ARTÈRE HÉPATIQUE
Plus volumineuse que la coronaire stomachique, Vartère hépatique (fig. 91. 3) se porte de gauche à droite en décrivant une courbe à concavité supérieure, puis directement en haut, arrive au sillon transverse du foie, où elle se divise en deux branches.
Rapports. — Renfermée entre les deux feuillets de l'épiploon gastro-hépatique, elle forme, avec les canaux biliaires et la veine porte, derrière lesquels elle est située, la partie antérieure de l'hiatus de Winslow.
Branches collatérales. —1° Artère pylorique{i\g. 91. 6). — Petite branche qui, au voisinage du pylore, se porte sur la petite courbure de l'estomac et s'anastomose avec la coronaire stomachique. Elle se divise en rameaux stomachiques antérieur et postérieur ; elle fournit des rameaux à la première portion du duodénum.
2° Artère gastro-épipldique droite (fig. 91. 5). — Branche volumineuse qui se porte directement en bas, passe derrière le duodénum, arrive au bord inférieur de l'estomac, dont elle suit la grande courbure entre les deux feuillets antérieurs du grand épiploon ; elle s'anastomose avec la gastro-épiploïque gauche.
Branches collatérales. — a. Plusieurs petites branches qui se distribuent au pylore.
h. Vartère paner éatico-duodénale (fig. 91. 7). — Branche volumineuse qui se distribue à la tête du pancréas, à la seconde portion du duodénum, et s'anastomose avec un rameau de la mésenlérique supérieure. M. Yerneuil a constaté qu'il existait deux artères pancréatico-duodénales formant, par leur anastomose avec la mésenlérique, deux arcades, l'une antérieure, l'autre postérieure, à convexité tournée à droite. Les rameaux qui partent de la convexité se rendent au duodénum ; ceux qui partent de la concavité se rendent aux faces correspondantes de la tète ou portion duodéiiale du pancréas.
c. Dans sa portion qui suit la grande courbure, l'artère gastro-épiploïque fournit des rameaux descendants, rameaux épiploïques, qui
ARTERE MÉSENTÉRIQÙE SUPÉRIEURE. 361
sont situés entre les deux feuillets antérieurs du grand épiploon, se recourbent aveclui et vont se terminer au côlon transverse.
d. Des rameaux gastriques^ les uns pour la face antérieure, les autres pour la face postérieure de l'estomac, et qui s'anastomosent avec les rameaux antérieurs et les rameaux postérieurs de la pylorique et de la coronaire stomachique.
3" Artère cijstiqiie{i\g. 91.4). — Petite branche qui se porte au col de la vésicule biliaire, où elle se divise en deux branches : l'une, supérieure, qui se place entre le foie et la vésicule biliaire ; l'autre, inférieure, qui se perd dans la paroi de celte vésicule.
Branches terminales. — Arrivée au sillon transverse du foie, l'artère hépatique se divise en deux branches qui pénètrent à l'extrémité gauche et à l'extrémité droite de ce sillon, dans le tissu du foie, enveloppées dans la capsule de Glisson, avec la veine porte et les canaux biliaires, dont elles suivent toutes les ramifications.
ARTÈRE SPLÉXIQUE.
La plus volumineuse des branches du tronc cœliaque (fig. 91. 9). Elle se porte de droite à gauche en décrivant un grand nombre de flexuosités, en rapport avec le bord supérieur du pancréas, et contenue entre deux feuillets du péritoine ; arrivée à la scissure de la rate, elle se divise en un grand nombre de branches qui se perdent dans le parenchyme de cet organe.
Branches collatérales. — a. Des artères pancréatiques assez volumineuses.
b. L'artère gastro-épiploique gauche {ïï^. 91. 10), dont le volume est en raison inverse de la gastro-épiploïque droite, avec laquelle elle s'anastomose, et qui fournit des rameaux gastriques et des rameaux épiploïques dont la distribution est tout à fait semblable à celle des rameaux fournis par la gastro-épiploïque droite.
c. Les vaisseaux courts, branches nombreuses et très courtes qui naissent des divisions supérieures de la splénique, qui se portent au grand cul-de-sac de l'estomac, où elles s'anastomosent avec des rameaux fournis par l'artère coronaire stomachique.
Les vaisseaux courts sont contenus entre les deux feuillets de l'épiploon gastrO'Splénique.
