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CAVITÉ BUCCALE

11 nous reste peu de cliose à dire de la portion osseuse de la cavité buccale: nous avons vu, en décrivant la région postérieure et inférieure de la face, la voûte palatine, les bords alvéolaires supérieurs cl inférieurs; nous nous occuperons dans ce paragraplie des dents, concrétions ossiformcs implantées dans les arcades alvéolaires.

CliGZ l'homme, les dents sont au nombre de trente-deux : seize pour chaque mâchoire. Chez les enfants, les dents sont seulement au nombre de vingt : dix pour chaque mâchoire. Ces dents, dites de première dentition, tombent pour faire place aux dents de seconde dentition.

Les dents sont placées l'une à côté de l'autre, implantées dans les alvéoles de chaque mâchoire ; elles constituent deux arcades appelées arcades dentaires, l'ime supérieure et l'autre inférieure.

Chaque arcade dentaire présente une courbe régulière non interrompue; la courbe de l'arcade dentaire supérieure est plus étendue que celle de l'arcade dentaire inférieure, de telle sorte que les dents incisives supérieures glissent au-devant des inférieures.

Toutes les dents présentent une partie libre, couronne de la dent, une partie implantée dans l'alvéole, racine; à la réimion de la couronne et de la racine une partie rétrécie, le collet; l'axe des dents e^t vertical; la hauteur est variable, mais cette différence porte sur la racine; la hauteur de la couronne est à peu près uniforme. En général, les dcals sont séparées par un intervalle triangulaire peu considérable, quelquefois même elles se touchent dans toute la hauteur de leur couronne.

La différence de forme des couronnes et des racines a fait diviser les dents en trois classes : les incisives, les canines, les molaires; ces dernières sont elles-mêmes divisées en petites molaires et grosses molaires.

1° Dents incisives (fig. 17. 29). — Elles sont au nombre de huit : quatre pour chaque mâchoire ; elles sont implantées à la partie moyenne de chaque arcade alvéolaire. Leur couronne est en forme de coin ; leur face antérieure est convexe, leur face postérieure concave ; le bord libre est taillé en biseau aux dépens de sa face posîérieure; les bords latéraux sont triangulaires, le sommet du triangle correspondant au sommet de la couronne. La racine a la forme d'un cône aplati latéralement; sur les côtés on remarque un petit sillon qui représente la trace d'une bifidité qu'on y rencontie quelquefois.

Les incisives supérieures sont plus volumineuses que les inférieures, les moyennes que les latérales.

2° Dents canines (fig. 17. 30). — Au nombre de quatre : deux pour chaque mâchoire. Elles sont situées en dehors des incisives. Leur couronne, renllée au collet, se termine en une pointe mousse, échancrée sur les côtés. Elle a à peu près la forme d'un coin ; elle est un peu plus longue que celle des autres dents, surtout à la mâchoire supérieure. Leur racine est beaucoup plus longue et plus grosse que celles des incisives; comme celles ci, elles sont aplaties latéralement et présentent un sillon longitudinal.

',^° Dents mol'iïres (fig. 17. 31). — Elles sont au nombre de vingt : dix pour chaque mâ.hoire ; elles sont en dehors des canines et occupent toute la partie postérieure du bord alvéolaire. On les divise en petites molaires et grosses molaires.

A. Fetiles molaires. — Elles sont au nombre de huit : quatre pour chaque mâchoire, situées en dehors des canines. Leur couronne est irrégulièrement cylindrique, aplatie d'avant en arrière; leurs faces antérieure et postérieure sont convexes, leur sommet est armé de deux tubercules séparés par une rainure ; leur racine est généralement unique, rarement elle est bifide, beaucoup plus souvent elle présente un sillon profond ; les petites molaires inférieures sont moins volumineuses que les supérieures; la première petite molaire inférieure n'a quelquefois qu'un seul tubercule, la deuxième supérieure a souvent deux racines.

B. Grosses molaires — Au nombre de douze : six pour chaque mâchoire ; elles occupent la partie la plus reculée de l'arcade alvéolaire. Leur couronne est cuboïde, arrondie en avant et en arrière; leur sommet présente quatre tubercules séparés par une rainure cruciale; leur racine est double, triple, rarement on observe quatre ou cinq racines ;celles-ci sont tantôt parallèles, d'autres fois divergentes. Dans certains cas leur extrémité se recourbe en crochet. Ces dents, dont l'avulsion est extrêmement difficile, sont appelées dents barrées. La couronne des dents molaires inférieures est un peu plus volumineuse que celle des molaires supérieures ; les inférieures ont le plus souvent deux racines ; les supérieures, au contraire, en ont trois. La première grosse molaire est la plus considérable de toutes; la troisième, appelée aussi dent de sagesse, a cause de son apparition tardive, n'a que trois tubercules, quelquefois elle n'a qu'une seule racine ; la forme de cette dent est très variable. • Dans quelques cas elle n'apparaît pas à l'extérieur, elle reste enfermée dans l'os maxillaire.

