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PRÉPARATION DES ARTÈRES

Pour isoler les artères des parties qui les environnent, il faut avoir recours aux injections; à la vérité, on pourrait préparer certaines artères un peu volumineuses sans avoir préalablement recours à ce procédé, qui devient indispensable pour disséquer les divisions un peu fines.

La préparation des artères se compose donc de deux temps : i° de l'injection, 2° de la dissection.

Injections. — Elles sont générales ou partielles ; elles se font à l'aide d'une seringue avec laquelle on pousse dans les vaisseaux une matière liquide susceptible de se solidifier par le refroidissement.

.Seringues et tuhes. — La seringue destinée aux injections générales doit être assez grande pour contenir au moins un kilogramme de liquide ; les seringues à injections partielles sont d'un volume variable, en rapport avec la capacité des vaisseaux de l'organe que l'on veut injecter.

M. Sappey fait remarquer avec raison que les garnitures de cuir du piston sont mauvaises. « Les plaques de cuir dont on garnit constamment l'extrémité du piston seront constamment rejelées ; elles se brûlent, se racornissent après deux ou trois injections, et la seringue fonctionne alors très imparfaitement ; à ces plaques, qui sont excellentes dans les seringues oii l'on introduit des liquides froids, il faut substituer la filasse, qui n'offre aucun inconvénient et qu'on peut si facilement renouveler dans SCS couches les plus superficielles, lorsqu'elle s'altère, se déroule et ne ferme pas hermétiquement le corps de pompe (i). »

Le corps de pompe de la seringue sera muni à sa partie moyenne d'un anneau supportant de chaque côté une poignée de bois. L'extrémité de la seringue supporte un robinet sur lequel s'adaiitenl des tubes d'ajutage qui se fixent au robinet par le même mécanisme que la baïonnette s'adapte au canon d'un fusil. Tous les tubes d'ajutage doivent avoir le même volume à l'extrémité qui s'adapte au robinet ; l'extrémité que l'on introduit dans le vaisseau doit avoir un volume proportionné à celui du vaisseau que l'on veut injecter. Six tubes d'ajutage de différents calibres sudlsent pour faire toutes les injections partielles ; nous ajouterons que l'extrémité inférieure du tube sera munie d'une rainure circulaire ou creusée dans l'épaisseur de la paroi du tube ou bien formée parle tube lui-même et le relief de son extrémité. C'est sur cette rainure que doit être placée la ligature qui fixe le tube au vaisseau. Lorsqu'on veut injecter des vaisseaux d'un petit calibre, on est obligé d'avoir de très petits tubes que l'on fixe sur un tube d'ajutage spécial qui ne présente point de rainure; le petit tube, devant être fixé au vaisseau, présente seul des points d'arrêt pour fixer la ligature.

Tel est l'appareil à l'aide duquel on peut faire toutes les injections artérielles et veineuses. Quoiqu'il soit suffisant, nous engageons les anatoniistes à se procurer un second robinet qui se fixe par une de ses extrémités au robinet de la seringue, comme le tube d'ajutare, et qui pnr l'autre extrémité reçoit le tube d'ajuta;j:e. Nous reviendrons plus bas sur l'utilité de ce second robinet.

Matière à injections. — La matière à injections doit être assez résistante, cependant elle ne doit pas être cassante. Elle est composée de la manière suivante pour les injections générales des sujets destinés aux dissections : Suif, 9 parties ; essence

(1) Sappey, Manuel d'anatomie descriptive, 4 840, t. V', p. SsTi.

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