ARTERE MÉSENTÉRIQÙE SUPÉRIEURE.
l'répavatlon. — Renversez en haut le côlon transverse ; mettez à découvert le feuillet droit du mésentère en renversant l'intestin g'rêle du côté gauche ; incisez le mésocôion transverse, soulevez le pancréas, et détachez le feuillet du péritoine qui recouvre les vaisseaux.
L'artère mésenlérique supérieure (fig. 92. 1) naît de la partie antérieure de l'aorte, un peu au-dessous du tronc cœliaque, se porte direc-
ANGIOLOGIE.
tement en bas, en arrière du pancréas, puis en avant de la troisième portion du duodénum, dont elle établit la limite inférieure, gagne le mésentère à l'angle que ce repli forme avec le mésocôlon transverse ; dans le mésentère, elle décrit une courbe dont la convexité est à
FiG. 92. — Artère mésentériqne supérieure.
A. Pancréas. — B, Inlestin. — C. CEecum. — D, Côlon ascendant. — E. Colon transverse. — a. ï,!ésentèrt? . — h. JMésocôlon ascendant. — d. Mésocolon transverse. — 1, Artère mésentérique supérieure. — 2,2. Artères coliques droites.
ARTÈRE MÉSENTÉRIQUE INFÉRIEURE. 363
gauche et la concavité à droite, fournit un très grand nombre de ra meaiix à l'intestin grêle et au gros intestin, et s'épuise dans le caecum, à l'extrémité inférieure du mésentère.
Branches collatérales. — Ce sont dos rameaux qui se jettent dans le pancréas, un ou deux rameaux qui s'anastomosent avec la pancréatico-duodénale : ses branches les plus importantes sont les artères de Vintestin grêle et celles de la moitié droile du gros intestin.
\^ Artères d'' Vintestin grêle. — De la convexité de l'artère mésentérique supérieure partent un assez grand nombre de branches volumineuses, qui, après un trajet de 6 à 8 centimètres, se bifurquent, se recourbent en arcades et s'anastomosent avec les branches voisines ; de la convexité de ces arcades partent un grand nombre de branches qui se bifurquent à leur tour, constituent une seconde série d'arcades ; de la convexité de ces arcades partent de nouvelles branches qui se comportent exactement delà môme manière. 11 n'est pas rare de rencontrer à la partie moyenne de l'intestin grêle une quatrième série et même une cinquième série d'arcodes : quoi qu'il en soit, dès que ces arcades sont arrivées au voisinage de l'intestin grêle, il part de leur convexité deux ordres de rameaux qui se portent, les uns sur la moitié gauche, les autres sur la moitié droite de l'intestin ; chacun de ces rameaux est divisé en rameaux superficiels destinés à la tunique musculeuse et en rameaux profonds destinés à la muqueuse.
2° Artères du gros intestin , désignées encore sous le nom de coliques droites (fig. 92. 2). — Au nombre de trois, supérieure, moyenne et inférieure, elles naissent de la concavité de l'artère mésentérique supérieure; elles se dirigent du mésentère vers le mésocôlon transverse, la supérieure de bas en haut, la moyenne horizontalement, l'inférieure de haut en bas. Chaque artère colique fournit plusieurs branches qui se bifurquent, se réunissent en arcades en s'anastomosant avec les branches voisines ; de ces arcades partent des branches qui se portent, les unes en avant, les autres- en anière du gros intestin ; chacun de ces rameaux se divise en un rameau sujierficiel et un rameau profond destiné à la membrane muqueuse.
Le rameau supérieur (fig. 93. 3) se distribue à la moitié droite du côlon transverse, et s'anastomose par inoculation avec l'artère colique gauche, branche de la mésentérique inférieure •,le rameau inférieur i-e distribue au caDcum, à l'appendice iléo-csecal, et s'anastomose avec la terminaison de la mésentérique supérieure.
ARTÈRE MÉSENTÉRIQUE INFÉRIEURE.
Préparation. — Renversez l'inteslin grêle dans le flanc droit, relirez au dehors lo côlon descendant et l'S iliaque.
Moins volumineuse que la supérieure, l'artère mésentérique infé-
364 ANGIOLOGIE.
rieure (fig. 93. 4) naît au niveau du quart inférieur de l'aorte abdominale, sur sa partie antérieure, et un peu à gauche -, descend verti-
FiG. 93. — Artère mésentérique inférieure. A. Pancréas, — B. Intestin grêle, — C. Côlon transverse. — D. Côlon descendant. — E. Rectum. — a. Mésocôlon transverse. — b. Mésocôlon descendant. — 1. Aorte. — 2, Artère mésentérique supérieure. — 3. Artère colique droite (branche supérieure).— 4. Artère mésentérique inférieure. — 5. Artère colique gauche (branche supérieure). — 6. Artère hémorrhoïd aie supérieure.