Structure des dénis.

Les dents se composent de deux substances : une partie dure ou corticale \ une partie molle ou pulpe dentaire.

1" Partie dure. — Elle se compose de trois parties : l'une qui recouvre la couronne, c'est l'cma/Z ; l'autre qui forme la racine et la partie profonde de la couronne, c'est Vivoire ; la troisième qui enveloppe la racine, c'est le cément.

Vémail est d'un blanc bleuâtre, formé de fibres perpendiculairement implantées sur l'ivoire ; il est très dur, en même temps très fragile ; il existe à son maximum d'épaisseur sur le sommet de la dent; son épaisseur diminue du sommet vers le collet, où l'émail disparaît complètement.

Vivoire est d'un blanc jaunâtre; il est moins dur que l'émail, il s'use avec beaucoup plus de rapidité; il entre dans sa composition

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une assez grande proportion de rnalières animales, ce qui manque presque complètement à Fémail. C'est l'ivoire qui donne à la dent la forme qu'elle doit avoir ; elle est creusée d'une cavité qui renferme la pulpe dentaire. Sa surface extérieure est enveloppée par l'ivoire dans toute la portion qui correspond à la couronne, et par le cément dans toute celle qui correspond à la racine; l'émail cesse au niveau du collet ; mais, dans ce point, le cément empiète un peu sur l'ivoire qu'il recouvre.

Le cément revêt , comme nous l'avons dit, toute la face extérieure des racines ; il commence au niveau du collet, s'épaissit peu à peu à mesure qu'il s'approche du sommet de la racine, où il est à son maximum d'épaisseur. Son aspect extérieur est analogue à celui d'un os ; il est jaunâtre, opaque, la densité est inférieure à celle de l'ivoire ; sa face externe est tapissée par la membrane alvéolo-dentaire. On trouve dans le cément, comme dans les os, des cavités osseuses, corpuscules osseux de Purkinje. La composition chimique du cément est presque identique avec celle des os ^I).

2° Pulpe dentaire, — Cette substance, que l'on peut considérer comme une grosse papille, n'est autre chose d'ailleurs que là papille dentaire du fœtus ; elle est enfermée dans la cavité de la dent dont elle prend la forme ; elle tient aux vaisseaux et aux nerfs dentaires par un pédicule nerveux et vasculaire qui pénètre par un petit canal dont est creusée la racine ; c'est à ce bulbe qu'il faut attribuer l'excessive sensibilité des dents.

Les dents reçoivent des artères et des nerfs. Les artères sont fournies par la maxillaire interne ; les nerfs viennent de la cinquième paire; ceux de la mâchoire supérieure sont fournis par le nerf maxillaire supérieur, ceux delà mâchoire inférieure le sont par le nerf maxillaire inférieur.

Développement des dents.

Les phénomènes qui accompagnent la dentition doivent être étudiés dans la dentition temporaire et dans la dentition permanente.

P Dentition temporaire. — Le bulbe dentaire apparaît, vers le deuxième ou le troisième mois de la vie intra-utérine, dans l'épaisseur de l'os maxillaire; il est constitué par une membrane qui doit former le périoste alvéolo-dentaire et la pulpe dentaire. Vers le cinquième mois les portions dures apparaissent, et ce n'est que de cinq à huit mois après la naissance que les dents commencent à se montrer au dehors. Leur éruption se fait dans l'ordre suivant : les deux incisives moyennes infériem-es d'abord, puis les incisives moyennes supérieures, les incisives latérales, les premières petites molaires, les canines, les secondes petites molaires. En tout vingt dents dont le développement est complet vers la fm de la troisième année.

(1) Magilot, Thèse, Paris.

os HYOÏDE. 77

2" Dentition permanente. — La denlilion permanente se compose de deux parties : l'une qui consiste dans l'éruption des grosses molaires, l'autre dans le développement des dents de remplacement.

