leurs insertions à la tubérosité ischiatique. L'insertion mobile, au contraire, est plus souvent isolée, mieux déterminée, et souvent indépendante.

Les muscles s'insèrent sur les rugosités, les saillies des os, plus rarement dans les dépressions osseuses. Ces insertions se font par l'intermédiaire des parties fibreuses désignées sous le nom de tendons ; ceux-ci sont plus ou moins épais, plus ou moins grêles, plus ou moins larges. Les tendons larges et minces sont appelés aponévroses d'insertion. Cette disposition a pour but de diminuer considérablement l'étendue du point d'attache osseux sans diminuer la puisance musculaire. Les tendons se montrent principalement à l'extrémité des muscles longs ; les aponévroses d'insertion, sur les bords des muscles larges.

Il nous reste à parler de l'insertion des fibres musculaires sur les parties fibreuses. Le tendon d'origine d'un muscle, ou bien se prolonge sous forme de bandelette sur la surface du muscle, ou bien pénètre dans son intérieur. C'est de cette surface que naissent les fibres musculaires. La disposition est exactement la même pour le tendon de terminaison : ce tendon, placé tantôt à la surface du muscle, d'autres fois caché dans l'épaisseur des fibres, reçoit, dans tous les points de son étendue, les insertions des fibres musculaires, de telle sorte que les points d'origine des fibres musculaires se font à des hauteurs différentes, et que leur terminaison présente exactement le même caractère. De là, V apparence penniforme, semi-penniforme, ou fusiforme des muscles. Dans le premier cas, le tendon est apparent au milieu des muscles, les fibres musculaires s'attachent obliquement de chaque côté du tendon; dans le second, les libres musculaires s'insèrent sur un seul côté du tendon ; dans le troisième, enfin, le tendon est caché dans l'épaisseur des fibres. Dans certains cas, le tendon s'épanouit en une bandelette fibreuse qui enveloppe l'extrémité inférieure du muscle; alors les fibres musculaires s'attachent sur la face profonde du tendon épanoui. Elles sont, pour ainsi dire, reçues dans un cône creux. Gerdy et Theile ont démontré que les fibres musculaires et les fibres tendineuses affectaient à leurs deux extrémités une disposition inverse. Ainsi, si aune des extrémités d'un muscle, les fibres musculaires sont reçues dans un cône creux, à l'autre extrémité le tendon se prolonge dans l'épaisseur du muscle, et les fibres musculaires s'attachent sur la superficie du tendon ; si une lame aponévrotique recouvre à une exlrémité la face postérieure d'un muscle, à l'autre extrémité elle se trouvera placée à sa face antérieure.

BÂPPORTS DES MUSCLES. 189

Enfin, il est quelques muscles dont les fibres tendineuses sont le prolongement des fibres musculaires. Celte disposition se rencontre lorsque la nature a pu disposer d'une surface d'insertion considérable : le muscle trapèze, par exemple, se trouve dans ce cas.

Les fibres musculaires sont intimement unies aux parties fibreuses qui leur servent d'attache. Cette adhérence est telle, que les fibres musculaires et les fibres tendineuses peuvent se rompre isolément, et que l'on observe rarement des cas dans lesquels les fibres musculaires aient été séparées par la violence des tendons sur lesquels elles viennent s'implanter.

Dans chaque muscle, on décrit un C07'ps ou ventre, une extrémité d'origine ou tèW, et une terminaison ou queue. 11 ne faut pas confondre la lêle du muscle avec son extrémité fixe, et la queue avec son extrémité mobile. Si la tète du muscle est le point Cwe dans l.i plupart des muscles et dans presque tous les cas, il ariive souvent que le point qui était le plus mobile dans certaines circonstances d2vient le point ûxe. On détermine la lètc du muscle de la manière suivante : on suppose la colonne vertébrale comme un centie d'où parlent les muscles ; le point d'origine sera le point le plus rapproché de la colonne vertébrale ; le point de terminaison sera le point le [dus éloigné. Cependant il esldcs muscles qui s'attachent à des os du même r.om, les intercostaux par exemple, ou entre des os analogues au sternum et à l'os hyoïde, ou biennaux apophyses tiansverses des vertèbres, d'une part; d'autie part, à d'autres apophyses Iransverses. 11 est impossible de délerminer la tète du muscle, en ayant égard à la colonne vertébrale, puisque les deux exlrémilés en sont également éloignées. 11 faut alors considérer comme point d'origine celui qui est le point fixe dans les mouvcmeiits les plus ordinaires.

Le ventre d'un muscle est généralement simple, quelquefois il est coupé par des intersections aponévroliques : exemple, le droit antérieur de l'abdomen. D'autres fois, le corps du muscle est sépare par un véritable tendon, sur lequel s'insèrent les fibres musculaires des deux portions du muscle : exemple, le digaslrique, etc.

La tète du muscle est le plus souvent simple, quelquefois multiple. Dans ce dernier cas, les fibres musculaires se réunissent en un ventre commun : exemple, les biceps, les triceps, etc. Quelquefois, ces extrémités d'origine des muscles sont désignées sous le nom de diriilations.

La queue est bien plus souvent multiple que la tète. On désigne ces terminaisons sous le nom de digitations ou de faisceaux., lorsqu'elles sont formées en partie par la fibre charnue,

Rapports des muscles.

