‹ Nouveau traité élémentaire d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 346 sur 670 · VEINE JUGULAIRE INTERNE · texte numérisé non relu

VEINE JUGULAIRE INTERNE

ryngienne inférieure, thyroïdiennes supérieure et moyenne, se jettent, soit dans la jugulaire interne, soit dans la jugulaire externe. En raison des variétés de terminaison de ces vaisseaux, nous les décrirons toutes dans ce paragraphe.

Branches d'origine. — On peut considérer comme branches d'origine de la jugulaire interne les veines de l'intérieur du crâne.

A. Veine faciale. — Elle commence à la région du front, où elle porte le nom de veine frontale ou preparate ; elle prend le nom de veine angulaire au niveau du grand angle de l'œil, puis celui de veine faciale jusqu'à sa terminaison.

A. Veine frontale, ou preparate (fig. 113. 14). — Elle est formée par plusieurs branches comprises entre la peau et le muscle frontal et qui se réunissent en descendant pour former ce vaisseau, qui est quelquefois unique et médian, mais le plus souvent double. Les veines préparâtes aboutissent à une arcade veineuse, arcade nasale à concavité inférieure, et qui reçoit : 1" \a veine sus-orbitaire, qui se dirige de dehors en dedans, parallèlement au muscle sourciiler, reçoit la veine palpébrale supérieure et la veine diploiqve frontale, et se jette dans la veine frontale au niveau du grand angle de l'œil ; 2' elle s'anastomose avec la veine ophtlialmique, qui établit une communication entre les veines de l'intérieur du crâne et celles de la face ; 3" la veine dorsale du nez.

li. Veine angulaire. — Elle commence à l'extrémité interne de l'arcade orbitaire, se loge dans le sillon de séparation du nez et de la joue, et reçoit : 1" en dehors, la veine palpébrale inférieure et les reines du sac lacrymal et du canal nasal ; 2° en dedans, les veines de Vaile du nez, qui se réunissent pour former un ou plusieurs troncs.

c. Veine faciale (fig. 113. 9). — Après avoir reçu les veines des ailes du nez, la veine faciale prend le nom de ve'ine faciale propre- 7nçnt dite. Ce vaisseau, plus superficiel que l'artère faciale et situé en arrière, se dirige de bas en haut et d'avant en arrière, passe entre le grand zygomatique et le buccinateur, croise le corps de la mâchoire

Fig. 113. — Veines de la face.

i. Veine cave supérieure. — 2. Grande veine azygos. — 3, Petite veine azj-gos du côlé gauclie ou première iiilercostale. — 4, 4. 4. Veines intercostales. — 5. Veines dorso-spinales. — 6. Origine de la veine sous-clavière g-auche. — 7. Veine jugulaire externe. — 8. Veine juijulaire interne. — 9. Veine faciale.

— 40. Tronc des veines temporales superficielles. — H , M. Veines temporales superficielles. — 12. Veines occipitales. — 13. Veines temporales sous-aponévrotiques. — 14. Veine frontale ou preparate. — 15. Veine jugulaire antérieure.

— 16. Branche de communication de la jugulaire externe avec la jugulaire anlérienre. — 17. Veine jugulaire postérieure.

454 ANGIOLOGIE,

en avant du masséter, se place dans le sillon de la glande sousmaxillaire, et se jette dans la jugulaire interne, soit isolément, soit après s'être réunie avec la veine linguale, ou avec la thyroïdienne inférieure, les temporales, la maxillaire interne. Dans d'autres circonstances, la veine faciale continue son trajet, passe en avant du sterno-mastoïdien qu'elle croise à angle très aigu, et forme une des origines de la jugulaire externe; dans d'autres cas plus rares, elle se jette dans la jugulaire antérieure.

Branches coUaté^'ales. — Dans son trajet elle reçoit un assez grand nombre de branches collatérales, qui sont : i° le tronc veineux alvéolaire, qui part du plexus alvéolaire formé par les veines alvéolaires proprement dites, la veine sous-orhitaire, les palatine supérieure^ vidienne et sphéno-palatine ; 2° les veines coronaires labiales supérieure et inférieure ; 3" les veines buccales; 4° les veines massélérines antérieures, qui se jettent dans la faciale au voisinage du bord de la mâchoire ; 5" la veiîie sous-mentale, qui naît des muscles et des téguments du menton et de la région sus-hyoïdienne, et se jette dans la faciale, au-dessous de la base de la mâchoire ; 6° les veines sous-maxillaires, qui partent de la glande du même nom ; 7° les veines palatines, qui viennent du voile du palais et du plexus ionsillaire.