I.a'première dent permanente qui se développe est la première grosse molaire, elle se montre bien avant les autres ; on la désigne sous le nom de dent de sept ans. Les dents de remplacement sont, comme les dents de première dentition, formées par un follicule dentaire, lequel est placé directement au-dessous de la dent jirovisoire et derrière elle, et contenu dans le même alvéole. Elles sont plus tard séparées de la dent provisoire par une cloison incomplète qui s'élève du fond de l'alvéole vers son orifice. Lorsque les dents permanentes se sont développées dans leur alvéole et qu'elles ne peuvent plus y être contenues, elles se montrent à l'extérieur, et la dent provisoire, usée par l'absorption de sa racine, tombe pour faire place à la nouvelle dent.

L'éruption des dents permanentes se fait dans l'ordre suivant : les incisives moyennes inférieures apparaissent de 6 à 8 ans, les moyennes supérieures de 7 à 9, les incisives latérales de 8 à 10, les premières petites molaires de 9 à 11, les canines de 10 à 12, la deuxième petite molaire de 1 1 à 13,1a deuxième grosse molaire de 12 à 14, la dent de sagesse de 20 à 30 ans.

Les dents incisives de seconde dentition sont plus larges que les incisives temporaires; d'un autre côté, les petites molaires de seconde dentition sont plus étroites que celles de première dentition, de telle sorte que l'espace occupé par les dents de seconde dentition est à peu près le même que celui qui est occupé par les dents temporaires.

Phénomènes consécutifs à Véruption des dents.

Les dents de l'iiomme ne sont pas, comme celles de certains animaux, susceptibles de s'accroître ; elles s'usent, l'émail ne se reproduit pas, mais la cavité dentaire s'oblitère par l'addition de nouvelles couches d'ivoire, de sorte que chez le vieillard il n'existe souvent ni pulpe ni cavité dentaire. La chute des dents chez le vieillaid est un effet du resserrement de l'alvéole ; la dent, en effet est un véritable corps étranger implanté dans le tissu osseux, et l'alvéole, qui n'agissait sur la dent que d'une manière complètement inetficace lorsque la pulpe dentaire existait, exerce son action d'une manière très active quand celle-ci a disparu; aussi les dents deviennent branlantes et tombent. H n'y a pas de règles sous le rapport de l'époque de la chute des dents et de l'ordre dans lequel elles disparaissent.

os HYOÏDE.

Position. — La face convexe en avant, les petites cornes en hau'.

Os impair, symétrique, situé à la partie antérieure et supérieure du cou, à la base delà langue, au-dessus des cartilages du larynx.

On lui dit^iingue un corps on partie moyenne, des parties latérales, les grandes el \e& petites cornes.

Le corps est convexe, incliné en haut. Sa face antérieure est di- \isée par une ligne transversale en deux portions , l'une supérieure, horizontale ; Fautre inférieure, oblique en bas et en arrière ; elle donne attache aux muscles digastrique, stylo-hyoïdien, mylo-hyoïdien, f';énio-hyoïdicn, hyo-glosse. • — Sa face postérieure est concave, inclinée en bas. — Le bord supérieur, incliné en arrière, donne attache au g'énio-glosse. — Le bord inférieur, incliné en avant, donne attache à la membrane thyro-hyoïdienne et aux muscles omoplat-hyoïdien, sterno-hyoïdien, thyro-hyoïdien. Les deux extrémités s'articulent avec les grandes et les petites cornes.

Les grandes cornes sont minces, aplaties de haut en bas, plus larges antérieurement que postérieurement. On leur considère : — Lne face supérieure un peu concave qui donne attache au muscle hyoglosse et au constricteur moyen du pharynx. — Une face inférieure qui donne attache à la membrane thyro-hyoïdienne. — Un hord externe légèrement convexe. — Un bord interne un peu concave. — L'extrémité antérieure s'articule avec le corps. Veatrémité postérieure, arrondie, donne attache au ligament Ibyro-hyoïdien et au m.uscle hyo-glosse.

Les petites cornes, situées au point d'union des grandes et du corps, ont la forme de deux petits tubercules ou de deux petits cylindres; elles donnent attache au ligament stylo-hyoïdien.

L'os hyoïde se développe par six points d'ossification, deux pour le corps, un pour chaque corne. Cet os ne s'articule avec aucune pièce du squelette ; il se trouve cependant réuni à la base du crâne par le ligament stylo-hyoïdien dans lequel on trouve quelquefois des concrétions osseuses superposées et séparées par une corde ligamenteuse. Ce ligament est remplacé par un os chez certains animaux, chez le cheval par exemple.

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