1° Avec la peau. — A l'exception des muscles peauciers, les muscles ne sont point en rapport immédiat avec la peau, ils en sont séparés par une lame fibreuse aponévrolique, et par une couclie de tissu

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cellulaire graisseux plus ou moins abondante suivant les sujets. Toutefois cette couche de tissu cellulaire n'est pas assez épaisse pour que chez presque tous les sujets le corps charnu des muscles ne puisse faire saillie,

2° Avec les os. — La partie la plus épaisse des muscles se trouve au niveau de la partie la pins grêle des os ; les muscles profonds enveloppent l'os dans toute son étendue ; les muscles superficiels, au contraire, n'adhèrent aux os que par leurs extrémités d'insertion ; leurs tendons glissent dans des gaines particulières plus ou moins longtemps avant de s'attacher sur les surfaces osseuses voisines des articulations. Les mouvements de glissement des tendons et des muscles sur les os sont favorisés par des bourses synoviales sur lesquelles nous nous arrêterons plus loin.

3° Rapport des muscles entre eux. — A l'exception des points où les muscles se confondent par une de leur origine, les muscles sont constamment isolés ; ils sont séparés par des aponévroses qui les enveloppent de toute part, leur servent de gaîne. Ces gaines fibreuses, réunies aune grande gaîne commune qui enveloppe toute une partie, un membre par exemple, constituent les aponévroses proprement dites, bien différentes des aponévroses d'insertion qui sont de véritables tendons aplatis.

La force et la résistance de la gaîne fibreuse est en raison de la force du muscle et de sa tendance au déplacement. Aussi, plus les muscles sont rapprochés de la superficie des membres, plus leurs gaines sont fortes.

Les muscles sont juxtaposés, serrés les uns contre les autres, et, en général, la forme des uns détermine la forme des autres ; cependant il existe souvent entre les muscles de petits espaces triangulaires remplis par du tissu cellulaire graisseux : ces espaces ou interstices, sont très importants à connaître en anatomie chirurgicale ; c'est au milieu d'eux que l'on va chercher les vaisseaux dont on veut pratiquer la ligature.

4" Rapports avec les vaisseaux et avec les nerfs. — Les muscles servent de protection aux nerfs et aux vaisseaux, et les garantissent par leur épaisseur contre les violences extérieures ; d'un autre côté, ceux-ci sont renfermés, dans l'intervalle des muscles, dans des gaines celluleuses qui les protègent contre les contractions musculaires. Les grosses artères marchent parallèlement à un muscle auquel M. Cruveilhier a donné le nom de muscle satellite : ainsi le muscle biceps est le muscle satellite de l'artère humérale, etc.

Structure des muscles.

Les muscles sont formés : 1° défibres rouges contractiles qui constituent le tissu musculaire proprement dit ; 2° de fibres blanches non contractiles : ce senties tendons et les aponévroses d'insertion.

STRUCTURÉ DES MUSCLES, 191

Tissu musculaire. — Il est fascicule, d'un rouge vif chez les sujets vigoureux, plus pâle chez l'enfant et les sujets affaiblis ; d'une consistance très considérable pendant la vie, il se déchire facilement après la mort.

Le tissu musculaire peut être divisé en faisceaux prismatiques de forme variable et parfaitement visibles à l'œil nu ; chacun de ces faisceaux peut être divisé à son tour en faisceaux plus petits, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la fibre élémentaire qui, sous le microscope, paraît comme rubanée, striée. La fibre élémentaire a été divisée en fibres primUives, qui ont reçu le nom de fibrilles.

Nous avons déjà vu plus haut que chaque muscle se trouvait enveloppé dans une gaine fibreuse qui l'isolait complètement. Cette gaîne envoie dans l'intérieur du muscle des cloisons celluleuses plus minces qui isolent les faisceaux, et de la paroi interne, desquelles partent d'autres prolongements qui isolent les fibres élémentaires et réunissent les fibres primitives. Cette gaîne spéciale a reçu le nom de sarco!em7ne. Cette enveloppe des fibres élémentaires ne s'applique pas sur leur extrémité ; elle se soude, au contraire, intimement à l'aponévrose d'insertion, la gaîne des fibres se prolonge sur le tissu fibreux d'insertion et se confond avec lui.

D'après Berzelius, la fibre musculaire est composée de :

Fibrine 0,1580

■ Cruor et albumine 0,0220

Gélatine. . > 0,0190

Osniazome 0,0180

Plyaline 0,0015

Phosphate de soude 0,0090

Phosphate de chaux 0,0008

Eau. ... ; 0,7717

Tendons^ — Ils sont d'un blanc brillant quelquefois un peu jaunâtre et formés presque entièrement de tissu conjonctif constituant des fibrilles d'une extrême ténuité, ils renferment en outre un petit nombre de fibres élastiques. Les aponévroses d'inserlion présentent la même structure que les tendobs, elles ne sont en effet, nous l'avons déjà dit que des tendons très aplatis.

Artères. — Les muscles reçoivent de nombreuses artères, dont le nombre et le volume sont en raison de l'étendue du muscle. Elles pénètrent perpendiculairement dans les muscles larges et dans les muscles longs du bras et de la cuisse, obliquement dans les muscles de l'avant bras et de la jambe. Ces vaisseaux se divisent à l'infini dans l'épaisseur du muscle ; chaque petit rameau se loge entre les divers faisceaux.

Veii}es. — Les artères des muscles sont accompagnées de deux veines situées de chaque côté de l'artère ; ces veines sont pourvueë de valvules plus nombreuses que les veines superficielles.

l!)2 JnOLOGIE.

A'er/i. — Les muscles reçoivent des nerfs qui viennent du centre nerveux encéphalo rachidien, se divisent dans l'épaisseur du muscle, et, suivant certains anatomistes, se terminent en formant des anses ; suivant d'antres, ils s'épuisent dans le système musculaire.

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