B. Veine temporale. — Les rameaux d'origine de la temporale sont : 1° Les veines temporales superficielles (fig. 113. il), qui couvrent de leurs ramifications la région temporale ; ils ont été distingués en rameaux antérieurs, ou frontaux, qui s'anastomosent avec la veine frontale ; rameaux postérieurs, ou occipitaux, qui s'anastomosent avec la veine occipitale ; et rameaux moyens, ou pariétaux, qui s'anastomosent sur le sommet de la tête avec les rameaux correspondants du côté opposé. 2° La veine temporale moyenne (fig. 113. 15), veine volumineuse située entre l'aponévrose et le muscle temporal, et qui reçoit les veines palpébrales et orbitaires externes. Le tronc qui résulte de la réunion de ces deux veines (fig. 113. 10) se porte verticalement en bas entre le conduit auditif externe et l'articulation temporo-maxillaire, traversl* la glande parotide où elle reçoit quelques veines parotidiennes, et se réunit derrière le col du condyle, à la veine maxillaire interne.

C. Veine maxillaire interne. — Elle répond auxrameauxde l'artère maxillaire interne qui naissent au niveau du col du condyle et dans la fosse ptérygo-maxillaire ; elle est formée par : 1° deux veines méningées moyennes (fig. 115. 3), l'une en avant, l'autre en arrière de l'artère, et qui reçoivent quelques veines cérébrales; T la veine dentaire inférieure; 3" les veines temporales profondes; 4'*Mes mnes ptérygo'idiennes ; 5" les veines massétérines postérieures. Toutes ces veines aboutissent à un plexus, plexus ptérygoïdien, situé entre le

VKINE JUGULAIRE INTERNE. 4o5

muscle temporal et le ptérygoïdien externe, puis entre les deux ptérygoïdiens ; il communique largement avec le plexus alvéolaire.

La veine maxillaire interne se réunit à la veine temporale, et forme le tronc lemporo-^naxillaire, qui continue son trajet dans l'épaisseur de la parotide, reçoit des veines parolidiennes, la veine transversale de la face, Vauriculaire antérieure, et se termine dans la jugulaire externe dont il forme la principale branche d'origine, quelquefois dans la jugulaire interne; dans ce cas, la jugulaire externe est très

D. Veine auriculaire postérieure. — Petite veine dont la disposition est la même que celle de l'artère du même nom.

E. Veine occipitale (fig. 113. 12). — Branche assez volumineuse qui correspond à l'artère occipitale dont elle présente exactement la distribution; elle communique par les veines mastoïdiennes avec le sinus latéral, et se jette tantôt dans la jugulaire externe, tantôt dans la jugulaire interne.

F. Veines linguales. — Elles sont superficielles et profondes. L'artère linguale est accompagnée par deux petites veines qui s'anastomosent entre elles, ce sont les veines profondes. Les veines superficielles occupent, les unes la face -supérieure de la langue ; elles partent d'un plexus, plexus doy^sal de la langue, qui reçoit les veines des amygdales et de l'épiglotte : les autres occupent la face inférieure de l'organe, ce sont les veines ranines, grosses veines qui soulèvent la muqueuse de chaque côté du frein de la langue; ces veines partent d'un plexus considérable foYmé de veines ordinairement pourvues de valvules.

Les veines linguales se jettent tantôt dans la jugulaire externe, tantôt dans la jugulaire interne.

G. Veine pharyngienne. — La veine pharyngienne tire son origine d'un plexus considérable, plexus pharyngien, formé par des rameaux méningiens, les veines vidiefines et spheno-palatines ; elle se jette dans la jugulaire interne, quelquefois dans la veine faciale ou la veine linguale (fig. 114. 4).

H. Veines ihyroidiennes. — La veine thyroïdienne inférieure correspond à l'artère du même nom ; elle prend son origine du corps thyroïde et du larynx ; elle se jette dans la jugulaire interne, quelquefois seule, souvent par un tronc commun avec la linguale et la faciale.

La veine thyroïdienne moyenne est souvent multiple ; elle naît de la partie moyenne du corps thyroïde, et se jette directement dans la jugulaire interne.