ARTÈRE SPERMATJQUE. 365
calement en avant de l'aorte, puis de l'artère iliaque primitive gauche, dans l'épaisseur du mésocôlon iliaque et du raésoreclum, se bifurque et forme les deux arlères hémorrhoïda'.es supérieures.
Dans son trajet elle fournit trois branches qui sont : les coliques gauche supérieure, moyenne el inférieure. Ces artères sont destinées à la moitié gauche du côlon Iransverse, au côlon descendant, à l'S iliaque du côlon ; elles présentent la même disposition en arcades que les artères coliques droites. La colique gauche supérieure (fig. 93. 5) s'anastomose largement avec la colique supérieure droite.
Les artères hémorrhoidales supérieures (fig. 93. 6) se distribuent au rectum comme les autres artères intestinales ; elles s'anastomosent avec les hémorrhoidales moyennes, branches de l'hypogastrique.
ARTÈRE SPERMÂTIQUE.
Préparation. — Détachez avec soin le péritoine au-devant du psoas ; fendez le scrotum jusqu'au testicule, parallèlement au cordon.
Les artères spermaiiques (fig. 90. 24, et fig. 104. 17) se distribuent chez l'homme au testicule, artères tesliculaires ; chez la femrne, à l'ovaire, aux trompes, à l'utérus, artères utéro-ovariennes .
Leur longueur est très considérable ; leur calibre est très étroit; elles naissent de la partie antérieure, quelquefois de la paitie latérale de l'aorte, au-dessous des rénales, d'autres fois elles naissent de ces derniers vaisseaux. Elles descendent presque verticalement en bas, derrière le péritoine, en avant du psoas et de l'uretère ; l'artère du côté droit passe derrière l'S du côlon ; celle du côté gauche est en rapport avec la veine cave.
Arrivée à la fiartie inférieure de l'abdomen, l'artère spermatique se place en dedans du psoas, en avant de l'artère iliaque externe, et se comporte de la manière suivante :
Chez l'homme, elle se place dans le canal inguinal, à côté du canal déférent, et forme avec lui et les veines spermatiques le cordon testiculaire, fournit quelques petits rameaux qui se distribuent au canal déférent et au muscle crémaster, sort par l'orifice externe du canal inguinal, pénètre dans les bourses, où elle se divise en deux branches, qui se distiibuent, l'une à l'épididynie, qu'elle pénètre par sa tète, l'autre au testicule ; celte branche traverse la tunique albuginée, à laquelle elle fournit quelques rameaux, et se perd dans la substance propre du testicule.
Chez la femme, l'artère ute'ro- ovarienne, après avoir croisé le bord interne du psoas, s'enfonce dans le bassin, fournit à l'ovaire et aux trompes une branche externe; leur brraiche interne se rend aux parties latérales du corps de l'utérus, et s'anastomose avec les artères utérines fournies par l'artère hypogastrique,
366 ANGIOLOGIE.
ARTERES RENALES.
Préparation. — Disséquez le péritoine; pour voir ces artères dans le rein, fendez cet organe par son bord externe, et renversez à plat les deux portions. On peut encore sculpter les vaisseaux dans le parenchyme du rein.
Elles naissent à angle droit des parties latérales de l'aorte, entre les deux mésentériqnes(fig. 90. 21). Elles ont un calibre très considérable, et présentent une assez grande variété d'origine. Ainsi, elles sont quelquefois au nombre de deux ou trois de chaque côté; elles naissent à des hauteurs très différentes.
Le plus communément elles se portent transversalement en deJiors, recouvertes par le péritoine et les veines rénales, en rapport en arrière avec les vertèbres lombaires ; l'artère du côté droit est en rapport, en avant, avec la veine cave inférieure.
Dans leur trajet, elles fournissent un petit rameau à la capsule surrénale, artère capsulaire inférieure, et d'autres petits filets qui se jettent dans le tissu adipeux qui enveloppe le rein et ses vaisseaux.
Parvenues à la scissure du rein, elles se divisent en plusieurs branches et pénètrent dans le tissu du rein, en arrière des veines rénales et en avant du bassinet ; elles se ramifient et se perdent dans le tissu du rein, ainsi que nous le verrons plus tard. (Voyez Structure du rein.)