Branches d'origine de la veine jugulaire interne. — ^ous avunsdit plus haut que les branches d'origine de la jugulaire interne étaient

-456 ANGlOLOGlE.

les veines de l'intérieur du crâne; ces veines sont : les veines de l'encéphale, les veines du diploé et la veine ophthalmique, qui vont se jeter dans les canaux particuliers appelés sinus de la dure-mère.

Les sinus de la dure-mère sont des canaux fibreux creusés, pour ainsi dire, dans l'épaisseur de cette membrane; leurs parois, qui représentent la membrane externe des veines, sont tapissées par la membrane interne des vaisseaux veineux. Ils sont triangulaires; la base du triangle correspond aux os du crâne. Ils ne présentent point de valvules; toutefois on rencontre dans leur cavité de petits prolongements fibreux qui n'exercent aucune influence sur le cours du sang. Leur situation est diamétralement opposée à celle des artères : ainsi ils sont situés à la partie supérieure et postérieure de l'encéphale, tandis que les gros troncs artériels occupent la partie antérieure ei inférieure du cerveau ; les artères sont en contact avec la substance cérébrale ; les sinus sont en rapport avec les os du crâne, qui sont creusés d'une gouttière pour les recevoir.

Les sinus de la dure-mère sont au nombre dix-sept. Cinq sont impairs, ce sont : le sinus longitudinal S'i.périeur, \e sinus longitudinal inférieur, le sinus droit, le sinus coronaire, le sinus occipital transverse. Six sont pairs, ce sont : les sinus latéraux, les sinus pétreux supérieurs et inférieurs, les sinus caverneux, les sinus occipitaux et les sinus sphéno-pariétaux.

Blandin a divisé les sinus de la dure-mère en torculariens et en atorculariens. Les sinus torculariens, désignés encore sous le nom de sinus principaux, se réunissent entre eux au niveau de la prolubérance occipitale interne, et forment le pressoir d'Hérophile : ce sont les sinus longitudinal supérieur, droit, occipitaux postérieurs, qui apportent le sang au pressoir d'Hérophile, et les deux sinus latéraux qui portent le sang du pressoir d'Hérophile à la veine jugulaire interne.

Les sinus atorculariens, ou sinus secondaires, n'ont aucun rapitort immédiat avec le pressoir d'Hérophile ; ils s'abouchent dans les sinus principaux. Ce sont les sinus longitudinal inférieur, coronaire, pétreux supérieur et inférieur, de la gouttière basilaire, caverneux et sphéno-pariétaux.

A. Sinus longitudinal supérieur. — Creusé dans l'épaisseur du bord convexe de la faux du cerveau, il s'étend depuis l'apophyse cristagalli jusqu'à la protubérance occipitale interne (fig. 114.6), où il se termine en se jetant dans le confluent des sinus; quelquefois il se continue directement avec le sinus latéral du côté droit. Sa coupe présente un triangle dont la base est dirigée du côté des os du crâne, le sommet vers le cerveau; sa cavité présente un assez grand nombre

SINUS i)E LA DURE-MEHE.

de brides fibreuses tapissées par la membrane interne du sinus ; on y rencontre de petites saillies formées par les coj'ps de Pacchioni.

Le sinus longitudinal supérieur reçoit :

1° Les veines cérébrales supérieures au nombre de sept ou liuit. Les antérieures sont les plus petites. La moyenne est la plus volumineuse, et est désignée sous le nom de grande veine cérébrale supérieure. Elle paraît provenir de la scissure de Sylvius, dont elle suit d'abord la direction, se dirige d'avant en arrière, puis décrit une courbe à concavité antérieure, et pénètre d'arrière en avant, traversant obliquement la dure-mère. Toutes les veines cérébrales supé-

FiG. H 4. — Sinus de la dure-mère et veines profondes de la face.

4, 1,1. Grandes veines racliidiennesou sinus vertébraux longitudinaux. — 2. Plexus veineux du commencement du canal rachidien. — 3. Communication de ce plexus avec le golfe de la veine jugulaire par le trou condylien antérieur. — 4. Veines qui étal^lissent la communication du plexus pharyngien avec la veine faciale. — 5. Plexus pharyngien. — 6, 6. Sinus longitudinal supérieur. — 7. Sinus droit. — 8. Pressoir d'Héropliile, confluent des sinus. — 9. Sinus latéral. — 10. Sinus pétreux supérieur. — 11. Sinus longitudinal inférieur. —

12, 12. Veines de la pic-mère s'ouvrant dans le sinus longitudinal supérieur.—

Page 1